Ne faites jamais confiance aux marchés

Les marchés comptent sur les rachats d’obligations douteuses par la BCE qui mettent pourtant en danger sa mission

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Ne faites jamais confiance aux marchés

Publié le 6 août 2012
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Les marchés comptent sur les rachats d’obligations douteuses par la BCE, mettant en danger sa mission, et remontent par simple croyance en une action supposée assez « impressionnante ».

Par Richard North, depuis Bradford, Royaume Uni.

Bourse de Paris

Après les événements grisants des derniers jours de la semaine dernière, le Grauniad (jeu de mot génital sur le Guardian, le Libé britannique, NdT) la termine en nous disant que les marchés d’actions en Europe et aux États-Unis ont décidé que, maintenant, ils aiment ce que propose Draghi.

La reprise, nous dit-on, a été aidée par « des nouvelles optimistes du marché du travail américain », ce qui a laissé les actions remonter, à la clôture, à leur plus haut niveau depuis trois mois.

Mais le plus grand moteur, semble-t-il, a été une rapide réévaluation du plan de Draghi pour mettre fin à la crise de la dette souveraine en Europe, qui dure depuis si longtemps.

Les analystes ont dit que les promesses d’actions, si les pays étaient prêts à signer pour des programmes durs de réduction de déficits, étaient enfin une réponse à la hauteur de ses problèmes.

Holger Schmieding, économiste à la banque allemande Berenberg, a dit, « le 2 août, la BCE s’est enfin montrée significativement à la hauteur. Elle a annoncé qu’elle ferait tout ce qui est nécessaire pour réparer les mécanismes de transmission de sa politique monétaire. Pour le moment, les troubles sur les marchés des obligations souveraines empêchent la politique monétaire de la BCE de fonctionner ».

« Les interventions des banques centrales », dit-il, « marchent si elles impressionnent les marchés. Si la BCE convainc les marchés qu’elle fournit un filet de sécurité fiable pour les entités souveraines solvables qui restent sur le droit chemin de la réforme, elle pourrait appâter plus d’investisseurs à revenir sur ces marchés. Dans ce cas-là, la BCE pourrait ne pas avoir à acheter des obligations souveraines ».

Mais, si c’est ça la version du Grauniad, le célèbre Handelsblatt est un peu moins sûr. Il a perçu la réaction immédiate des marchés à la conférence de presse de Draghi comme excessive, mais explique la reprise par l’attente des investisseurs que tôt ou tard, la BCE va prendre les choses en main.

Ce qui prouve ça, cependant, est léger, et la BCE opère à la frange de son mandat, et nous parlons donc ici d’un système de croyances. Les économistes interrogés par Reuters s’attendent à ce que la BCE fasse des achats en septembre, avec l’achat d’obligations d’État italiennes et espagnoles. Elle baissera alors son taux d’intérêt clé à 0,5%, de 0,75% actuellement.

Néanmoins, le stratège de marché Jörg Rahn, de Macard, Stein & Co., a concédé que les marchés restent volatiles, « parce que la BCE n’a pas annoncé de mesures concrètes ». Dans les quelques prochaines semaines, ajoute-t-il, il y aura beaucoup de spéculation sur le si, le quand et le quoi des choses à venir.

Le mieux que Reuters peut nous offrir, c’est que Draghi n’a pas tiré le proverbial « gros bazooka », pour instantanément neutraliser la crise de l’euro, mais qu’il a armé le canon, et pourrait bien avoir transformé comment les marchés du monde entier voient les risques de l’euro.

Ça, c’est vraiment de l’espoir et des prières. Les marchés croient que la BCE va faire son boulot, parce que les marchés croient que la BCE va faire son boulot. Il n’y a pas plus de substance que ça dans la reprise de vendredi dernier.

Malgré le fait que les effluves provenant des politiciens sont de moins en moins fiables et ne sont jamais dignes de confiance, les marchés veulent croire que l’aide est au tournant. Et ça, ce sont les ingrédients de la folie.

—-

Sur le web.

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  • L’aide de qui ? A qui appartient la BCE ? A qui appartiennent les entités qui contrôlent la BCE ? Quels sont in-fine les individus propriétaires de l’€ ?

    Qui ? Sans préciser cela, que signifie « aide » ? Qui aide qui exactement ?

    • Alors, dans l’ordre, et si je me souviens bien:
      L’aide de la BCE. La BCE appartient à l’eurosystème. L’eurosystème est la fusion des banques centrales nationales des pays de la zone Euro. In fine ceux qui « possèdent » l’eurosystème, c’est le Conseil des Gouverneurs de la BCE, à savoir le Directoire de la BCE et les Conseils d’administration des banques centrales nationales. Et ceux qui « possèdent » ces gens, ce sont ceux qui nomment tout ce petit monde à ces postes et influent sur leurs décisions, c’est-à-dire le Conseil de l’Europe, composé des chefs d’état ou de gouvernement (ou des deux ?) des pays en question.

      Bref, l’euro appartient aux gouvernements et états de l’union européenne, via un empilement de Conseils imbriqués.

      Fait amusant: « conseil » est le sens français de « soviet », et le concept de banque centrale est d’origine communiste.

      Le sens de l’article ci-dessus, cependant, c’est que la « reprise » des marchés européens n’est que pure spéculation de la part de ceux qui pensent pouvoir toucher une plus-value sur l’illusion d’effet des actions de la BCE. Sauf qu’ils sont les seuls vrais dupes…

      • « le concept de banque centrale est d’origine communiste. »

        « The Bank of England (formally the Governor and Company of the Bank of England) is the central bank of the United Kingdom and the model on which most modern central banks have been based. Established in 1694, it is the second oldest central bank in the world (the oldest being the Sveriges Riksbank (Bank of Sweden), established in 1668). It was established to act as the English Government’s banker, and to this day it still acts as the banker for HM Government. The Bank was privately owned and operated from its foundation in 1694. It was subordinated to the Treasury after 1931 in making policy and was nationalised in 1946. »

        http://en.wikipedia.org/wiki/Bank_of_england

        ?

  • Les marchés remontent depuis plusieurs semaines, et tant mieux pour mes produits à effet de levier 🙂 Mais en fait, les marchés se rendent compte qu’après avoir anticipé le pire (la mort de l’euro, l’eclatement de la zone du même nom), ils sont en train de perdre leur pari. Alors que les analystes économiques sont toujours très négatifs, car ils ne jugent que sur les faits, les marchés semblent anticiper ce qui va très probablement se produire : l’Europe finira par trouver les solutions définitives et ressortira un peu plus forte. Ce qui risque de prendre un peu plus de temps, ce sont les réformes pour améliorer la compétivité (et donc diminuer le chômage) en France. Si apr ailleurs le gouvernement français prenait des à présent des mesures structurelles efficaces (et non pas idéologiques), la hausse des actions se poursuivrait longtemps et ce serait formidable…

    • Personnellement, je me fou royalement de la hausse du marché de l’occasion….qui n’est qu’un indicateur parmis d’autres.

  • N’empêche, je me demande bien quelle est l’influence du HFT dans tout cela. Un ordinateur peut interpréter mais est incapable juger la valeur des informations qui lui sont présentées. Comment peut-il décerner ne serait-ce que le mensonge d’un banquier central ?

  • Les commentaires sont fermés.

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