Les quatre façons de dépenser l’argent selon Friedman

imgscan contrepoints503 Friedman Hollande

Milton Friedman avait le génie incroyable de rendre simples et amusantes des choses compliquées et l’une de ses trouvailles fut sa fameuse typologie des manières de dépenser de l’argent, développée dans l’ouvrage Free to Choose.

Milton Friedman avait le génie incroyable de rendre simples et amusantes des choses compliquées. L’une de ses trouvailles fut sa fameuse typologie des manières de dépenser de l’argent, développée dans l’ouvrage Free to Choose.

Par Arnaud Bichon.

Cette typologie peut être représentée à l’aide d’une matrice en combinant deux niveaux de réflexion :

  1. À qui appartient l’argent dépensé ? Il est possible de dépenser son propre argent ou celui de quelqu’un d’autre.
  2. Pour qui l’argent est-il dépensé ? Il est loisible de dépenser cet argent pour soi-même ou pour quelqu’un d’autre.

Quatre cas apparaissent alors :

  • Quand vous dépensez votre argent pour vous-même, vous faites attention autant à ce que vous dépensez qu’à la manière dont vous le dépensez.
  • Quand vous dépensez votre argent pour quelqu’un d’autre (un cadeau, par exemple), vous faites toujours très attention à ce que vous dépensez (combien) et un peu moins à la manière dont vous le dépensez (comment).
  • Quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre pour vous acheter quelque chose (par exemple, un repas d’affaires), le montant de la dépense (le coût, combien) vous importe peu, en revanche, vous faites très attention au « comment » et vous êtes très attentif au fait que vous en avez ou non pour votre argent.
  • Mais quand vous dépensez l’argent de quelqu’un d’autre au profit d’une autre personne que vous, ni le montant de la dépense (combien), ni la façon dont l’argent est utilisé (comment) n’ont vraiment d’importance.

Le dernier cas de figure correspond à la façon dont l’État dépense de l’argent. L’argent qu’il dépense ne lui appartient pas, puisqu’il est collecté auprès des contribuables, et il est dépensé au profit d’autres personnes via le mécanisme de redistribution. Au regard de cette matrice, cet argent sera donc géré de façon sous-optimale puisque l’État accordera peu d’importance au montant (combien) et à l’utilisation (comment) de la dépense.

—-
Retour au sommaire de l’édition spéciale « Milton Friedman, le centenaire »