Pourquoi je ne vous embaucherai pas

Il y a quelques mois, Contrepoints avait proposé à ses lecteurs une traduction de l’article du blogueur hongrois Andor Jakab, qui avait atteint une certaine notoriété sur la toile et dans lequel il relatait les difficultés d’un entrepreneur à embaucher un salarié. Georges Kaplan nous propose aujourd’hui une analyse comparable dans le contexte français.

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Pourquoi je ne vous embaucherai pas

Publié le 25 juillet 2012
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Il y a quelques mois, Contrepoints avait proposé à ses lecteurs une traduction de l’article du blogueur hongrois Andor Jakab, qui avait atteint une certaine notoriété sur la toile et dans lequel il relatait les difficultés d’un entrepreneur à embaucher un salarié. Georges Kaplan nous propose aujourd’hui une analyse comparable dans le contexte français.

Par Georges Kaplan.

En tant que patron et actionnaire unique, je n’embaucherai un salarié que si j’ai des raisons objectives de penser que sa contribution aux résultats de ma petite entreprise sera supérieure ou au moins égale à son salaire. Je sais bien que les marxistes appelleront ça de l’exploitation mais je me permets de vous rappeler que, dans cette opération, celui qui prend tous les risques, c’est moi. C’est le principe du capitalisme : celui qui investit ses économies et s’endette même parfois lourdement pour créer son entreprise, c’est le patron. Celui qui devra faire la variable d’ajustement si son salarié est malade, en vacances ou en congé-maternité, c’est le patron. Celui qui devra réduire ses émoluments, ne rien gagner du tout ou même perdre de l’argent si ses affaires périclitent, c’est le patron. Si les bolchéviques veulent éviter d’être exploités, je les invite à créer leurs propres boîtes ; on en reparlera. En attendant, celui qui risque la faillite, celui qui travaillera 60 heures par semaine sans même être sûr de pouvoir se payer, c’est moi. Alors oui, je vous le confirme, je n’embaucherai quelqu’un que si j’ai de bonnes raisons de penser que j’ai quelque chose à y gagner.

Mais je suis un garçon optimiste et, à vrai dire, le simple fait d’avoir quelqu’un avec qui discuter durant mes journées de travail est une perspective qui m’est agréable. Aussi, suis-je prêt à embaucher un salarié pour peu que sa contribution au résultat de mon entreprise rembourse son salaire ; c’est-à-dire que je ne gagnerai rien et, qu’au sens marxiste du terme, je ne l’exploiterai pas. Par exemple, si je rencontre un candidat qui, selon mes estimations, est capable de générer 4 215 euros de bénéfices pour mon entreprise, je suis prêt à le payer 4 215 euros [1].

Un salaire de 4 215 euros, ça peut vous sembler beaucoup mais n’oubliez pas que sur cette somme, je devrai payer 689 euros de charges sociales dites « salariales » et 1 400 euros de charges sociales dites « patronales » : après ces prélèvements obligatoires, la somme que je verserai effectivement sur le compte de mon employé – son salaire net – ne sera plus que de 2 126 euros. Et ce n’est pas fini : sur son salaire net, il devra vraisemblablement s’acquitter de 168 euros d’impôt sur le revenu et d’au moins 125 euros de TVA ce qui fait qu’au total, sur les 4 215 euros que je débourserai chaque mois, il disposera d’un salaire disponible après impôts de 1 833 euros ; le solde, 2 382 euros, 56,5% de son salaire réel, étant ponctionné par l’État. C’est, selon une étude récente de l’Institut Économique Molinari réalisée sur la base de données fournies par Ernst & Young [2], le deuxième taux de fiscalisation le plus élevé de l’Union européenne après la Belgique (59,2%). Avec ces 1 833 euros il devra se loger, s’habiller, se nourrir, payer ses factures et, s’il en reste un peu, il pourra s’offrir quelques loisirs.

Et ça, voyez-vous, c’est déjà un gros problème. C’est un gros problème parce que j’ai beau accepter de ne pas gagner un centime grâce au travail de cet hypothétique salarié, j’ai tout de même besoin d’un type compétent et motivé. Si c’est pour me coltiner un incompétent notoire ou un bonhomme qui n’en fiche pas une et va finir par couler ma boîte, pardon, mais je préfère faire sans. Seulement voilà : à 2 126 euros nets par mois, même pas deux fois le Smic, ça commence à être très juste pour motiver des gens du calibre dont j’ai besoin et ce, d’autant plus que si l’un de mes concurrents anglais avait la même idée que moi, le salaire disponible après impôts de mon employé serait 47% plus élevé outre-manche qu’à Marseille. Autant vous dire que pour un employeur français, la concurrence est rude. Oh ! Bien sûr, me direz-vous, il y a bien des gens qui sont prêts à gagner moins pour le simple plaisir de vivre au bord de la Méditerranée ; je ne vais pas vous dire le contraire : c’est mon cas. Mais il n’en reste pas moins que 2 126 euros nets par mois, dans ma branche, ce n’est pas grand-chose et que ce pas grand-chose peu vite devenir un problème.

Tenez par exemple : imaginez que j’embauche une jeune femme. Naturellement, au sens le plus humain que ce terme puisse avoir, il arrivera fatalement un moment où, ayant rencontré son prince charmant, elle sera titillée par l’envie d’avoir un bébé. Elle sera donc placée devant un choix extrêmement clair : privilégier son métier et continuer à toucher son salaire  dont elle sait qu’il n’est pas à la hauteur de ce à quoi elle pourrait prétendre et faire un bébé et continuer à toucher le même salaire avec l’assurance, la loi l’imposant, de retrouver son poste à la fin de son congé-maternité. Que croyez-vous qu’elle fera ? Eh bien, voyez-vous, pour moi ça signifie que, pendant toute la durée de sa grossesse, non seulement elle ne rapportera pas un centime à l’entreprise mais c’est moi qui devrais assurer sa charge de travail ou embaucher quel qu’un d’autre pour la remplacer. Voilà pourquoi je n’embaucherai certainement pas une jeune femme. Croyez bien que le regrette mais je ne suis pas riche à ce point (*).

Soyons optimistes et imaginons que je décide, finalement, d’embaucher un homme ou une femme d’âge mûr qui partage mon amour immodéré pour la citée phocéenne. Même dans ce cas, mes problèmes sont loin d’être réglés puisque ma capacité à payer un salaire de 4 215 euros par mois est intimement liée au chiffre d’affaires que réalise ma société. Je dois à ce stade vous préciser que mon métier, l’activité de ma petite entreprise, consiste à gérer un portefeuille d’actions. Vous en conviendrez, il y a, de nos jours, des métiers qui bénéficient d’une meilleure publicité que le mien et c’est justement là que se niche la difficulté dont je veux vous entretenir maintenant. Je vous expliquais plus haut pourquoi être le patron de sa petite entreprise est un métier risqué : une des principales sources de risque tient au fait que vos revenus ne sont pas garantis, ils fluctuent en fonction de la marche de vos affaires et peuvent même, en période de vaches maigres, se transformer en pertes. De toute évidence, lorsque vous êtes de surcroît un employeur, c’est-à-dire que vous devez dans mon exemple payer vos 4 215 euros chaque mois, le risque n’en est que plus grand.

Or voilà, mon métier consistant à gérer l’argent des autres, la bonne marche de mes affaires est naturellement conditionnée par l’existence de clients potentiels ; c’est-à-dire de gens qui disposent d’un patrimoine financier ; c’est-à-dire – pour reprendre la terminologie officielle – de riches. C’est aussi simple que cela : sans riches, mon entreprise n’existe plus et du coup, elle ne risque pas d’embaucher. Je vais donc faire appel à votre intelligence et à votre bon sens : si vous étiez à ma place, lorsque le président de votre pays décrète que vous êtes son ennemi, qu’il va taxer les riches au bazooka et poursuivre ceux qui tentent de fuir à l’étranger, qu’il va taxer les marchés financiers, en remettre une couche sur les entreprises en général et sur celles qui payent des dividendes en particuliers, qu’il se pique de donner des leçons de stratégie industrielle alors que lui-même n’a jamais rien réussi d’autre que de ruiner le département dont il avait la charge… [3] Vous embaucheriez, vous ? Eh bien laissez-moi vous le dire, à moins que vous ne soyez un des très riches amis dudit président ou totalement fou : il n’y a pas la moindre chance. Voilà pourquoi, et croyez bien que j’en suis sincèrement désolé, je n’embaucherai pas.

De toute manière et pour être parfaitement honnête, j’ai un aveu à vous faire : ma petite entreprise n’existe pas. Ce n’est pas que je n’ai pas envie ni que je doute de mes capacités mais plutôt que les coûts règlementaires qui pèsent sur la création d’une entreprise dans mon secteur ne me permettent tout simplement pas de le faire. Nous pourrions passer encore quelques heures ensemble – le temps que je vous décrive par le menu ce à quoi ressemble vraiment cette soi-disant « dérégulation de la finance » – mais je me contenterai d’un seul exemple qui, je le crois, fixera bien les idées. Figurez-vous que, pour exercer mon métier en France, je dois au préalable obtenir un agrément, une autorisation administrative. Comme toute autorisation administrative, son obtention nécessite de longues et laborieuses négociations avec l’autorité de tutelle présumée compétente mais surtout, avant même d’entamer ce long chemin de croix, la règlementation m’impose d’avoir embauché non pas un mais deux salariés. C’est-à-dire que pendant environ six mois, sans même savoir si j’obtiendrai le droit de travailler, je dois être en mesure de financer deux emplois au tarif évoqué plus haut. Je vous fais un dessin ?

Voilà où nous en sommes les amis. Si vous faites partie de celles et ceux qui pensent que notre salut passera par plus de dépense publique, plus d’impôts et plus de réglementations sachez au moins qu’au rythme où vont les choses, il faudra bientôt prévoir un peu de la première pour que ma famille subsiste, ne pas trop compter sur moi pour les seconds et ne pas perdre de temps sur les dernières : il n’y aura plus grand-chose à réguler. Lorsque vous-même ou l’un de vos enfants chercherez du travail dans le champ de ruines que nous préparent nos bons politiciens, vous aurez peut-être une petite pensée pour moi et pour ce job à 4 215 euros par mois que j’aurais pu vous offrir. D’ici là, bonne chance à toutes et à tous.

 

(*) MàJ (25/07, 14h) : Dans la première version de ce paragraphe, j’ai commis une grosse erreur : j’inférais à tort que cette employée resterait à ma charge, ce qui est faux ; en fait, elle sera payée par la CPAM.

—-
Sur le web.

Lire aussi : Pourquoi je ne vous embaucherai pas par Andor Jakab (le cas hongrois).

Notes :

  1. Je vous fais grâce des mètres-carrés, du bureau, du matériel informatique, des frais téléphoniques, de l’éventuel surcoût que représente une embauche auprès de mon comptable etc.
  2. Cécile Philippe, Nicolas Marques et James Rogers, Fardeau social et fiscal de l’employé lambda au sein de l’UE ‐ 2012 ‐ 3ème édition (juillet 2012).
  3. Quelques données de la gestion Hollandaise de la Corrèze selon les chiffres publiés par Bercy : un résultat comptable nettement positif en 2007 et nettement négatif en 2010, une croissance de 55% des charges de personnel et une dette qui progresse de près de 34%.
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  • Essentiel pour bien comprendre la crise et pourquoi on n’a pas fini de voir le nombre de chômeurs augmenter.

  • Euh, il me semble (et je n’y mettrais pas ma main au feu), que si une employé tombe enceinte, l’employeur ne paye rien pendant le congé maternité. C’est pris en charge par l’état. Même s’il peut y avoir un congé patho ou l’employeur doit verser un « complément ».
    Ce que perds l’employeur, c’est du temps pour trouver un remplaçant, et le savoir faire de l’employée pendant la période de grossesse.

    • Cette partie du texte n’est sans doute pas très claire.
      Je pense que les 4215 euros dont parle Georges Kaplan sont « un manque à gagner » puisqu’il dit dans le paragraphe 2 que cet emploi génèrera un gain pour sa boite de 4215 (gain qui lui permettra de payer un salaire de 4215). Si la salariée enceinte prend un congès maternité, certes il n’a plus à verser la rémunération de 4215, mais, en son absence il perd ce qu’elle lui rapporte habituellement : 4215 euros.

      Sinon, bien évidemment, durant un congés maternité, la rémunération est prise en charge par la sécu.

      • La rémunération n’est prise en compte par la sécu que jusqu’à un plafond relativement bas. Après, suivant les accords de branche, la société doit payer le complément ou non. Généralement, elle doit payer le solde si l’employé a plus d’un an d’ancienneté dans la société.

  • Excellent comme d’habitude!
    Mais y a eu comme un coup de chaud vers la Méditerrannée : »aillant rencontré son prince charmant », non?
    Merci pour ces articles de qualité écrit avec talent.


    Contrepoints >> Oups ! Effectivement, vilaine faute, corrigée.
    Vous noterez de votre côté que Méditerranée ne s’écrit qu’avec un seul « n »… 😉

  • Article très concret mais une petite chose me chiffonne:

    « pendant toute la durée de sa grossesse, non seulement elle ne rapportera pas un centime à l’entreprise mais elle coûtera 4 215 euros par mois qui viendront en déduction de ma rémunération »

    L’entreprise continuerait donc de lui verser son salaire pendant son congé de maternité?

    Et une petite erreur:

    « aillant rencontré son prince charmant, elle sera titillée par l’envie d’avoir un bébé. »

    ==> Ayant

  • Bien écrit.Je partage votre réflexion.A cela,il faut rajouter le cout pour l’employeur d’un éventuel licenciement (pour rupture conventionelle,pour reclassement), d’un départ à la retraite.Ce n’est pas toujours évident de dégager 10-15000 euros d’un coup pour ces deux cas!!

    • J’en connais quelque chose . Travailleur indépendant , j’ai eu un technicien pendant 10 ans que j’ai du licencier en 2009 (crise oblige) : cout total ( indemnités , préavis , charges sociales) : près de 20000€ . J’ai fini de rembourser la banque en mai de cette année
      Je m’apprete à réembaucher en septembre. je suis peut etre fou , mais travailler seul ça rend fou aussi.

  • Merci pour cet article « à la Bastiat »

  • L’exemple aurait été plus concluant avec un emploi productif plutôt qu’un spéculatif ! Pour ses clients, un bon gérant de patrimoine est celui qui fait grossir le portefeuille. Or, pour être au top de l’efficacité, mieux vaut jouer l’extrême mobilité des capitaux que l’investissement en LBO en capital-risque qui n’apporteront de bénéfices éventuels qu’à long terme, bénefs nécessaires pour payer les salariés. Le capitalisme est malade de son système prédateur, et il faudrait refonder le libéralisme sur des valeurs productivistes de biens matériels et non de fiducie virtuelle.

    • @ albarde : en quoi un emploi dans la finance est un emploi spéculatif ?

      le million d’employé bancaire en France sont donc des spéculateurs ?
      En quoi le fait de gérer un patrimoine consiste-t-il à faire du LBO ?
      Comment la mobilité des capitaux peut-elle rapporter de l’argent en tant que telle, sans même la comparer au rendement des LBO ?
      De quel système prédateur parlez vous ?
      la production c’est donc produire des biens matériels ??? mais 75 % des emplois en France le sont dans les services, qui par nature ne sont pas des usines ???
      la fiducie virtuelle est un oximore.
      Bref, je crois que vous mélangez bcp de choses et que vous ne dominez pas encore tout ce dont vous parlez…

      • il n’est pas question ici d’employés de banque, mais de gérants de patrimoines. L’opération de trésorerie bancaire est une nécessité (peut-être qu’on peut le regretter ?).
        Pour les LBo, c’est comme pour la galinette cendrée, y a les bons et les mauvais (joke).
        Les LBO dont je parle ici sont ceux qui misent pour un progrès technique, à long terme, sans assurance de retour sur investissement. Ce sont d’ailleurs ces seuls fonds qui sont à l’honneur du capitalisme.
        Vous semblez dénier que l’on peut faire des profits rapides et respectables (en volume) en jouant à transférer rapidement des capitaux virtuels (de passage) en profitant de marges infimes que l’on multiplie par un gros montant. C’est pourtant tout le boulot des traders, ceux qui le font le mieux ne sont pas ceux qui aident l’investissement productif qui nous donne à manger et des ordis. OK pour les services, ils sont souvent des emplois utiles. Cela dit, cette conception marxiste opposant les producteurs aux autres ne me convient guère. Par productif, j’entends utile (pas un trader, ni une AS, ni -souvent – un démolisseur).
        Je ne domine pas plus mal les choses que 9/10e des spécialistes de l’économie qui bavassent à la télé.

  • Quant à moi, ma petite entreprise existe. En tant que profession libérale, les formalités sont heureusement restreintes, mais je n’embaucherai pas non plus.
    Jamais de ma vie, en fait.
    Et tant pis si je dois me coltiner le ménage, les comptes, les stocks, le téléphone, et j’en passe, au moins j’ai une certaine illusion de liberté.

    • Vous pouvez faire sous traiter aussi. Beaucoup des activités que vous présentez ne représentent pas un travail à plein temps.

  • Je retiens surtout ce besoin de se justifier tout le temps et de se chercher des ennemis, à tors ou à raison, ça me semble être un très français. La démonstration me semble tout à fait claire sans faire intervenir les bolcheviks par exemple. De plus vous aboutissez à la conclusion que vous n’embauchez pas, que Hollande ou Sarkozy (qui a créé le statut d’auto-entrepreneur mais qui n’a pas particulièrement simplifier la création d’entreprise pour les particuliers ni simplifier les tâches administratives des petites structures) fassent des claquettes ou non… là encore les « ennemis » me semblent superflus.

    Ainsi, je pose la question, la conclusion logique à tout ceci ne serait-elle pas le dysfonctionnement de la mesure du travail par le temps de travail (que ce soit pour le salaire, la limites des 35h/semaine, les jours de congés ou l’âge de la retraite) ? Seconde question, que je formule simplement alors qu’évidemment il existe de nombreux cas différents, avec des contraintes correspondantes: ne serait-il pas possible d’utiliser plus régulièrement le statut d’associé plutôt que de simple employé ?

    • Pour être associé il faudrait que l’employé accepte de prendre des risques et d’investir dans la société.

    • Les associés partagent les profits et les… pertes. Tout le monde se lève pour les profits, c’est sûr !

      • Nous sommes bien d’accord. Et il faut sans doute dépenser du temps et de l’énergie à convaincre. Je vois plus à gagner là-dedans qu’à vitupérer contre les gouvernements qui surfent sur une culture malsaine du salariat.

  • Toujours aussi pédagogique, toujours un plaisir de vous lire !

  • Mouais. Une entreprise a d’autres coûts fixes et variables que les charges directement liés aux salaires. Pour pouvoir se permettre de payer un employé qui a un coût du travail de 4215/mois, il faut qu’il rapporte le double en moyenne, et encore.

    Et même si on ne prend que ce qui est directement lié au salariés, un employé = des loyers, des meubles, de l’informatique, etc.

    Compte tenu du fait que ce que rapporte l’employé est fluctuant et que l’argent rapporte de l’argent, il faut que l’argent investi dans un emploi rapporte plus qu’un simple placement financier, sans quoi c’est plus rentable d’acheter des obligs.

    • Euh, le double il ne faut pas exagérer. 🙂
      Le coût du matériel / loyer / informatique est assez anecdotique, surtout pour un job de « bureau ».

  • à tous,
    Vous avez raison : si mon employée décide de faire un bébé, elle ne sera plus à ma charge mais sera payée par la Sécu.
    Erreur de ma part… désolé.

  • Je cherchais des infos sur Morelly et comme il y avait aussi Morelli, je suis allé voir. De Morelli, je suis arrivé sur le PTB (Parti des travailleurs belges) qui ont un slogan LOL « Les gens d’abord, pas le profit. » – je vous laisse vous bidonner, les appréciations sont vraiment inutiles.

    • [mode_HS= »ON »]

      Anne Morelli? Über-LOL, je l’ai connue dans les années 90 à l’Université Libre de Bruxelles –> prof de critique historique & militante d’extrême-gauche … je vous laisse apprécier! Par contre elle se défend d’appartenir à ce groupuscule communiste. Bon, c’est son droit; c’est risible, mais c’est son droit.

      [mode_HS= »OFF »]

  • J’ai une entreprise avec pas mal de salariés et je peux vous dire que le dernier congé maternité de ma chère assistante m’a coûte 600 € par mois, car il ne faut pas oublier, les conventions, accords…

    Même chose pour les arrêts maladies, ou accident du travail (j’ai eu le cas avec qq’un qui s’est cassé la figure dans l’escalier du métro).

    C’est pour cela que Mr Madelin avec ses histoires de coût du travail qui ne sont pas si bloquants que cela me fait pitié.

    • Exact, c’est d’ailleurs pour ma part ce qui légitimise principalement la différence de salaire homme / femme.

    • j’ai oublié de préciser pour l’anecdote du métro, cela a été considéré comme un accident du travail car c’était le matin et qu’il allait au bureau!

      j’en ai eu un qui s’est cassé la figure en moto, là j’ai dit qu’il était peut être parti chercher ses clopes avant d’aller au bureau, personne ne sait, mais on c’est au patron de payer

      • Je ne suis pas certain que ce soit au patron de payer, mais plutôt à l’entreprise. Le patron,lui, est responsable de l’entreprise et a le devoir d’organiser le paiement.
        Je comprends bien que ça ne facilite pas grand chose à la gestion du cas en tant que telle, mais ça n’est tout de même pas tout à fait pareil. Bien des entreprises sont gérées par des patrons qui sont des salariés qui n’ont rien à voir avec le projet d’entreprise initial, nommés justement pour être responsables et pour faire ce boulot là exactement.

        • oui mais dans le cas présent, c’est mon entreprise, donc tout ce qu’elle paye en plus est contrebalancé par une diminution de mon revenu.

    • Est-il envisageable que vous puissiez ne payer votre assistante qu’au résultat, sans exclusivité du temps de travail ni garantie de présence ? Si ce n’est pas le cas alors je ne vois aucune solution viable.

  • 2 points me chagrinent dans cet article qui, à mon sens, manque d’honnêteté intellectuelle.

    Tout d’abord, les fameuses finances de la Corrèze ont été largement débattues durant la campagne présidentielle. Aussi, vous ne devez pas être sans savoir que l’UMP a laissé la Corrèze avec 289 millions d’euros de dettes en 2008 (date à laquelle François Hollande est arrivé). Cela correspond à une augmentation de la dette de 95% entre 2005 et 2008. La charge de celle-ci a ensuite augmenté à partir de 2008 étant donné que la crise financière a fait augmenter des taux d’intérêts (variables) des emprunts.
    Ce que l’on peut reprocher à François Hollande est ne pas avoir correctement redressé la situation dont il avait hérité – et ce n’est déjà pas une maigre critique – mais en aucun cas d’avoir « ruiné » son département.
    [Par ailleurs, je me demande quel crédit accorder à un tableau excel modifiable qui circule sur Internet… Je ne dis pas que ces chiffres sont faux, les années 2007 2008 correspondent avec les données officielles fournies par le Ministère (sous forme de pdf) à ce lien : http://www.colloc.bercy.gouv.fr/colo_otherfiles_fina_loca/docs_divers/019_08.pdf et http://www.colloc.bercy.gouv.fr/colo_struct_fina_loca/comp_coll/depa/comp_depa.html ]
    Ces quelques lignes n’ont pas vocation de défendre la politique de François Hollande, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup d’amateurs ici. En revanche, j’aime à penser que vos lecteurs apprécient de pouvoir se forger par eux-mêmes une opinion à partir de données le moins biaisées possible.
    En outre, se faire l’écho de l’UMP avec 2 mois de retard ne me semble pas des plus glorieux.(Cf : Claude Guéant et Laurent Wauquiez qui avaient usé à maintes reprises durant la campagne de la tordante formule selon laquelle la « Corrèze [était] la Grèce de la France »).

    Mon dernier point concerne le sujet de l’emploi des femmes.
    L’idée sous-jacente à votre argumentation est la suivante. En France, les salaires sont inférieurs à ceux d’autres pays comme la Grande-Bretagne. Jusqu’ici, il est difficile de ne pas être d’accord.
    Mais ensuite, vous en déduisez que, les femmes se sachant mal payées et protégées du chômage n’ont rien à perdre et DONC (!) en profitent pour faire des enfants !
    En suivant ce fin raisonnement psycho-économique, les femmes devraient avoir beaucoup plus d’enfants dans les les pays les moins libéraux que dans les autres… Et ce n’est pas ce que disent les taux de fécondité…
    Toujours au sujet des femmes, puisque vous vous placez dans la situation d’un père de famille, il faut garder à l’esprit que votre femme a, a priori, reçu son salaire durant ses congés maternités (à moins qu’elle ne soit entrepreneur également, certes). C’est une rentrée d’argent pour votre foyer qu’il n’est pas très juste de taire dans l’article. Je passerai bien sûr sous silence le fait que ce soit la CPAM qui paie dans ce cas.

    Et, pour finir, sur un plan plus philosophique, vous vous réclamez du libéralisme. Et, vous ne semblez pas trouver contradictoire d’en détourner les principes pour justifier un profit à court terme et une politique de discrimination.
    Au niveau des profits, en limitant votre choix de candidats au poste, vous diminuez forcément vos chances de choisir le (ou la!) meilleur(e) pour ces compétences. Déjà tout à fait en rupture avec les idées libérales d’une part et avec la volonté d’obtenir la meilleure productivité possible.
    Ensuite, ce que vous prônez n’est ni plus ni moins qu’une discrimination envers les femmes. Outre l’aspect légal du problème, c’est aussi une négation complète des principes d’égalité des chances du libéralisme (cf Milton Friedman en particulier) et de l’idée de « carrière ouverte à tous les talents » de la Révolution Française.
    C’est ce genre d’argumentation qui est en partie responsable de l’assimilation du libéralisme avec la droite française et du libéralisme avec la recherche de profits à courts termes sans égards pour les individus.

    • La CPAM paie avec les cotisations versées par les employeurs, ce n’est pas de l’argent apatride qui tombe du ciel.

    • @ LB

      Avec ou sans crise, à partir du moment où François Hollande n’a pas abaissé drastiquement les dépenses publiques de la Corrèze, seul moyen pour revenir dans les chiffres noirs, il aura clairement contribué à ruiner son département.

      Si l’UMP a raison en mettant cela en évidence, elle a démontré qu’elle ne savait pas faire mieux en étant au pouvoir, et c’est pour cela qu’elle a été sanctionnée à tous les niveaux politiques par un électorat pourtant traditionnellement majoritairement à droite. Et d’ailleurs ce site n’a pas plus épargné Nicolas Sarkozy et l’UMP que François Hollande et le PS.

      Ensuite, à partir du moment où l’on choisit une personne parmi plusieurs prétendants, que ce soit pour un travail, pour un loisir, pour une amitié, pour un mariage, etc… on pratique par définition la discrimination. Ceux qui dénoncent donc la discrimination en tant que telle sont clairement dans l’incohérence, puisqu’eux-même la pratique au quotidien.

      D’autre part, vous confondez le libéralisme avec l’égalitarisme. Le libéralisme ne prône pas l’égalité, mais la liberté individuelle. Cela revient à prôner la liberté d’un patron de choisir ses employés en fonction des critères qu’il a décidé, mais également aux employés de choisir son patron en fonction de leurs critères à eux.

      Un libéral va autant défendre un patron qui ne veut que des femmes, qu’un patron qui n’en veut aucune.

      Ensuite seulement, les économistes libéraux mettront en avant que dans une situation de saine concurrence, seuls les patrons qui choisiront les employés les plus compétents ont une chance de rester patrons… 

      • @ LB

        Les libéraux défendent l’égalité EN DROITS, et non l’égalité des chances, autre nom de l’égalitarisme. Et ça m’étonnerait beaucoup que Friedman soit un égalitariste. Sans parler du fait qu’il s’est concentré en priorité sur l’économie et non le droit, au contraire d’un Hayek par exemple.

        « En suivant ce fin raisonnement psycho-économique, les femmes devraient avoir beaucoup plus d’enfants dans les les pays les moins libéraux que dans les autres… »

        Ben non, si on suit votre raisonnement, dans un pays libéral, personne d’autre que vous ne paierait pour VOTRE choix de faire des enfants, et la procréation n’étant plus subventionnée, les taux de fécondité devraient être bas. Dans la réalité, je ne sais pas s’il y a des pays développés et plus ou moins libéraux qui ne subventionnent pas la procréation avec un système d’alloc.
        Sans même parler du fait que les pays libéraux font partie ds pays les plus riches avec tout ce que ça implique sur le taux de fécondité.

        « Toujours au sujet des femmes, puisque vous vous placez dans la situation d’un père de famille, il faut garder à l’esprit que votre femme a, a priori, reçu son salaire durant ses congés maternités (à moins qu’elle ne soit entrepreneur également, certes). C’est une rentrée d’argent pour votre foyer qu’il n’est pas très juste de taire dans l’article. »

        Sophisme. Lisez Bastiat.

        Quant à la « discrimination », Aloygah vous a répondu. C’est bien un truc d’étatiste qui pense que l’État doit se mêler de tout, y compris de qui vous devez embaucher ou pas, qui vous devez laisser rentrer dans votre propriété ou pas, à qui vous devez louer votre appartement etc.
        Un jour il ne faudra pas s’étonner si l’État vous accuse de « discriminer » les gens aux capacités intellectuelles limitées par rapport aux gens intelligents quand vous embauchez, que vous « discriminez » les fainéants par rapport aux bosseurs ou encore que vous « discriminez » les hommes/femmes laid(e)s pour votre mariage.

        • Si il n’y a pas égalité dans l’accès aux moyens (ce qu’il y avait à l’origine dans l’idée d’égalité en droits) alors il n’y a pas de liberté, puisqu’on peut assez facilement légitimer à peu près toute action à partir du moment où on n’arrive pas à tracer objectivement une quelconque privation (ou qu’on se refuse à le faire, bon nombre de grandes entreprises réussissant à faire voter des lois sur mesure… l’accès au moyens de contrôle des droits régaliens n’étant pas étanche aux autres). La conservation des inégalités de position n’est pas un programme libéral, mais juste conservateur, qui entraîne la disparition de l’esprit d’entreprise et une décélération en terme d’innovation… phénomène mesuré.
          L’égalitarisme c’est l’égalité dans la propriété des moyens, ce qui me semble être bien différent (et être la face opposée de la même pièce que le conservatisme).

          En terme de subventions, il me semble en effet que tous les pays aident la procréation. Selon moi cela participe d’une dynamique industrielle et il me semble irréaliste de penser à la faire disparaître dans les pays qui sont en pleine révolution dans ce domaine. Que dans les pays développés, qui sortent de la révolution industrielle, ce subventionnement persiste me semble démontrer un certain manque de maturité politique… mais c’est qu’il s’agit bien d’un changement de paradigme.

          En ce qui concerne les femmes, il y a dans l’article une idée de discrimination (dans le sens de choix) par rapport à une réalité matérielle qui est que c’est la femme qui porte un enfant et non l’homme. Ça me semble plutôt rationnel. Néanmoins toute l’idée de l’organisation sociale c’est justement de dépasser les contraintes matérielles. Que les patrons aient la liberté de faire une discrimination efficace me semble très important, qu’on puisse se satisfaire de toutes les contraintes matérielles et de tous les conditionnements sociaux… ce n’est pas dans la nature humaine et il semble que c’est dans cette dynamique là que nous survivons. Si on ne peut pas reprocher à certains de se projeter dans l’organisation, on ne peut pas non plus reprocher à d’autres de se projeter dans la méta-organisation s’ils en ont la capacité intellectuelle, avec des erreurs de part et d’autre qu’on peut comprendre.
          Je crois que dans ce domaine les choses sont lentes, et évoluent par succession de ruptures. Certaines personnes, par idéologie, se projettent dans des organisations futures incertaines (improbables même), ou imaginent au contraire que les vérités du passé sont forcément celles du présent et que toute dynamique est un effet de mode… il faut sans doute réussir à articuler les deux, mettre en place de bonnes métriques et garder une certaine agilité. C’est vrai pour la gestion RH comme pour le reste, et historiquement c’est dans le fondement industriel de l’État-Nation, de l’empêcher.

          • « Si il n’y a pas égalité dans l’accès aux moyens (ce qu’il y avait à l’origine dans l’idée d’égalité en droits) alors il n’y a pas de liberté »

            Non, c’est l’inverse: l’égalité des moyens ne peut être réalisé qu’en violent la propriété d’autrui, et violer la propriété d’autrui c’est violer sa liberté: lorsque que quelqu’un d’autre peut prendre par la force les fruits de votre travail, c’est que vous êtes un esclave, que vous n’êtes pas libre.

            « La conservation des inégalités de position n’est pas un programme libéral, mais juste conservateur »

            Qui vous a parlé de « conserver les inégalités »??? Effectivement ça c’est du conservatisme. Les libéraux eux privilégient l’égalité en droits et la liberté, et donc la possibilité de s’extraire de sa condition sociale si elle est jugée insuffisante, et non pas la réduction des inégalités par la force (socialisme) ni le maintien des inégalités par la force (conservatisme).

          • @Mateo> J’ai bien fait une distinction entre l’accès et la propriété, et je pense même qu’il y a tout un univers entre les deux. De plus je ne suis pas certain qu’il y ait vol de la liberté de quelqu’un à partir du moment où la garantie de l’usage perdure. Je ne veux pas légitimer le viol de la propriété, je pense simplement qu’il y a des distinctions à faire entre les diverses notions, quitte à aboutir aux mêmes conclusions (qui n’en seraient que plus fortes).
            Quant au fruit du travail on parle de quoi exactement ? Il ne me semble pas correct qu’un travail quelconque puisse apporter la capacité de se soustraire définitivement à toute négociation économique par exemple (je peux faire un truc dans mon coin qui ne sert à personne sauf à moi, ça peut être au maximum un outil pour travailler mais pas un travail). L’existence d’un mérite intemporel ne me parait pas évidente. Qu’il y ait du travail, qu’il y ait des conséquences à une tâche (positives ou négatives), que l’évaluation du service rendu soit une négociation, et qu’on ne puisse pas déposséder quelqu’un de la signification de ce qu’il fait (même si la signification dépasse nécessairement l’acteur), ça me semble tout à fait correct. Mais on ne peut pas être dépossédé de son travail quand on ne travaille pas, et ceci me semble être important aussi et il en découle un certain nombre de choses.

            En ce qui concerne la force, elle est partout. Ma ligne actuelle, je cherche une voie car aucune ne me semble en phase avec la réalité d’aujourd’hui, est que le libéralisme doit travailler à conduire une individualisation des moyens de production et de gestion… et de contrôle (ce qui a pour conséquence néfaste une individualisation des moyens d’oppression, mais je ne vois aucun signe de non-conformité avec la réalité sur ce point). Les socialistes et conservateurs, les modérés disons, se retrouvent avoir la même politique aujourd’hui.
            Qu’il soit dirigé par les uns ou par les autres, l’état se retrouve à dépenser toute son énergie à trouver une raison à son existence. J’ai plutôt l’impression d’une convergence des modes de gouvernance, indépendamment des fins théoriques, et les grands appareils hiérarchiques privés ou publics suivent la même structure, plus trop en conformité avec les échanges sociaux et économiques, et s’interpénètrent pour se légitimer les uns les autres. J’irais même jusqu’à dire, pour boucler sur mon paragraphe précédent, que les deux se retrouvent à protéger les intérêts de ceux qui travaillent à ne pas travailler.

            Je ne vous ai accusé de rien, je réagis à un commentaire qui m’intéresse et en profite pour exprimer mes interrogations personnelles. S’il y a quelque chose à la rigueur qui pourrait m’ennuyer c’est si vous prôniez le statu-quo systématique, une sorte de moratoire sur toute action et sur toute pensée de l’organisation. Pour l’instant je n’ai pas lu ça.

      • @Aloygah

        Il ne s’agit aucunement d’égalitarisme. Le libéralisme repose sur la liberté mais également sur l’égalité en droit (j’insiste sur les 2 derniers mots).

        L’égalité en droit s’oppose à l’égalité matérielle et c’est cette dernière idée qui est portée par l’égalitarisme, pas la première.

        La mise en place de chacun dans la société repose à la fois sur la différence dans les qualités individuelles ET sur l’égalité des chances de chacun.

        Dans ce cas, lorsque l’état veille ou tente de veiller à ce que le candidat le plus compétent soit retenu, ce n’est pas une entorse aux principes libéraux hormis le fait que ce soit l’état qui joue ce rôle, bien entendu.
        Limiter les discriminations à l’embauche est aux antipodes d’une loi pour la parité, avec des quotas par exemple.

        A ce sujet, « Ils [les hommes] ne sont pas égaux et c’est heureux : ce n’est que grâce à cela que la différenciation de rôles n’a pas besoin d’être déterminée par la décision arbitraire de quelque volonté organisatrice, mais qu’après avoir établi l’égalité formelle des règles s’appliquant à tous de la même façon, nous pouvons laisser chaque individu trouver son niveau propre. » Hayek

        Bien sûr, ici, j’ai conscience que nous interprétons des textes à des fins auxquels leurs auteurs ne pensaient pas directement (surtout Bastiat je suppose).

        En ce qui concerne ce point « Ensuite seulement, les économistes libéraux mettront en avant que dans une situation de saine concurrence, seuls les patrons qui choisiront les employés les plus compétents ont une chance de rester patrons… » et « Au niveau des profits, en limitant votre choix de candidats au poste, vous diminuez forcément vos chances de choisir le (ou la!) meilleur(e) pour ces compétences » je pense que nous sommes d’accord.

        • @ LB

          Le libéralisme ne repose pas sur l’égalité en droit, mais le libéralisme repose sur le droit naturel.

          Le droit naturel implique que tous ceux qui sont de même nature auront les mêmes droits naturels.

          L' »égalité des chances de chacun » n’est pas un droit naturel, pas plus que l' »égalité matérielle », pas plus que l' »égalité en droit d’un État », tout cela appartient à l’égalitarisme, pas au libéralisme classique.

          Le cas de l’égalité en droit d’un Etat n’étant pas évident à saisir, je vous donne un exemple: un État qui donnerait à un enfant les mêmes droits qu’à un adulte, irait contre le droit naturel de cet enfant.

          • @Aloygah

            Je serais bien curieuse de savoir comment vous définissez le droit naturel sans évoquer l’égalité en droit.
            Les 2 concepts sont indissociables : l’adjectif « naturel » signifie que c’est un droit qui découle de la qualité d’être humain de l’individu et justement pas de sa catégorie sociale, appartenance ethnique, sexe ou autre. D’où l’égalité en droit!

            Au sujet de l’exemple de l’enfant, nous sommes d’accord, les enfants n’ont pas les mêmes droits naturels CAR ils sont enfants. Pour ce qui est des personnes majeures, faire une distinction entre les individus lorsque l’on parle de droits naturels est une contradiction totale.

          • @ LB

            Pour les personnes majeures, il n’y aura par exemple pas le même droit naturel pour un adulte sain d’esprit et un adulte handicapé mental…

            Le droit naturel est le droit qui découle de l’ordre établi par la nature. Il prend en compte la nature de l’individu et sa finalité.

            Alors, il est clair que sur les points où les individus sont de même nature avec une même finalité, ils auront les mêmes droits. Il ne s’agit néanmoins pas d’une « égalité », mais d’une « similitude ».

            La différence entre les deux est fondamentale dans le cas du droit naturel. Car l' »égalité » est un jugement de valeur, un « jugement » est une décision humaine, or le droit naturel est justement au-dessus des décisions humaines, il ne peut donc accepter d' »égalité ».

            Par contre, la « similitude » est l’observation d’une ressemblance, elle remet l’Homme à sa place: c’est parce que l’Homme observe la nature, qu’il en déduit des droits, et qu’il les fait appliquer ensuite de façon similaire.

  • C’était donc vous l’autre personne qui avez voté libéral à Marseille 😉

    Le gouvernement actuel dépasse toutes les prévisions en termes de décisions doctrinaires.

    Dans combien de temps toucherons nous le fond ? Peut-être, comme nous sommes une année olympique, cherchent-ils à battre un triste record : Le nombre d’entreprises déposant leur bilan.

    Pour relever ce pays, il nous faudra une force de conviction exemplaire, autrement, les extrémismes de tout poils se feront un lit pour longtemps.

  • La France, pour certains, se divise en 2 catégories :
    1°) Ces salauds de patron, qui sont tous milliardaires, fachos et machos
    2°) les gentils employés qui méritent leur salaires à 120% (d’où les demandes d’augmentation totalement justifiées) et qui sont « propriétaires » de la boîte.
    C’est marrant qu’avec toutes ces PME en liquidation, il y ait si peu de création de SCOP !
    Mais quand il faut ce mouiller un peu, il n’y ait plus personne !

  • Ruinés, les Corréziens votent nettement pour leur prévaricateur…
    Que faire dans un tel cas de syndrome de Stokholm???

  • Je vais donner des exemples concrets de ce que j’ai subi en tant qu’employeur, je laisserais après les marxistes expliquer que je suis un exploiteur…
    – une salariée après la fête de la musique se met arrêt maladie 3 jours …
    – un autre (commercial par téléphone) a un arrêt de travail de plus de six mois alors que c’est le bras gauche qui est abîmé … il part dans l’intermédiaire chez son père en Guyane
    – un apprenti en « arrêt maladie » les trois derniers mois avant sa dernière année de formation qui se révèle être une fraude à la sécurité sociale pour refaire son nez qui était trop gros.
    – un cas social reniflant aux 4 coins du bureau, ne foutant rien à part aller sur le net, piquant du nez sous l’effet de je ne sais quelle substance
    – etc
    Trois procès aux prud’hommes, tous gagnés, perte de milliers d’euros et de temps …

    Alors, pour rejoindre l’auteur de l’article, non seulement je vais faire attention à l’avenir, mais je me conduirais comme un ch..n avec les prochains avec SMIC et tous les leviers pour bien … rentabiliser et… exploiter … tout ceux qui se presseront de postuler dans mon entreprise.

    précision, que ce soit arrêt maladie ou maternité, etc outre le temps que vous perdez en administratif, en éventuelle formation pour pallier cette absence, l’état gratte encore.

    • Si j’ai bien compris: c’est vous qui avez fait appel aux prud’hommes, vous avez gagné, mais vous avez perdu du temps à régler ces affaires, j’ai bon ou c’est le contraire ?

      J’ai l’impression que chaque fois qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas bien dans une administration, la solution trouvée est de rajouter de la complexité. C’est ce qui fait que le développement « naturel » d’une administration (c’est hélas vrai aussi dans le privé, mais dans une moindre mesure) c’est de grossir, en elle-même.

      • Dans le privé, c’est la concurrence qui pousse à une gestion saine, dans une logique de réduction des couts. Rien de tel dans le public.

        C’est d’ailleurs pour ça que dans une situation de monopôle ou d’oligopole, on constate, entre autre, que la gestion se relâche.

        Le développement naturel d’une entreprise privée, seule sur son marché, est de grossir. Mais ce faisant elle devient plus vulnérable à la concurrence. La concurrence pousse donc, dans l’autre sens, à une diminution de la taille de la boite. Jusqu’à un état d’équilibre qui variera dans le temps.

      • @ropib

        non, je me suis fait attaqué, tous déboutés, et dans un système qui donne à 80% raison aux pôôôvres salariés exploités (rappelons nous « l’exemple » de celui qui avait violé un collègue mais qui était « irrenvoyable »). J’ai voulu en attaquer un mais j’ai abandonné vu les perspectives de paperasses, de pertes de temps, d’argent, etc

        L’administration en France est un tue l’amour. pourtant, il serait assez facile de mettre en place pour les SARL, SA, … un système déclaratif et de paiement équivalent au statut d’auto entrepreneur. D’ailleurs l’urssaf a mis en place pour les petites structures quelques facilités (ex. déclarations, bulletins < 10 salariés) usine à gaz utile pour une fois …

        Un exemple de mesure simple pourrait être la mise en place d'une période d'essai de 6 mois qui nous permettrait de réellement juger la motivation d'un candidat et non pas la législation actuelle qui vous fait le forcing d'une période d'essai courte et hypocritement renouvelable à la seule demande du salarié.

        • @canyon > Comme vous le dites plus haut, les employés sont exemplaires pendant leur période d’essai. Je ne crois plus au CDI, ni à la mesure du travail par le temps, et pour l’instant je pense qu’il faut supprimer toutes les aides actuelles et faire un revenu universel inconditionnel permettant de faire acquérir à la France une culture d’entrepreneuriat et d’innovation: l’un des plus gros problème en France, et je pense que c’est sociologique, c’est à dire que nous sommes conditionnés dans la famille et l’école dans ce sens, c’est la peur de se tromper ( « si tu ne sais pas, abstiens-toi » est notre vraie devise nationale) ; il faut trouver un moyen de casser ce cercle vicieux.

    • Félicitation, j’apprécie votre flaire à recruter !

      Et surtout ne les mettez pas à l’épreuve pendant la période d’essai, vous pourriez remarquez votre mauvais choix !

      • Mon bon @Eagle

        Les salariés sont TOUS exemplaires en période d’essai. Limite, il faudrait les pousser dehors pour ne pas faire des heures en dehors de leurs heures de travail ! !

        L’administration ou plutôt l’état ou plutôt les incapables à sa tête n’ont qu’une seule réponse à toutes ces contraintes administratives, recruter encore plus pour « superviser ».

        • Le débat sur l’administration n’était pas dans mon spectre de réponse.

          3 recrutements négatifs pour ce qui m’a l’air d’être une petite entreprise est bien signe d’un soucis au niveau du recrutement. Et si c’est une grosse entreprise, extrapoler un petit nombre de canard boiteux pour expliquer que dès lors je peux exploiter mes employés est de la simple désinformation. De plus je serais personnellement dès lors en droit de bâcler mon travail aux vus des patrons véreux et des SSII escrocs que j’ai eu à connaître (et que j’ai quittés quand je le pouvais, pour les autres, en alternance, il faut serrer les dents…).

          • @eagle

            Expliquer derrière un clavier, c’est bien, va faire et montrer l’exemple , c’est mieux …

            Lorsque tu te taperas des cas sociaux « masqués » après une période d’essai exemplaire qui te désorganisent le service parce qu’ils sont protégés, qu’ils ont « capitalisé » suffisamment pour aller au assedic et que, tout compte fait, se lever à midi, c’est mieux qu’à 7 heures, on en reparle …

            Mon entreprise a eu jusqu’à 15 salariés… L’abnégation ou payer le salaire de tes employés, la pression administrative avec ton seul travail, tu ne connais pas @eagle … Tu vas te mettre à ton compte, tu recrutes du personnel, tu fais ton métier en indé, apres, on en reparle … Parce que les explications …

            Les canards sont plus nombreux que tu le crois, va …

          • Et bien dans ce cas mon ptit pépère accepte qu’il y a également beaucoup de patron véreux ou qui essaye de t’avoir en filou et que c’est ce qui ressort de beaucoup de personne, même pour des emplois qualifiés.

            Ne me vois pas en bolchévique, mon père était patron et j’ai bossé avec lui, il a même eu le recrutement d’un canard boiteux qui lui a couté du temps, tout ce que tu me dis je le sais et j’ai vecu les soirs où il rentrait en stress et les périodes où on a du se serrer la ceinture. Tes considérations hautaine tu te les gardes pour toi.

            Donc accepte humblement que des canards boiteux existent de TOUT bords, employés, patrons, PDG ou indépendants et qu’ils peuvent être nombreux.

            In fine tu ne ma pas répondu sur le fait que si le patron se justifie d’abuser de ses salariés j’aurais le droit d’abuser du mien avec mon historique… Ce qui est juste une loi du talion débile.

          • Hé oh Eagle, c’est toi qui a mis en doute sa capacité à embaucher les bonnes personnes, son « flair »…

            Et qui a dit que les mauvais patrons ça n’existe pas???

            (Au passage, tu trouveras beaucoup plus de témoignages de personnes qui décrivent la malhonnêteté de leur patron que de personnes qui décrivent la malhonnêteté de certains employés pour la simple et bonne raison qu’il y a beaucoup plus de personnes qui ont un patron que de personnes qui ont des employés)

          • Je t’ai mis en cause car il est plus facile de venir geindre sur un forum de libéraux que de te remettre en cause et d’enlever la poutre de ton œil.

            Tu n’as toujours pas répondu sur la bêtise de ta loi du talion…

            #bisou

          • Tu m’as mis en cause??? Ma loi du Talion??? Mais de quoi tu parles?

          • CF commentaire précédent -_-‘

          • @Eagle

            Euh, je vois pas là, non… Tu confonds pas avec quelqu’un d’autre? Canyon par exemple?

  • @eagle

    Avant de donner la moindre prime, je provisionnerai d’abord pour anticiper « les autres » qui, bien sûr, ne représentent pas la majorité et heureusement mais qui te font perdre ton temps, ton énergie et accessoirement ton argent… Le titre et le contenu de l’article, surtout le titre d’ailleurs sont volontairement provocateurs avec le sous-jacent qui sont les contraintes pas possibles des gens qui connaissent (viscéralement) ce qu’est l’embauche en France et ce que cela comporte comme risques. Libéral ou pas, je m’en f… je n’aime pas le métier de l’auteur mais j’apporte mon expérience … et mon expérience, c’est le lance pierre et les primes bien après …

    • @eagle tu parlais de SII, comme tu le sais, la prestation SII est maintenant externalisée (le client ne le sais pas) vers les « experts » indiens ou du tiers monde … Un exemple concret est la vente de produits estampillés « open source » ou orm, usines à gaz, bugyy à prix d’or aux clients ou pire, aux acheteurs d’état qui n’y comprennent rien.

      On ne se prend même plus la tête à recruter, on externalise et on engrange, les temps ont changé…

      Mais ce n’est pas mon cas !

  • Les commentaires sont fermés.

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