Zone Euro : qui a intérêt à en sortir ?

Selon une étude Merryll Lynch, deux pays auraient le plus intérêt à quitter la monnaie unique d’eux-même, alors que l’Allemagne serait le pays à qui une sortie de la zone euro profiterait le moins.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
imgscan contrepoints 258 eurozone

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Zone Euro : qui a intérêt à en sortir ?

Publié le 17 juillet 2012
- A +

Selon une étude Merrill Lynch, deux pays auraient le plus intérêt à quitter la monnaie unique d’eux mêmes, alors que l’Allemagne serait le pays à qui une sortie de la zone euro profiterait le moins.

Par Charles Sannat.

Ça y est, on est dedans, c’est le grand jeu de l’été : les analystes essayent de deviner pour quel(s) pays une sortie de l’euro serait la plus profitable et quelle(s) autres nations auraient tout à y perdre.

On ne nie donc plus du tout la possibilité de sortir de la zone euro, quelles qu’en soient les conséquences. On cherche désormais à savoir qui s’en sortira le mieux et sur quel cheval faut-il miser ? Cet été on est plus proche du turf que du surf !

C’est la Bank of America Merrill Lynch qui a publié les résultats de son étude suite à la (toute récente) dégradation de la note de l’Italie par l’agence de notation Moody’s. Le but étant de savoir quels pays ont le plus intérêt à sortir (volontairement) de l’euro. L’étude réalisée par les stratégistes David Woo et Athanasios Vamvakidis repose sur la théorie des jeux et a donné lieu à un classement de onze pays de la zone euro. Ce classement est fondé sur une analyse coûts-bénéfices et répond à quatre questions clés :

  • Quelles sont les chances de quitter la zone euro de façon ordonnée ? (un peu comme pour les plans d’évacuation en cas d’incendie ?)
  • Quel serait l’impact de la sortie de la zone euro sur la croissance du pays ?
  • Quel serait l’impact de la sortie de la zone euro sur les taux d’emprunts ?
  • Quel serait l’impact de la sortie de la zone euro sur le bilan économique du pays ?

De la théorie à la pratique

Selon le petit barème fixé par les deux maitres du jeu ce sont l’Italie et l’Irlande qui auraient le plus d’intérêts à quitter la monnaie unique, alors que l’Allemagne serait le pays à qui une sortie de la zone euro profiterait le moins.

Pour répondre aux quatre questions précédentes : L’Allemagne obtient le meilleur score pour une sortie de la zone euro « propre » (c’est-à-dire sans traverser de crise importante), devant l’Autriche et… l’Italie qui se classe 3ème ! Pour peu que la monnaie à venir (nouvel euro ou nouvelle Lire ?)soit adossée à l’or, une hypothèse de plus en plus envisageable, avec ses réserves de métal précieux (3e derrière les États-Unis et l’Allemagne), l’Italie aurait tout bon !

La France elle serait « légèrement secouée » et n’arriverait que 9ème sur onze pour ce critère, juste devant nos amis grecs et espagnols qui ferment la marche.

Au niveau de l’impact sur la croissance, l’Irlande se classe première et bénéficierait d’une hausse de 7% de croissance en quittant l’euro selon les prédictions des analystes. L’Italie arrive en second et profiterait d’une hausse de 3%, l’Allemagne serait la plus touchée avec une baisse de 7% !

Si l’on considère l’impact sur les coûts d’emprunts, c’est évidemment la Grèce qui bénéficierait le plus d’un retour à une souveraineté monétaire. Les Grecs économiseraient ainsi près de 38% de leur PIB en voyant leurs coûts d’emprunts reculer de 2200 points.

Enfin, pour le dernier critère portant sur le bilan économique, les prédictions des analystes (climatologues ?) estiment que c’est l’Irlande qui se classerait première alors que l’Allemagne arriverait dernière.

Ce petit jeu et le barème appliqué par la Bank of America Merrill Lynch est largement critiquable mais il a cependant le mérite de mettre en évidence une chose :

La disparité qui existe au sein de la zone euro. On peut notamment se demander si tous ces pays ont toujours un intérêt commun à poursuivre cette union économique et monétaire et surtout à quel prix ? Cette étude a de quoi exciter les marchés qui parient sur la fin de la zone euro…

Sur le web

Voir les commentaires (6)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (6)
  • Qui a envie de retourner aux taux de change en Zone euro ?

    Le bordel que ce sera pour le prévisionnel des entreprises qui dépendent du marché intérieur (de la Zone euro) !

    Beaucoup de monde sera perdant, peu importe le pays.

  • Si l’Italie quittait l’Euro, qu’adviendrait-il de sa dette de 1900 milliards ?

  • L’euro est là, autant le garder. C’est la BCE qu’il faut changer, pas l’euro.

  • Bizarre, chaque fois que le dollar pointe du nez, il se trouve un économiste ou autre farfelu américain pour inciter les pays « faibles » à sortir de l’Euro, jamais l’Allemagne!!!! Pourquoi, parce que les spéculateurs américains ne gagneraient rien en tentant de s’approcher du loup, tandis que les agneaux sont si alléchants!!!

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Il y a quelque intérêt à ne pas effacer de la mémoire collective ce qu’ont pu être les grands débats qui ont infléchi notre histoire.

Les acteurs de ces débats ont en effet avancé des prédictions qui ont pesé sur la décision du peuple souverain lorsqu’il a été appelé à se prononcer, comme ce fut le cas pour le référendum sur le traité de Maastricht. On est en droit de juger de ces arguments et de ces prédictions à l’aune de ce que l’on a pu observer dans la durée.

 

Il y a juste 30 ans, le 20 septembre 1992, les Fran... Poursuivre la lecture

Non, ce n’est pas le covid et la mise à l’arrêt de l’économie ou encore la guerre en Ukraine qui provoquent l’inflation actuelle dans l’Eurozone. Ce sont les politiques monétaires des banques centrales qui l’ont suscitée, au premier rang desquelles la BCE.

Pour comprendre ce qui nous arrive aujourd’hui et comment la situation va évoluer, il faut se pencher sur 5000 ans d’histoire monétaire. Toutes les bêtises ont déjà été faites par le passé et ont toujours les mêmes conséquences. La multiplication de la monnaie adossée à rien (à aucun... Poursuivre la lecture

Les gens ignorent souvent ce qui se passe au jour le jour sur les marchés obligataires qui brassent pourtant des sommes considérables. Ainsi, le marché obligataire en euros pèse 2775 milliards.

L’indicateur clé de ce marché est le taux d’intérêt des emprunts d’État à dix ans considérés comme l’actif financier le plus sûr. Or, les taux d’emprunt des différents pays de l’Union européenne recommencent à diverger comme il y a dix ans. L’écart se creuse depuis que la Banque centrale européenne a indiqué qu’elle allait mettre fin à ses racha... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles