Devons-nous prendre parti dans les conflits du Moyen-Orient ?

La prise de pouvoir par des islamistes au Moyen-Orient sonnera le glas de l’Islam le plus radical. Car quand les Arabes auront goûté aux joies du totalitarisme islamiste pendant assez longtemps, ils se détourneront massivement d’une religion si stupide et si rétrograde.

La prise de pouvoir par des islamistes au Moyen-Orient sonnera le glas de l’Islam le plus radical. Car quand les Arabes auront goûté aux joies du totalitarisme islamiste pendant assez longtemps, ils se détourneront massivement d’une religion si stupide et si rétrograde, aussi bien au Moyen-Orient qu’en Occident.

Par Fabrice Descamps.

Comme j’ai de la famille au Moyen-Orient, certains de mes amis m’ont évidemment demandé ce que je pensais de l’évolution actuelle de la situation dans cette partie du monde.

Eh bien, je répondrai que nous y sommes en 1944. Les régimes fascistes de type Baath vont de toute évidence tomber. Et de toute évidence, ils vont laisser la place à des régimes islamistes dont la férocité et l’imbécillité n’aura rien à envier à celles des États communistes qui s’installèrent en Europe de l’Est après 1945.

Nous Occidentaux, devons-nous alors prendre parti dans ces conflits ? Oui, mais pas de n’importe quelle façon. Le cas libyen nous indique comment faire : livrer des armes aux insurgés, établir des zones d’exclusion aérienne, bombarder un peu, mais c’est tout. Nous impliquer plus dans un tel bourbier ne serait bon ni pour nous ni pour les populations locales.

À ceux qui me répondraient que l’état actuel de la Libye n’est guère rassurant, suggérant ainsi que nous aurions peut-être dû nous abstenir d’intervenir là-bas, je répondrai simplement : laisser en place un dictateur fou et sanguinaire comme Kadhafi était-il plus raisonnable ? Aurions-nous dû laisser les nazis ravager l’Europe de l’Est parce que nous pouvions déjà subodorer que les communistes qui allaient leur succéder ne valaient pas mieux ? Aurions-nous dû laisser se débrouiller tout seuls les moudjahidines afghans sous prétexte que, d’entre leurs rangs, naîtraient bientôt les Talibans ? Non, nous avons agi dans tous ces cas de façon parfaitement rationnelle. Nous avons tactiquement soutenu la peste contre le choléra. Que pouvions-nous faire de mieux ?

Pareillement, nous devons soutenir, avec appuis aériens et fournitures d’armes, l’Armée syrienne libre, même si nous savons pertinemment que certaines de ses unités sont composées de fanatiques d’Al-Qaïda. Le régime du Baath abattu, nous retournerons nos alliances comme nous l’avons fait contre les communistes après 1945. Nous n’avons pas le choix. Une fois des régimes islamistes en place au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, nos relations avec ces régions ressembleront à ce qu’elles furent avec l’Europe de l’Est de 1945 à 1989 : à une guerre froide. Et s’il faut aux Arabes quarante-cinq ans pour se débarrasser de l’islamisme, eh bien nous attendrons quarante-cinq ans. Les démocraties sont patientes. Mais elles ne doivent pas douter de leur victoire finale. L’islamisme rend un très mauvais service à l’Islam. Quand il aura épuisé tous ses charmes, le monde arabe deviendra la zone la plus athée et la plus anticléricale du monde.

C’est pourquoi je ne pense pas qu’il faille être aussi pessimiste que Christopher Caldwell – dont je recommande le livre passionnant, Une Révolution sous nos yeux, aux Éditions du Toucan – quant à la présence massive de populations musulmanes en Europe occidentale. Caldwell y considère ces populations comme des sortes de colonisateurs qui imposeront nolens volens des changements civilisationnels considérables à l’Occident. Il est vrai que le comportement de certains groupes musulmans ou d’Afrique noire dans nos banlieues ne fait rien pour nous rassurer. Il est vrai que l’Islam est aujourd’hui la première religion dans les prisons de France. Qu’on ne vienne pas me dire qu’il en est ainsi parce que les policiers ou les juges seraient d’affreux racistes. Les syndicats de policiers sont très majoritairement de gauche et le tristement célèbre Syndicat de la Magistrature prêche son angélisme exterminateur dans les prétoires de Bobigny.

Il me semble que le comportement présent de certains Maghrébins et Africains en France n’est pas sans rappeler celui des Irlandais fraîchement débarqués à Boston au milieu du XIXe siècle ou des Italiens arrivés à Chicago au début du XXe. Ils viennent de contrées largement sous-développées, économiquement, socialement et intellectuellement. Ils importent dans nos pays une culture machiste de l’honneur, hélas justifiée par leur religion. Certains d’entre eux prennent les Occidentaux pour des pigeons qu’il s’agira de plumer, tout comme on les plume déjà sur place à Jamaâ el Fna. Enfin cerise sur le gâteau, si vous osez dire tout ce que je dis, vous êtes évidemment un suppôt du FN. Tout cela n’excuse pas, bien entendu, les discriminations dont sont souvent victimes les Maghrébins et les Africains, mais cela explique l’amalgame que font beaucoup de Français de souche entre les immigrés honnêtes et les voyous.

Ce qui me rend néanmoins optimiste vous paraîtra sûrement paradoxal : la prise de pouvoir par des islamistes au Moyen-Orient sonnera le glas de l’Islam le plus radical. Car quand les Arabes auront goûté aux joies du totalitarisme islamiste pendant assez longtemps, ils se détourneront massivement d’une religion si stupide et si rétrograde, aussi bien au Moyen-Orient qu’en Occident, exactement de la même façon que le Parti communiste français s’est effondré avec le Mur de Berlin.

Cependant tout cela nous invite à la prudence. Tant que des régimes islamistes séviront dans le monde arabe, l’Islam devra hélas être considéré comme un « ennemi de l’intérieur », pour la même raison que les communistes occidentaux furent suspects à nos yeux pendant la Guerre froide. De ce point de vue, si nous sommes globalement en 1944 dans le monde, nous sommes en 1905 en France : la laïcité doit être aussi fermement opposée à l’Islam, dans sa version actuelle, qu’elle le fut au catholicisme, dans sa version d’alors, à l’occasion de la séparation des Églises et de l’État. Certains principes de l’Islam ne sont, pour le moment, pas compatibles avec la démocratie libérale : la condamnation à mort des apostats, des artistes qui soi-disant blasphèment, des homosexuels, etc. Tant que les plus hautes autorités de l’Islam sunnite ne se seront pas clairement distanciées de tous les appels aux meurtres qu’induit leur interprétation actuelle du Coran, nous en serons les adversaires déterminés.

Je suis persuadé que l’Islam sera un jour une religion normale parmi les autres. Mais, en attendant, que les islamistes ne se fassent aucune illusion. Nous les combattrons sans merci, eux et les idiots utiles qui, au nom de la tolérance, écoutent encore poliment Tariq Ramadan.

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