Le rapport pipeau du Conseil économique, social et environnemental sur la dette publique

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Le Conseil économique, social et environnemental (CESE), vaste organe de concertation lourdement subventionné, vient de publier un rapport intitulé : « La dette : un pont entre passé et avenir ».

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE), vaste organe de concertation lourdement subventionné, vient de publier un rapport intitulé : « La dette : un pont entre passé et avenir ».

Un article du Cri du Contribuable.

Le rapport publié est loin d’apporter une analyse et des propositions de qualité. Il s’agirait presque d’une gentille mascarade, censée prouver que la dette n’est pas aussi capitale que ça, et que des arrangements à la marge seraient possibles, quitte à créer un autre modèle de société, dont rien ne sera dit…

À la lecture approfondie de ce rapport, pas de propositions nouvelles autre que des vœux pieux formulés dans un langage aux circonvolutions et euphémismes navrants : « évaluer systématiquement les niches fiscales », procéder « à une véritable évaluation des politiques publiques », et une « analyse critique » des coûts de protection sociale ou mettre en place « un nouveau modèle de développement responsable et durable, créateurs d’emploi »…

La mesure phare du rapport semble être la préconisation de modifier le rôle des agences de notation, et de créer « un gendarme des agences de notation » qui seraient (avec une certaine légitimité, reconnaissons-le) « incapables d’anticiper les crises financières ».

On aurait à ce sujet une critique des administrations en tout genre des multiples instances publiques de contrôle qui ont également échoué dans cet exercice. Mais l’analyse de la responsabilité de l’État semblait ne pas faire partie des objectifs du rapport.

Plus grave que l’absence de propositions concrètes, ce rapport, regorge d’une jolie collection de perles et d’approximation idéologiquement grossières. Les pires sont celles imputant l’origine de l’endettement des États depuis les chocs pétroliers à la fin des politiques Keynésiennes au profit de « politiques plus libérales », du « dogme de l’économie néolibérale mondialisée », favorisant « une vision de plus en plus à court terme pour attirer des capitaux »… S’en suivent les litanies à l’encontre de la dégradation du partage de la valeur ajoutée travail / capital (qui n’a pas bougé en France)…

La dépense  publique a pris 10 points depuis 1980

Et encore ! La malhonnêteté devient patente quand le texte laisse entendre que les baisses d’impôts opérées depuis 2000 sont responsables de la plus grosse partie de la dette (au moins 400 milliards), alors que le niveau de prélèvements obligatoires  est resté à « un niveau remarquablement stable depuis plus de 15 ans » (Graphique 3 du rapport (page 12) à l’appui).

Le même graphique vient d’ailleurs contredire l’affirmation du rapport sur la tendance à la baisse des dépenses publiques (hors crise) alors qu’elles ont pris au moins 10 points depuis 1980 (par rapport au PIB) !

Enfin, pour couronner le tout, des sources largement orientées, aussi bien dans le choix des personnes auditées que dans les publications citées en références. Sur les 6 personnalités nommées, 4 sont ancrées résolument à gauche. Pour contrebalancer le parti pris idéologique, un seul parlementaire, Gilles Carrez, plutôt modéré (partisan de l’équilibre budgétaire) et un spécialiste de la finance (Dautresme) sont appelés à la rescousse.

Les références bibliographiques sont encore plus parlantes et placent clairement la barre à gauche : 27 publications, livres et articles cités, dont 10 pour la seule revue Alternatives Économiques, 5 ouvrages dans la mouvance des idées écologistes et d’Attac (par exemple : « Les dettes illégitimes, quand les banques font main basse sur la politique publique »). Les publications pouvant être classées dans le registre libéral ou financier sont au nombre de 5 seulement.

Vu le parti pris de l’étude, se cachant à peine de son idéologie, pas étonnant que l’ensemble des représentants des entreprises aient voté contre l’avis !

L’indigence du rapport et la faiblesse des propositions porteraient à sourire si le CESE n’était pas financé par le contribuable, pour la bagatelle de 40 millions € par an. Il conviendrait de mettre un terme à son existence une bonne fois pour toute, Attac et Alternatives économiques n’ont pas besoin d’un organe subventionné pour faire entendre leurs thèses.

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Sur le web.

À lire : L’étude de Contribuables Associés sur le CESE