Toyota délocalise la Yaris US à Valenciennes

Les Yaris vendues aux USA et au Canada ont jusqu’ici été produites au Japon.

Encore une délocalisation. Une de plus dans l’interminable liste qui s’allonge un peu plus chaque jour. Les délocalisations, conséquences de la mondialisation, sont une plaie, qui tue l’emploi. A écouter les médias, à lire la presse, et à écouter les conversations de comptoir, chacun sait ça.

Et s’il existait en France des usines de classe mondiale avec du personnel de qualité, capables de produire à coûts compétitifs et à très haute qualité, tant et si bien qu’on délocaliserait la production d’une usine japonaise dans notre beau pays ?

Assez de fables, cela est bien beau, mais chacun sait que l’industrie non européenne applique un dumping social qui rend impossible un tel conte de fée.

Et pourtant.

Toyota Yaris

Et pourtant, l’usine Toyota de Valenciennes, qui produit la vaillante petite Yaris depuis déja 11 ans, et en est déjà à la troisième génération du modèle, vient de réaliser cet exploit : une partie importante de la production de cette voiture va y être délocalisée, qui avait lieu jusqu’ici au Japon.

Il s’agit des Yaris destinées à être vendues en Amérique du Nord, que ce soit au Canada ou aux Etats-Unis.

Deux faits remarquables sont à signaler : ceci fera des Yaris Valenciennoises les premières voitures françaises exportées aux USA depuis bien longtemps, en fait depuis que Peugeot a jeté l’éponge et abandonné le marché américain (si l’on veut bien laisser de côté quelques Bugatti). C’est aussi la première fois que Toyota Valenciennes va exporter en dehors d’Europe, qui était jusqu’ici son domaine.

Pour être juste, la nature de cette décision est en partie monétaire et liée à la surévaluation du Yen. Produire des voitures au Japon pour l’exportation dans le reste du monde est devenu très difficile du fait de la forte valeur de la monnaie japonaise.

Quoi qu’il en soit, on ne peut que féliciter l’usine et les travailleurs de Valenciennes pour avoir su, avec le temps, gagner la confiance de la direction mondiale de leur entreprise, au point qu’elle est prête à leur confier de nouvelles missions et de nouveaux horizons, prouvant que c’est bel et bien possible.