Mythes économiques : les grandes entreprises aiment le marché

Selon la mythologie économique contemporaine, les grandes entreprises ont besoin du libre-marché pour former des oligopoles et exploiter les masses, ce qui accentue les inégalités. En fait c’est exactement l’inverse!

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Mythes économiques : les grandes entreprises aiment le marché

Publié le 26 juin 2012
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Selon la mythologie économique contemporaine, les grandes entreprises ont besoin du libre-marché pour former des oligopoles et exploiter les masses, ce qui accentue les inégalités. En fait c’est exactement l’inverse!

Par le Minarchiste, depuis Montréal, Québec.

John D. Rockefeller en 1885

Les grandes entreprises auraient besoin du libre-marché pour former des oligopoles et exploiter les masses, ce qui accentuerait les inégalités.

En fait, c’est exactement le contraire ! Les grandes entreprises craignent le libre-marché et la féroce concurrence qui y sévit et ont besoin de l’État pour former des oligopoles afin de s’en protéger.

C’est pour lutter contre les monopoles que les États-Unis ont adopté des lois telles que le Sherman Act en 1890. Les monopoles étaient-ils vraiment une menace pour la société? En fait, les industries accusées d’être monopolistiques lors de l’adoption du Sherman Act diminuaient leurs prix plus rapidement que la moyenne tout en augmentant la production quatre fois plus rapidement que les autres industries. À cette époque, le monopole le plus populaire était certainement celui de John D. Rockefeller et de sa Standard Oil. Cette entreprise était très petite à ses débuts, mais devint très grosse par la suite grâce à ses innovations lui permettant d’avoir des coûts de production plus bas que ses concurrents. Conséquemment, le prix du pétrole raffiné est passé de 30 cents par gallon en 1869 à 6 cents par gallon en 1897. Est-ce un comportement répréhensible selon vous?

Plus récemment, le cas le plus médiatisé a certainement été celui de Microsoft. Cette entreprise distribuait gratuitement son logiciel de navigation internet, en l’occurrence Internet Explorer, en l’incorporant à son célèbre système d’exploitation Windows. Comme Windows était le système d’exploitation le plus largement utilisé, la plupart des gens n’avaient pas besoin de faire l’achat d’un logiciel de navigation internet puisque Internet Explorer était automatiquement installé dans leur ordinateur en même temps que Windows. Cette situation faisait en sorte que les ventes des autres logiciels de navigation internet, tel que Netscape, étaient bien faibles. Pour cette raison, en 1998, Microsoft a été poursuivie pour avoir agi de façon monopolistique. Les poursuivants auraient voulus forcer Microsoft à ne pas amalgamer Internet Explorer à Windows, mais plutôt à le vendre, ce qui aurait coûté plus cher aux consommateurs. Cette poursuite n’avait évidemment aucun fondement puisqu’il serait absolument illogique de forcer une entreprise à vendre quelque chose plutôt que de le donner. La cause a été conclue en 2001 et Microsoft a conservé le droit de distribuer Internet Explorer comme bon lui semble (avec quelques concessions cependant), au grand bénéfice des consommateurs.

En réalité, dans un libre-marché, il ne peut y avoir de véritable monopole. Lorsqu’une entreprise n’a que peu ou pas de compétition, ce qui lui permet d’augmenter ses prix et de faire de plus grosses de marges de profit, cela attire de nouveaux entrants qui tenteront de profiter des prix élevés. Pour se tailler une place sur le marché, ceux-ci n’hésiteront pas à introduire des prix plus bas que ceux de l’entreprise existante. Cette concurrence fera par la suite baisser les prix et ramènera la marge de profit à un niveau normal.

La plupart des monopoles ou oligopoles existent en conséquence des actions des gouvernements. Ceux-ci accordent des privilèges spéciaux à certaines entreprises, ce qui leur donne un avantage sur leurs concurrents ou bloque tout simplement la concurrence sur leur marché.

Il y a d’abord les entreprises d’État, qui exercent des monopoles par décret gouvernemental. Ensuite il y a la réglementation excessive, qui avantage nettement les grandes entreprises qui ont les moyens d’avoir des avocats à leur emploi et des lobbyistes, ce qui leur permet de tirer leur épingle du jeu. Puis, il y a la protection de la propriété intellectuelle, qui permet à des entreprises d’avoir un monopole sur des idées.

Pensez à Rogers, Telus et Bell qui sont protégées de la concurrence étrangère par des limites sur la propriété des entreprises de télécommunications canadiennes. Pensez à Microsoft, Monsanto et Pfizer, qui font des profits immenses grâce à leur « propriété » intellectuelle protégée par l’État. Pensez à Bombardier et Québécor qui obtiennent d’immenses avantages des gouvernements grâce à leurs lobbys puissants. Pensez à la réglementation du secteur financier qui place un immense fardeau sur les nouveaux entrants et permet aux banques canadiennes de maintenir leur oligopole. Pensez aux grandes banques américaines qui ont bénéficié d’un sauvetage gigantesque pendant que des milliers de petites banques ont fait faillite. Pensez à AT&T et Bell Canada, qui ont longtemps bénéficié d’un monopole légal octroyé par l’État. Pensez aux banques qui bénéficient d’une véritable subvention permanente de la part des banques centrales. Les exemples si nombreux…

Pourquoi pensez-vous que Wal-Mart a récemment milité pour une augmentation du salaire minimum aux États-Unis ? Parce qu’avec sa structure de coût la plus basse de son industrie, Wal-Mart peut se permettre de payer des salaires plus élevés, mais pas ses concurrentes plus petites. En leur imposant ce fardeau d’un salaire minimum plus élevé, Wal-Mart est favorisée. C’est aussi pourquoi la plupart des réglementations d’entreprises ont été proposées et supportées par des grosses corporations (salaire minimum, santé et sécurité au travail, normes environnementales, régimes de retraite et assurances collectifs, etc), de façon à imposer des coûts supplémentaires à leurs compétiteurs plus petits.

C’est l’interventionnisme étatique qui favorise les grandes entreprises au détriment des consommateurs, pas le libre-marché.

Wal Mart warms to the State

L’Etat, le meilleur ami des oligopoles économiques

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  • Indispensable rappel ! Dans un marché libre, les monopoles ne peuvent se maintenir, ni même exister, sans l’intervention artificielle de la force publique pour réduire ou interdire la concurrence.

  • Sans être spécialiste de l’histoire informatique, internet explorer de Microsoft n’était pas vraiment « gratuit » : interprétation HTML microsoftienne, balises propriétaires etc…A l’époque, Microsoft vendait également Frontpage, logiciel WYSIWYG de création de page web…

    Paragraphe « En réalité, dans un libre-marché, il ne peut y avoir de véritable monopole. » Une entreprise en situation quasi monopolistique peut casser ses prix le temps de tuer les nouveaux entrants (elle à une trésorerie lui permettant de soutenir une telle stratégie). Si à l’époque de la libéralisation des télécom, le gouvernement n’avait pas majoré les tarifs de France Télécom, Bouygue et consorts n’auraient put faire leur trou.
    Pour ne pas me faire incendier :p, oui l’Etat devrait se contenter de viser l’intérêt général et ne pas se faire influencer par les lobbyistes.

    • Il y a toujours des nouveaux entrants, donc il faut constamment vendre à perte, et un jour la trésorerie est vide et c’est la faillite. Le gouvernement a majoré les tarifs fRance télécon pour compenser la perte des subventions directes.
      Il n’existe pas d’intérêt général, chaque minorité est un lobbyiste, ce n’est pas réservé aux entreprises.
      Si l’état ne peut pas faire mieux qu’en l’absence d’état alors il faut s’abstenir.

    • « …Pour ne pas me faire incendier :p, oui l’Etat devrait se contenter de viser l’intérêt général et ne pas se faire influencer par les lobbyistes. »

      J’hésite : Walt Disney ? Contes de Grimm ? Si j’ai tort, citez donc UN SEUL exemple concret…

    • «Une entreprise en situation quasi monopolistique peut casser ses prix le temps de tuer les nouveaux entrants (elle à une trésorerie lui permettant de soutenir une telle stratégie).»

      Tant mieux pour le consommateur.

    • kudram : « Une entreprise en situation quasi monopolistique peut casser ses prix le temps de tuer les nouveaux entrants »
      ————————————–
      Donc elle doit casser en permanence ses prix vu que les nouveaux entrants sont par définition toujours nouveaux. Donc raisonnement sorti du chapeau, donc poubelle.

    • . » Une entreprise en situation quasi monopolistique peut casser ses prix le temps de tuer les nouveaux entrants (elle à une trésorerie lui permettant de soutenir une telle stratégie).

      C’est ce qui a été dit quand free mobile est arriver sur le marché, les 3 opérateurs disposant d’une trésorerie allaient casser les prix car disposant d’une trésorerie suffisante, résultat, c’est free qui a cassé les prix.. Et les autres ont pleuré..

  • « Une entreprise en situation quasi monopolistique peut casser ses prix le temps de tuer les nouveaux entrants (elle à une trésorerie lui permettant de soutenir une telle stratégie). »
    Des nouveaux entrants naissent tous les jours, tout au long de l’année et partout dans le monde… Si vraiment une entreprise devait vendre en dessous du prix de revient pour tuer la concurrence combien de temps tiendrait-elle ? Avec quoi elle paierait ses salariés, ses structures, ses matières premières, la recherche etc. etc. ?
    D’autre part, même au point mort ou un peu au dessus (voir seuil de rentabilité http://fr.wikipedia.org/wiki/Seuil_de_rentabilit%C3%A9 ) une entreprise qui joue à ça s’expose à deux gros problèmes : la note que lui attribuent les assurances crédit (que les fournisseurs examinent à la loupe avant de livrer) et celle des banques qui ont des critères très stricts au niveau des seuils de rentabilité (et on les comprend…)

    • Le « casser les prix » ne signifiait peut-être pas vendre à perte, d’ailleurs aucun business plan sérieux ne prévoit de vendre à perte (le cas des filiales qui vendent à perte est autre chose et relève des cessions internes…).
      Kudram voulait peut-être parler des entreprises monopolistiques qui veulent éviter de bénéficier d’une rente de situation qui risquerait d’attirer la concurrence…

      • « aucun business plan sérieux ne prévoit de vendre à perte »
        ——————
        aucun business plan foireux non plus, vu que la vente à perte est interdite.

        • Oui c’est interdit mais ça se fait quand même et c’est très dure à constater et à sanctionner (conséquence de notre fiscalité débile)…
          (autocitation)
          « le cas des filiales qui vendent à perte est autre chose et relève des cessions internes… »
          (finautocitation)

        • « aucun business plan foireux non plus, »

          Si, en fait il y en a au moins un, on l’appelle loi de finances…

  • Ne pourrait il pas y avoir une certaine corrélation avec ce que nous venons de voir avec l arrivée de FREE sur le marché de la téléphonie ?

  • Dans certains cas, des entreprises peuvent se retrouver en situation de monopole parce que les barrières à l’entrée et notamment les coûts fixes trop importants empêchent les éventuels concurrents de s’établir sur le marché.

    • C’est le cas de l’aéronautique, par exemple, ou de l’automobile, où les normes innombrables bloquent totalement ou presque l’arrivée de concurrents. Ça plus les subventions aux géants du secteur.

  • Encore le mythe de la concurrence parfaite. Mais qui va protéger le marché si ce n’est l’intervention de l’état?

    De plus rien ne prouve que la concurrence d’une multitude de petites d’entreprises soit plus efficace que la coopération au sein d’une grande en terme d’innovation et de rendement. L’auteur lui même se contredit en début d’article…

    • Une grande entreprise sans concurrent à tendance à s’ankyloser, la gestion se détériore et elle se coupe de ses clients.

      Les grandes entreprises sont nécessaires. Mais la concurrence l’est aussi. une grande entreprise a des qualités et des défauts, tout comme une petite. Tout dépend du marché, de sa taille, de ses spécificités…

      « Encore le mythe de la concurrence parfaite. Mais qui va protéger le marché si ce n’est l’intervention de l’état? »

      Je ne sais pas ce qu’est la concurrence parfaite. si l’état se borne à faire ça et à protéger l’individu, ça me va.

  • Les commentaires sont fermés.

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