Diverses non-annonces de la part du Premier ministre

Il apparaît clair que le changement fiscal n’est visiblement pas « pour demain ».

Lors d’une récente interview, Jean-Marc Ayrault a fait quelques « non-annonces ». Parmi celles-ci, il apparaît clair que le changement fiscal n’est visiblement pas « pour demain ».

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a confirmé hier matin sur RMC/BFMTV que les impôts allaient augmenter. C’est le contraire qui eut été une annonce.

« Ils augmenteront pour certains, et moins pour d’autres. » Outre le caractère « précis » de cette annonce, vous remarquerez que nous y apprenons au moins une chose : les impôts augmenteront pour tout le monde, ce qui semble être déjà une rupture par rapport au discours de campagne qui laissait entendre que seuls les riches paieraient.

« Ils augmenteront pour les plus riches, pour ceux qui peuvent contribuer », a indiqué le Premier Ministre, en mettant en avant ses deux priorités : « progressivité de l’impôt sur le revenu » et « justice fiscale ». Nous sommes heureux d’apprendre que le barème de l’IRPP n’est actuellement pas progressif et, bien évidemment, attendons avec intérêt d’en savoir un petit peu plus sur la définition gouvernementale du terme « justice ».

Il a toutefois écarté tout « big bang fiscal ». Nous voilà prévenus, la grande réforme fiscale n’est pas à l’ordre du jour. Le changement fiscal n’est visiblement pas « pour demain ».

Deux mesures ont été évoquées lors de cet entretien : un plafonnement global des niches fiscales fixé à 10 000 euros par an et le plafonnement des parts de quotient familial qui serait abaissé pour les revenus supérieurs à 6 fois le SMIC [1].

Par ailleurs, Jean-Marc Ayrault a confirmé, comme l’avait fait hier Cécile Duflot, le doublement du plafond des dépôts du livret A, sans toutefois, pouvoir en préciser la date [2].

Dernière « information », une vraie, cette fois, le Premier ministre a annoncé prévoir le maintien des heures supplémentaires défiscalisées pour les très petites entreprises, sans pour autant préciser le seuil de salariés. Un ralliement tardif au « travailler plus pour gagner plus » ?

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Sur le web.

  1. Nous préparons un article sur les conséquences désastreuses de la suppression de la « niche » Scellier
  2. Nous avons déjà eu l’occasion de commenter cette information le mois dernier.