Le Redressement productif, notre nouvelle doctrine mercantiliste

La plus grande surprise du nouveau gouvernement fut, à mes yeux, le ministère du redressement productif. Cette appellation très maoisante, de redressement productif, ne peut que me rappeler l’ époque du grand bond en avant.

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Le Redressement productif, notre nouvelle doctrine mercantiliste

Publié le 26 mai 2012
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La plus grande surprise du nouveau gouvernement fut, à mes yeux, le ministère du redressement productif. Cette appellation très maoïsante de redressement productif ne peut que me rappeler l’époque du Grand Bond en avant.

Par l’auteur du site Bobo Libéral.

La plus grande surprise du nouveau gouvernement fut, à mes yeux, le ministère du redressement productif. Je ne me réfère pas au ministère lui-même, qui dans les faits doit peu différer de son prédécesseur, dont le nom devait être ministère de l’Économie, mais à cette appellation très maoïsante de redressement productif, qui ne peut que me rappeler l’époque du Grand Bond en avant.

En fait cela n’a rien de surprenant ; nous avons affaire ici à une concoction sémantique si typique de nos penseurs socialistes pour tenter de changer la réalité en la nommant différemment.

On imagine sans peine, avec ce nom pétri de nationalisme économique, se dresser sur nos plaines de grandes usines, crachant des volutes de fumée depuis des cheminées de fer, leurs fenêtres rougeoyant de la lueur émise par le métal en fusion, leurs entrailles résonnant du bruit des marteaux frappant le fer avec la régularité d’un métronome. Ce serait un spectacle digne des anciennes aciéries de Longwy. Et sortirait de ces temples industriels une cohorte d’ouvriers, avançant en rang serré, à pas cadencé, en entonnant un hymne à la gloire de notre industrie hexagonale.

Et nous produirions plus pour assurer le salut des générations à venir. Ce serait l’époque du redressement productif, et j’entends déjà grincer les dents des sectaires de la décroissance et des objecteurs de croissance.

Évidement les choses ne sont pas si simples. La productivité ne consiste pas simplement à suer abondamment au travail, ni à produire le plus d’unités du même bien à l’heure, ce serait trop facile. Faut-il encore que cela ait de l’utilité. Et l’utilité d’un bien ne se mesure qu’au service qu’il rend, c’est-à-dire s’il répond au final à la demande des consommateurs ; de vous et moi en somme. Et seuls ceux-là, ces consommateurs, décident de ce qui est utile de ce qui ne l’est pas. Et le processus qui détermine cela est la loi de l’offre et de la demande, qui fixe un prix au bien, et si celui-ci est supérieur au coût de production, lui-même fixé par cette même loi de l’offre et de la demande, alors seulement dans ce cas la création du bien est productive.

En somme, il faut faire un profit. Et c’est bien logique, si on éprouve des pertes, c’est que l’on n’a rien produit. Pire, on a détruit du capital.

Corollaire amusant de cette règle : parfois on peut se lancer dans un travail long et pénible, qui pourrait sembler très productif, et en tirer un faible bénéfice, et à l’inverse engranger un grand bénéfice dans un travail plus court et aisé, alors qu’on a semblé bien oisif en comparaison. Et pourtant on a été plus productif dans le second cas que dans le premier, alors que l’on a paradoxalement moins travaillé. Le marché n’attache pas d’importance à la quantité de sueur émise.

Et ce n’est que par le jeu de la libre entreprise et du libre marché, que l’entrepreneur-capitaliste va dénicher ces opportunités de profits, en répondant à la demande des consommateurs, et les exploiter au mieux. En revanche, on peut légitimement douter que, dans l’ambiance feutrée des cabinets ministériels, derrière un bureau, assis sur une chaise Louis XV, un technocrate de n’importe quel acabit, ou un Montebourg bien engoncé dans ses habits de Colbert du 21e siècle, puisse à coup de circulaires, et malgré une abondance de sueurs sur le front, répondre à la demande de ces consommateurs et être en quoi que ce soit productif, et ni de loin ou de près contribuer à ce redressement productif tant désiré. Si peut-être, dans un seul cas : s’il s’abstenait de faire quoi que ce soit.

Ne rêvons pas, « le laisser faire, laisser passer » n’est pas encore de mise dans notre pays et comme à l’accoutumé, la seule productivité qui se redressera sera celle des directives et des législations aussi stupides qu’inutiles, dont on verra les montagnes de paperasserie s’accumuler dans les administrations.

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