Les golden parachutes des élus québécois

Les députés québécois qui démissionnent touchent une indemnité de départ de plus de 100 000 dollars. Pourtant quelque chose me dit que la « transition » d’un chômeur ordinaire peut parfois être plus difficile que celle d’un haut placé du Parti libéral.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Golden Parachutes - Parachutes dorés

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Les golden parachutes des élus québécois

Publié le 17 mai 2012
- A +

Les députés québécois qui démissionnent touchent une indemnité de départ de plus de 100 000 dollars. Pourtant quelque chose me dit que la « transition » d’un chômeur ordinaire peut parfois être plus difficile que celle d’un haut placé du Parti libéral.

Par David Descôteaux, depuis Montréal, Québec.

C’est un détail, direz-vous, dans cette saga qui déchire le Québec. Mais c’est un détail que se fait un devoir de souligner, puisque c’est son travail, la Ligue des contribuables du Québec.

L’ex-ministre de l’Éducation Line Beauchamp recevra, même si elle a démissionné, une indemnité estimée à 150 000 $. Pour l’aider dans sa « transition ». Ces indemnités de départ — même quand un député décide lui-même de quitter avant la fin de son mandat, répétons-le — sont désormais chose courante. Sauf que leur montant est confidentiel. La Ligue doit calculer elle-même cette indemnité.

Évidemment, je ne vous apprends rien en disant que les travailleurs qui quittent volontairement leur emploi n’ont pas droit à l’assurance chômage. Et quelque chose me dit — mon petit doigt, tiens — que la « transition » d’un chômeur ordinaire peut parfois être plus difficile que celle d’un haut placé du Parti libéral.

Mais trêve de cynisme. Plusieurs s’accordent pour dire que Mme Beauchamp ne l’a pas eu facile. Mérite-t-elle cette prime de départ? Je vous laisse juger.

En fait, ce qui tique, ce n’est pas l’indemnité de Mme Beauchamp en soi. C’est plutôt que, comme le souligne la Ligue, c’est la neuvième élue à démissionner depuis la dernière élection générale, soit depuis trois ans et demi. Ces départs coûtent de l’argent aux contribuables. Car en plus des indemnités à verser, il faut remplacer le député. Et chaque élection partielle coûte près de 600 000 $ aux Québécois. « Concrètement, la facture pour remplacer les neuf démissionnaires attendra donc 6,61 millions $ », écrit la Ligue dans un communiqué.

Et ce qui tique encore plus, c’est quand on apprend que Tony Tomassi, un autre député démissionnaire, recevra une indemnité de départ de 122 000 $, selon la Ligue. Le cas de M. Tomassi apparaît, disons, inconvenant. Non pas à cause de ses histoires de cartes de crédit, de garderies et des accusations contre lui, mais à cause de son absentéisme depuis deux ans. « Il est déjà troublant qu’il ait reçu son salaire même s’il ne s’est presque jamais présenté à l’Assemblée nationale depuis son expulsion du caucus libéral, en mai 2010 », écrit Claire Joly, directrice générale de la Ligue. Le député caquiste Éric Caire a d’ailleurs réclamé une enquête du commissaire à l’éthique en raison des absences prolongées de M. Tomassi au Salon bleu.

La Ligue espère que M. Tomassi remboursera, d’une façon ou d’une autre, son indemnité de départ et son salaire des deux dernières années. « Il en va de la confiance des citoyens envers la classe politique. » Bonne chance avec ça.

Revenons à Mme Beauchamp. Elle a le droit de démissionner. C’est son choix et tous doivent le respecter. Mais comme l’écrit Mme Joly, si l’on juge que nos politiciens ne sont pas assez payés vu leurs responsabilités, on devrait faire ce débat. Plutôt que de tolérer l’existence de primes à la démission dont les montants sont gardés loin des yeux du public.

Oui, il y a des choses plus urgentes à régler en ce moment. Et les primes de départ de politiciens qui démissionnent sont une goutte d’eau dans l’océan de nos dépenses. Mais en cette ère où chacun doit faire sa « juste part », il faudra se pencher sur cette question un jour ou l’autre.

Sur le web

Voir le commentaire (1)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (1)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
0
Sauvegarder cet article

Par Éric Verhaeghe.

[caption id="attachment_220142" align="aligncenter" width="640"] Michel Combes credits Alcaltel-Lucent (CC BY-NC-ND 2.0)[/caption]

L’affaire Alcatel (14 millions d'euros de golden parachute pour Michel Combes, directeur général partant) se situe entre le marronnier de rentrée (chaque année, entre septembre et novembre, l’actualité traite d’au moins un cas de patron touchant le jackpot en quittant ses fonctions) et la dispute du vieux couple hystérique : on sait à l’avance ce qui va se dire, et on sent bien qu... Poursuivre la lecture

vote obligatoire
0
Sauvegarder cet article

Ce dimanche est un jour d'élections. Certains d'entre vous iront donc aux urnes, feignant de croire exprimer ainsi leur avis sur la gestion départementale. Peut-être est-ce donc le moment de rappeler quelques fondamentaux qui remettront les décisions de nos élus dans leur juste perspective historique, afin d'éviter, par exemple, qu'on nous ressorte l'inénarrable "on ne savait pas" une fois les élections passées.

On pourrait déjà noter qu'un nombre conséquent de nos actuels élus, conseillers généraux en place depuis plusieurs longues an... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

Le regard de René Le Honzec.

En 1989, le jeune Hollande se vantait du fait que, s'il n'était député, il redeviendrait conseiller à la Cour des Comptes, où il gagnait 15 000 francs par mois, et même 20 500 s'il bossait sur quelques rapports (vidéo célèbre sur Youtube). Je ne vais pas prendre la peine de vérifier combien de temps il a pointé à ladite Cour, mais je peux vous dire qu'il s'est préparé un matelas de 3 473 euros nets mensuels de retraite. Ne gâchons pas le plaisir d'ajouter qu'en tant que parlementaire, c'est 6 208 eu... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles