Pourquoi j’ai soutenu Sarkozy en 2007 et pas en 2012

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Très nombreux sont les libéraux qui ont voté pour le réformateur Sarkozy en 2007 et, devant le bilan du quinquennat, ne l’ont pas soutenu en 2012. La défaite du candidat UMP face à François Hollande leur doit beaucoup. Pour éclairer ces choix, Contrepoints a donné la parole à un d’entre eux.

Très nombreux sont les libéraux qui ont voté pour le réformateur Sarkozy en 2007 et, devant le bilan du quinquennat, ne l’ont pas soutenu en 2012. La défaite du candidat UMP face à François Hollande leur doit beaucoup. Pour éclairer ces choix, Contrepoints a donné la parole à l’un d’entre eux.

Par Matthias Huberschwiller.

Nicolas Sarkozy est arrivé en 2007 comme candidat réformateur. Il devait être celui qui réformerait la France, engluée dans un État-providence énorme, dans un système social trop lourd pour sa compétitivité, dans des règlementations du travail trop lourdes pour avoir un taux de chômage faible et une croissance forte.

Beaucoup de libéraux à l’époque l’ont soutenu. Certains, dont moi-même ont fait campagne pour lui, pensant que les réformes nécessaires à notre pays ne pouvaient venir que d’un candidat réformateur de droite, un peu à la manière de Margaret Thatcher en 1979, qui est arrivée à la tête d’un Royaume-Uni ruiné par 30 ans de socialisme.

Son programme était de restaurer le travail, la compétitivité des entreprises, de libérer les forces de travail en France, de diminuer le poids de l’administration que supportent les entreprises. 5 ans après, qu’en est-il de ces promesses ?

La dépense publique a explosé ! De nouvelles taxes et impôts ont été créées ! La promesse de diminuer le nombre de fonctionnaires n’a pas été tenue ! La réforme du code du travail tant attendue, et si importante pour notre compétitivité a complètement été abandonnée !

Le candidat Nicolas Sarkozy en 2012 a été fidèle à ce qu’il a été durant ce quinquennat. Le candidat réformateur de 2007 n’est pas réapparu. Son projet était de continuer dans la droite ligne de ce qui a été fait pendant 5 ans : hausse des impôts et taxes, augmentation du poids de l’État, dépenses publiques toujours plus importantes pour satisfaire sa clientèle électorale.

Nicolas Sarkozy en 2012 n’avait plus aucun lien avec le libéralisme, mais était un conservateur socialiste. Conservateur sur les questions de société, conservateur dans sa volonté de réguler l’immigration. Socialiste dans sa volonté de toujours plus d’État dans l’économie, dans sa volonté de toujours plus vouloir réguler la vie des français à leur place.

Lorsque la dépense publique en France atteint 57% du PIB, et que l’on est en crise, on ne peut pas dire que c’est parce que l’intervention est trop faible ! Un candidat de la droite et du centre, pour pouvoir gagner en 2017, devra faire le constat, que l’interventionnisme à outrance à échoué ! Que les recettes du passé, de toujours dépenser plus, réguler plus, ont échoué ! Que la seule alternative pour la France est dans plus de liberté et plus de responsabilité ! C’est seulement comme ça que la France pourra sortir de la crise ! Il faut reconstruire une opposition crédible au socialisme, et non pas faire dans la surenchère de socialisme !