Le centre droit c’est nous !

Pour l’auteur, les libéraux doivent reconstruire le centre droit car il leur appartient. Que les ultra étatistes du centre, et notamment François Bayrou mais pas seulement lui, se rendent ailleurs. Les choix qui s’offrent à eux ne manquent pas d’ailleurs.

Pour l’auteur, les libéraux doivent reconstruire le centre droit car il leur appartient. Que les ultra étatistes du centre, et notamment  François Bayrou mais pas seulement lui, se rendent ailleurs. Les choix qui s’offrent à eux ne manquent pas d’ailleurs.

Par Bruno Lévy.

Appelons un chat un chat : Nicolas Sarkozy fut, tout comme ses adversaires de gauche et d’extrême droite le sont encore, un partisan de l’État fort, un ultra étatiste.

En refusant de rompre avec cette logique de l’État fort, Nicolas Sarkozy a précipité sa défaite de deux façons : il s’est battu sur le terrain de ses adversaires et il a cru, et fait croire, qu’ont peut redresser le pays en se contentant de placer des rustines sur un État providence surgonflé d’endettement et qui asphyxie l’économie en taxant tout.

L’élection la plus importante de ce soir n’est pas celle qui a eu lieu en France mais celle qui voit la nation grecque se désintégrer. Le trop d’État n’est pas seulement un inconvénient, son surpoids n’est pas seulement une variable à ajuster. Non le trop d’État ronge progressivement les forces civiles d’une nation, déresponsabilise des franges entières de la population pour ensuite lâchement les abandonner quand il s’agit de rembourser les dettes.

Il ne s’agit pas de comparer la Grèce à la France, mais qui peut affirmer que la politique économique pratiquée durant ces deux dernières années en Grèce ne sera pas celle  que nous connaîtrons en France : caisses vides, investisseurs suspicieux, marges de manœuvre ultra réduites, coupes à la serpe dans les budgets pour tenter de réduire la part de l’État (et ce malgré les promesses du contraire faites par le président à peine élu durant sa campagne), mauvais arbitrages, chômage de masse et désarroi profond d’une grande partie de la population qui se sentira de plus en plus abandonnée.

On ne guérit un mal qu’en s’en prenant à sa cause. Et ceci seuls nous les libéraux sommes capables de le faire. L’enjeu des prochaines années n’est donc pas, comme vient de le dire le nouveau président de la république dans son discours de Tulle,  de « redresser la production pour sortir le pays de la crise », ni même de « réduire notre déficit pour maitriser la dette »  et encore moins « d’assurer à tous le même accès aux services publics ».

L’enjeu c’est de faire en sorte que les forces vives de ce pays, et il y en a de nombreuses, puissent enfin retrouver leur capacité d’action libre et responsable. Ne parlons donc pas de production, parlons entrepreneuriat. Ne parlons pas de maitrise de la dette, mais d’État qui n’assiste plus et donc qui ne sur-dépense plus. Ne parlons pas d’égalité d’accès aux services publics mais plutôt libérons les énergies des Français en les laissant libres de disposer de leur salaire complet sans se voir retirer des charges sociales prohibitives et de moins en moins protectrices.

La Grèce nous indique quel est le grand scandale à venir contre lequel il faut se prémunir : l’abandon de la nation par les élites politiques sans visions, qui ne faisaient des promesses de providence et de justice sociale que pour renforcer le pouvoir d’un État prédateur.

Ne pleurons donc pas la défaite de la droite interventionniste et tirons la vraie leçon de cette élection : la nécessité absolue, car nationale, que se reconstruise un vrai centre droit libéral, digne de ce nom, fier de ses valeurs de tolérance, de liberté et de responsabilité individuelle (telles que décrites par exemple dans l’excellente charte libérale rédigée par l’Union des Libéraux) et ultra combatif contre les solutions à base d’État fort que prône la gauche comme l’extrême droite et… l’UMP.

La sainte colère doit monter chez les libéraux : commençons par reconstruire le centre droit car il nous appartient. Que les ultra étatistes du centre, et notamment  François Bayrou mais pas seulement lui, se rendent ailleurs. Les choix qui s’offrent à eux ne manquent pas d’ailleurs. Ils n’ont qu’à rejoindre le parti socialiste, l’UMP, ou même le front national. Mais qu’ils arrêtent de dénaturer notre espace politique en l’occupant à notre place. Il n’y a pas, il ne peut y avoir de centre droit qui ne serait pas libéral.