Bayrou se trompe

Le Parisien libéral passe en revue les caractéristiques morales et politiques des deux candidatures aux présidentielles à l’aune des critères énoncés par François Bayrou et constate que celui ci a choisi d’accorder son suffrage au candidat le plus éloigné de ses principes.

L’auteur passe en revue les caractéristiques morales et politiques des deux candidatures aux présidentielles à l’aune des critères énoncés par François Bayrou et constate que celui ci a choisi d’accorder son suffrage au candidat le plus éloigné de ses principes.

Un article du Parisien libéral.

Pauvre François Bayrou ! Finir par soutenir une majorité de gauche et d’extrême gauche, parfait symétrique d’une partie de la coalition de droite et d’extrême droite, ultra interventionniste et ultra étatiste qui s’apprête à soutenir le Président sortant.

Voir Bayrou tomber dans le piège de la bipolarisation (et tomber du pire coté, en plus) est d’autant plus navrant que, sans même mentionner le fait que les centristes ont toujours gouverné à droite, ce qu’on reproche sur le plan politique ou personnel à Sarkozy est aussi présent chez Hollande, en pire.

Course aux extrêmes : Tout comme Sarkozy fait une honteuse et regrettable course aux extrêmes, Hollande va s’appuyer sur les détestables voix de Mélenchon (dont les partisans appellent au retour de la guillotine et à la fin du droit de propriété), de Montebourg (qui pense que les principes de respect des lois sur le recel valent moins que les résultats de chasse aux contribuables) et aussi de la fille à papa de Saint Cloud (Hollande a déclaré « nous devons entendre les électeurs du FN » (source L’Express). Ah bon ? Ce ne sont pas des racistes, extrémistes ?).

Valeurs : On sait que celles de Nicolas Sarkozy sont fluctuantes. Mais quelles sont celles de François Hollande, un homme frappé d’amnésie face à une femme agressée par l’un de ses amis politiques (cf. affaire Tristane Banon, source Rue 89), un homme qui ment à son propre parti et à ses électeurs puisqu’il affirme ne pas être lié au CAC40, ce qui est faux ?

Comportement personnel : On reproche à très juste titre l’affaire de l’EPAD, l’affaire du scooter du prince Jean et autres dérives. Est-ce que François Hollande va regretter publiquement que la police ait mis en œuvre des moyens disproportionnés dans l’affaire du scooter de Thomas Hollande ? Va-t-il expliquer ses montages fiscaux à base de SCI dans tous les sens alors qu’il serait si simple de faire des chèques à Bercy, lui qui est fan de la dépense publique ? Va t-il dénoncer ses amis de gauche qui bénéficient du bouclier fiscal ?

Sur le fond : Est-ce que Bayrou a entendu François Hollande parler d’Europe fédérale avec un président de la confédération élu au suffrage universel direct ? A-t-il entendu parler de recentrage de l’État sur ses seules missions régaliennes, les autres fonctions pouvant être privatisées ou dévolues aux ONG ? A-t-il compris comment Hollande allait équilibrer les comptes publics ? A-t-il seulement compris quel était le projet de Hollande en matière d’éducation, au sens de vision, derrière les 60 000 recrutements de profs annoncés ?

Rien n’est joué. D’ici dimanche, une surprise est encore possible. Mais le geste de Bayrou vis-à-vis des valeurs centristes, libérales démocrates de l’ex UDF, qui aurait dû pousser le béarnais à se prononcer en faveur du vote blanc ou du vote en faveur de Frédéric Bastiat, restera dans les mémoires.

Comment peut-on, à juste titre, refuser d’être associé à la fille à papa de Saint Cloud, à Patrick Buisson ou à Guillaume Peltier, et se retrouver à soutenir un candidat entouré par Jean-Luc Mélenchon (protectionniste), Manuel Valls (qui veut plus de blancos, de white à Évry) ou Najat Belkacem (lire Najat Belkacem chahutée sur l’esclavageLyon Capitale) ? Comment peut-il soutenir ce fils de poujadiste élevé à Neuilly ? Comment peut-il vouloir voter pour celui dont l’ex-compagne affirme qu’en 30 ans de vie commune, il n’a jamais pris une seule décision ?

Belle ironie de l’histoire : si Hollande est élu, avec les voix du FN et de Mélenchon, donc, nous aurons à la fois :

  • plus d’État, et ce à un moment où la technologie (Hadopi, Loppsi, carte d’identité biométrique, vidéo surveillance) et le droit légal (secret défense, lois anti terroristes) ou le droit du plus fort (police, fisc) rendent la matrice plus puissante que jamais,
  • la concentration totale des pouvoirs (Élysée, régions, départements, Paris, Lyon, Sénat…),
  • des ultra étatistes, anti européens et protectionnistes convaincus, au sein des palais nationaux.

Pour toutes celles et tous ceux qui refusent cet étatisme de gauche ou de droite qui nous promet toujours plus d’impôts, toujours plus de lois, toujours moins de libertés, les libéraux (Alternative Libérale, Gauche Libérale, Nouveau Centre, les libéraux du Modem, les Réformateurs, Parti Libéral Démocrate) seront toujours le Nord de la boussole d’un paysage politique français définitivement calé sur l’anti libéralisme économique et sociétal à rebours de tout ce qui est fait partout ailleurs dans le monde.

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