« Hommage à la culture communiste »

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L’alliance de la gauche parlementaire française avec le communisme est presque permanente depuis plus d’un siècle et jamais démentie depuis près d’un demi siècle. Dernier exploit en date, celui de François Hollande qui à 9 jours du second tour des présidentielles a déclaré : « il y a une culture communiste et je voudrais lui rendre hommage ». Avec une ironie corrosive Thierry Guinhut nous rappelle ce qu’est le communisme et sa culture.

L’alliance de la gauche parlementaire française avec le parti communiste français est presque permanente depuis plus d’un siècle et jamais démentie depuis près d’un demi siècle. Dernier exploit en date, celui de François Hollande qui à 9 jours du second tour des présidentielles a déclaré : « il y a une culture communiste et je voudrais lui rendre hommage ». Avec une ironie corrosive Thierry Guinhut nous rappelle ce qu’est le communisme et sa culture.

Par Thierry Guinhut.

Chère culture communiste, nous te rendons et te rendrons hommage aujourd’hui et jusqu’à l’heure de notre mort, mieux encore, jusqu’à la fin des temps. Depuis ton message universel de 1848 en passant par ton accomplissement au XXème siècle, jusqu’à tes nostalgiques utopistes du XXIème.

Déjà, dans ta Genèse, ton bréviaire originel, ton Alcoran fondateur, ton Manifeste du parti de 1848, et pour libérer le prolétariat de l’exploitation bourgeoise, tu préconisais : « Expropriation de la propriété foncière », « Abolition du droit d’héritage », « Confiscation des biens de tous les émigrés et rebelles », « Centralisation du crédit entre les mains de l’État […], de tous les moyens de transport et de communication », « plan décidé en commun », « Travail obligatoire pour tous, constitution d’armées industrielles » [1]. Nous te savons gré d’éradiquer les libertés de propriété, d’entreprendre et d’expression, de nous fournir le carcan de la mise en commun. Nous saluons alors bien bas ta capacité à inspirer les despotismes et autres fascismes rouges.

Charnier découvert après le passage des khmers rouges
Charnier découvert après le passage des khmers rouges

Ensuite, dans ton Apocalypse, où « le total approche la barre des cent millions de morts » [2], nous louons tes archipels concentrationnaires, goulag et logaï, tes déportations de masse, ta lutte des classes meurtrière, tes procès ubuesques, tes basses famines et hauts faits d’armes, du bolchevisme de Lénine et Trotski en 1917 aux dynastiques Jong de la Corée du nord contemporaine, tes Pol pot génocidaires, tes Afrocommunismes entre Ethiopie, Angola et Mozambique [3], ta longue marche ou crève de Mao à la place Tian’anmen, ton Mur de Berlin, ton rideau de fer et tes chars de Budapest, ta collectivisation forcée, tes Che Guevara sanglants, tes Castro castrateurs, ton opus magnus lourd des 848 pages bien plombées du Livre noir du communisme.

De quelle culture communiste parle-t-on ? Des réalités drapées de sang établies par les historiens les plus inattaquables ou des piètres artistes et écrivains thuriféraires de cette idéologie ? Les Communistes ont eu, que l’on se rassure, jusqu’en France, leurs Céline : Eluard ou Aragon publiant des « Ode à Staline » [4], dans les années cinquante…

A-t-on enfin compris que cette utopie communiste bienheureuse, y compris à l’état fœtal dans La République de Platon ou dans L’Utopie de Thomas More, portait en germe les oppressions et les meurtres qui ont affecté sa réalisation historique ? Loin d’être un idéal confisqué par Staline ou Mao, qui auraient changé le paradis de la justice sociale communautaire en enfer sur terre, ravalant celui de Dante à l’état de pâle brouillon, la doctrine communisme, jumelle du Reich de mille ans fantasmé par le nazisme, de par son inévitable éradication des libertés individuelles, porte in nucleo sa propre condamnation. À la question « Ses buts ne pouvaient-ils être atteints que grâce à la violence la plus extrême ? » [5], il faut répondre en conscience : oui. Il faut hélas constater qu’entre de rouges tribuns candidats à la magistrature suprême jusqu’à des philosophes passablement à la mode (de quelle philosophie mortifère sont-ils le nom ?), qu’ils s’appellent Zizek ou Badiou [6], préconisant le retour à la terreur, l’illusion, ou plutôt la libido dominandi, cette pulsion de ressentiment, de pouvoir absolu et de coercition, sont aussi répandues que pérennes, malgré les leçons de l’histoire et son devoir de mémoire.

Même le moindre groupuscule d’extrême droite n’oserait publiquement rendre hommage à la culture fasciste, sous peine d’encourir la plus honteuse disqualification morale, voire physique, d’être couvert de la plus brune opprobre. Qu’un candidat socialiste à la présidence de la République française prétende « rendre hommage à la culture communiste » et à ses drapeaux couverts de sang en dit long sur la cécité à sens unique de la plus grande part de notre société et de notre intelligentsia. Faute d’aggiornamento, la gauche n’a pas conscience que la seule pourpre qui lui siérait bien serait celle de la honte, quand seul le capitalisme libéral honni, même imparfait et entravé, a permis à une immense majorité de la population mondiale d’accéder à un niveau de richesse et de liberté jamais atteint dans l’histoire…

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Sur le web.

  1. Karl Marx : Manifeste communiste, in Philosophie, Folio essais, 2003, p 424 et 425.
  2. Le Livre noir du communisme, sous la direction de Stéphane Courtois, Robert Laffont, 1997, p 14.
  3. Ibidem, p 743.
  4. On pardonnera ma bibliothèque de ne pas héberger ces textes. Voir cependant : link
  5. Ibidem p 795.
  6. Voir par exemple d’Alain Badiou : Logiques des mondes, Seuil, 2006.