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François Hollande doit gagner

Publié le 22 avril 2012
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Il est souhaitable que François Hollande remporte l’élection présidentielle en vertu de la “Règle ‘Richard Nixon’ de Désinfection” : il est préférable de laisser le parti de gauche gagner lorsque le parti supposément de droite n’a qu’un candidat étatiste.

Par Daniel Mitchell, États-Unis.

Je reçois régulièrement des emails me demandant quel candidat à la présidentielle je supporte. La plupart se plaignent que je critique Romney, Santorum, Gingrich, etc., et se demandent si j’aime quelqu’un.

En règle générale, je ne réponds pas parce que je travaille dans un think-tank et que nous ne sommes pas supposés nous impliquer en politique, en vertu des règlements du fisc. Mais j’ai trouvé une échappatoire et le temps est venu pour moi d’annoncer mon candidat préféré pour les élections présidentielles 2012. Et je fais cette annonce tant attendue alors même que je ne voterai pas.

Je veux que le peuple choisisse François Hollande.

Qui est Mister Hollande, me demanderez-vous ? Eh bien, en fait, il s’agit de Monsieur Hollande (en français dans le texte, NdT), car je soutiens ici un candidat à l’élection présidentielle française.

Pour ceux d’entre vous qui suivent cette histoire, vous pouvez vous demander pourquoi je préfère Monsieur Hollande. Après tout, c’est le candidat du Parti Socialiste Français.

Lisez ces extraits de la page éditoriale du Wall Street Journal et vous commencerez à comprendre pourquoi. Commençons par un rapide coup d’œil à la situation française :

Les Français vont voter dimanche pour le premier tour des Présidentielles, mais vous ne savez sans doute pas que les candidats sont en lice pour l’élection la plus importante en Europe depuis le début de la crise économique… les postulants à l’Élysée — incluant M. Sarkozy — se racontent d’une façon ou l’autre des contes de fées… L’économie française est dans une crise grave sinon aigüe… La croissance française stagne depuis cinq ans. Les coûts du travail ont constamment grimpé depuis plus de dix ans, et les taux de chômage forts sont devenus chroniques. Un quart des jeunes français sont sans emploi.

Et voici ce que nous savons du président sortant, supposément centre-droit, Nicolas Sarkozy :

Nicolas Sarkozy, le président sortant de centre droit, propose de réduire de déficit budgétaire en augmentant les taxes et impôts au nom de la “solidarité.” En plus des augmentations de taxes sur les impôts des sociétés et sur le revenu, déjà passées, et de la surcharge de 4% sur les hauts revenus, M. Sarkozy a aussi promis une “exit tax” sur les citoyens français qui s’expatrient, censément pour compenser la perte d’impôts lorsque ces hauts revenus quittent le pays… M. Sarkozy propose de réduire les charges patronales mais compenserait en augmentant la TVA et les impôts sur les investissements. Ceci en supposant qu’il reste des investissements en France après la taxe sur les transactions que M. Sarkozy compte mettre en place en Août.

En d’autres mots, Sarkozy est un étatiste. Mais vous le saviez déjà si vous avez lu ceci, ceci, ceci,ceci, ou cela.

Bien. Quelle est l’alternative ? Eh bien il n’y en a pas :

Le rival socialiste du président est une autre sorte de retour en arrière. La campagne que François Hollande a adoptée illustre un vieux style de gauche que la plupart aurait déclaré mort après la défaite des Socialistes en 2007. Tout, dans la politique économique de M. Hollande, prend racine dans un populisme punitif qui ferait rougir les tenants de la lutte des classes au Congrès américain… M. Hollande explique aux riches qu’il n’est « pas dangereux » — il veut simplement confisquer 75% de leur revenu au delà d’1 million d’euros, et 45% au delà de 150,000€. Cependant, il est, de son propre aveu l’ “ennemi” du monde de la finance, et il projette des sanctions supplémentaires sur les compagnies pétrolières et les sociétés financières. Il veut aussi augmenter les impôts sur les dividendes et imposer un nouveau taux de TVA sur les biens de luxe.

Pour être franc, le pauvre peuple de France est baisé, quel que soit le candidat choisi. L’État va encore grossir, les impôts vont grimper, le chômage va augmenter et le niveau de vie va continuer à stagner.

Compte-tenu de cette triste perspective, je préfèrerai malgré tout que le parti de gauche remporte les élections.

Mon raisonnement est simple et j’ai même décidé de créer une nouvelle règle pour commémorer cette analyse, la “Règle ‘Richard Nixon’ de Désinfection” qui veut qu’il est préférable de laisser le parti de gauche gagner lorsque le parti supposément de droite n’a qu’un candidat étatiste.

J’ai nommé cette règle d’après Nixon pour la raison évidente que c’était l’un des pires présidents dans l’histoire de l’Amérique. Et je ne compte même pas le scandale du Watergate et sa démission ultérieure. Je fais référence aux dépenses, aux impôts, régulations, et interventionnisme. Il n’y a pas besoin d’expliquer en quoi Sarkozy est une version française de Nixon. Ou de Bush.

En conséquence, si les Français doivent être dirigés par un étatiste, autant que ce soit Hollande. De cette façon, il y a au moins une petite chance que le parti qui se prétend de centre-droit revienne sur Terre et offre une vraie alternative à la prochaine élection.

D’ailleurs, c’était mon état d’esprit lorsque, plus jeune, je voulus que Jimmy Carter batte Gerald Ford. J’avais imaginé que c’était le meilleur moyen d’avoir ensuite Ronald Reagan.

—-
Traduit de l’anglais, reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Voir les commentaires (27)

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  • Avec cette règle, les électeurs de Mélanchon devraient voter pour Sarkozy au second tour, dans ce cas ?

  • Sachant que les alternatives etaient J.F Cope, Fillon, ou Jupe… Je doute que votre analyse soit en notre faveur. On ne trouvera ici, a l’UMP, que des etatistes…

    • Oui, nos visionnaires de droite, après une défaite estime que leur erreur était de ne pas être assez à gauche …

  • Assez d’accord avec la conclusion.

  • On en arrive tout de même à se pourrir 5 années (merci le referendum pour un quinquennat ) uniquement pour espérer que la droite (si elle existe encore ) va se ressaisir . Je pense malheureusement à une autre possibilité que l’Histoire de France ne me contredira pas : une montée de l’extrême droite comme durant les années Mitterrand et pourquoi pas une montée de l’extrême gauche grâce (à cause) à Mélenchon prétextant une France trop peu sociale et un Etat trop peu tutélaire dans la recherche du bonheur de ces citoyens pour reprendre les propos de Tocqueville dans De la démocratie en Amérique . Mais bon on peut toujours espérer un renouveau comme le fait l’auteur de cet article … à la seule différence près que lui ne vivra pas en France durant le quinquennat Hollande !

  • Monsieur Mitchell vous vous faites des illusions sur la France. Elle est tellement vérolée par les socialo-trotskistes (ce que les USA sont loin d’être) qu’elle n’a absolument aucune chance de voir l’élection d’une Thatcher ou d’un Reagan à la Présidence. Absolument aucune.

    • Tout à fait d’accord, d’autant que ces socialo-trotskistes sont très très protégés, ont des salaires indemnités,cumuls multiples, etc, qui ne les poussent pas à changer quoi que ce soit. (voir « Nomenclature » )

  • Cette analyse suppose que le libéralisme ne peut prendre racine qu’à droite ce qui est précisément le postulat contesté par une gauche libérale.
    La stratégie évoquée consiste à soutenir un candidat étatiste de gauche dans l’espoir de voir poindre une alternative libérale de droite.
    Il faudrait donc attendre cinq ans d’étatisme de droite puis cinq ans d’étatisme de gauche en espérant que l’opinion de droite comprenne, d’un seul coup, « magiquement » que l’échec des étatistes de gauche n’est pas du au fait qu’ils sont de gauche, mais au fait qu’ils sont étatistes.
    Et les étatistes de droite renoncerait au pouvoir sans utiliser leurs arguments traditionnels contre la gauche. Leurs élus renonceraient à leurs postes et à leurs prérogatives en s’effaçant docilement devant la société civile… irréaliste !
    Non, ce type de stratégie ne marchera pas tant que les idées libérales n’auront pas progressé à droite ET à gauche.

    • Non, l’argument c’est que si Sarkozy reste au pouvoir, cela va surtout conforter les socialistes a croire que leurs méthodes sont la solution, et que sarkozy a coulé la france parcequ’il est de « droite ultraliberal » selon leur mots.

      Donc le calcul est simple, si sarkozy est réélu, on aura eu 5 ans d’étatisme en 1er mandat, puis 5 ans d’étatisme en 2nd mandat, puis probablement 5 ans encore d’étatisme, si le peuple décide de changer de bord.

      En revanche si on a Hollande élu pour 5, il foncera dans son mur a pleine vitesse. Et le constat de l’échec de l’un et l’autre sera un moment idéal pour faire entendre des idées différentes.

      Il est sur qu’il n’y aura pas de magie, et que ça ne va pas arriver par magie. Il faudrait surtout que les libéraux français « infiltre » la classe politique, de manière a pouvoir former un parti qui ait une chance de compter dans les élections.

      D’ailleurs avoir une multitude de micro-parti libéraux a droite et a gauche est contreproductif, autant avoir un point central pour organiser la diffusion et le débat d’idée.

  • Oui, F. Hollande doit gagner. S’il met en oeuvre son programme, la faillite de la France arrive très vite et le pays sera mis sous tutelle du FMI ou de Bruxelles avec un gouvernement type Mario Monti.
    Je crois que c’est aujourd’hui la seule sortie possible.

  • Vous voulez nous faire croire que si on vote Hollande dans cinq ans on aura un Reagan au pouvoir?

    C’est pas beau de nous faire rêver, aucun homme politique de droite de premier plan n’est libéral à ma connaissance.

  • facebook_franck.dargent
    6 mai 2012 at 22 h 29 min

    Peut-être…jouer avec le feu.

  • Les commentaires sont fermés.

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