François Hollande doit gagner

Il est souhaitable que François Hollande remporte l’élection présidentielle en vertu de la “Règle ‘Richard Nixon’ de Désinfection” : il est préférable de laisser le parti de gauche gagner lorsque le parti supposément de droite n’a qu’un candidat étatiste

Il est souhaitable que François Hollande remporte l’élection présidentielle en vertu de la “Règle ‘Richard Nixon’ de Désinfection” : il est préférable de laisser le parti de gauche gagner lorsque le parti supposément de droite n’a qu’un candidat étatiste.

Par Daniel Mitchell, États-Unis.

Je reçois régulièrement des emails me demandant quel candidat à la présidentielle je supporte. La plupart se plaignent que je critique Romney, Santorum, Gingrich, etc., et se demandent si j’aime quelqu’un.

En règle générale, je ne réponds pas parce que je travaille dans un think-tank et que nous ne sommes pas supposés nous impliquer en politique, en vertu des règlements du fisc. Mais j’ai trouvé une échappatoire et le temps est venu pour moi d’annoncer mon candidat préféré pour les élections présidentielles 2012. Et je fais cette annonce tant attendue alors même que je ne voterai pas.

Je veux que le peuple choisisse François Hollande.

Qui est Mister Hollande, me demanderez-vous ? Eh bien, en fait, il s’agit de Monsieur Hollande (en français dans le texte, NdT), car je soutiens ici un candidat à l’élection présidentielle française.

Pour ceux d’entre vous qui suivent cette histoire, vous pouvez vous demander pourquoi je préfère Monsieur Hollande. Après tout, c’est le candidat du Parti Socialiste Français.

Lisez ces extraits de la page éditoriale du Wall Street Journal et vous commencerez à comprendre pourquoi. Commençons par un rapide coup d’œil à la situation française :

Les Français vont voter dimanche pour le premier tour des Présidentielles, mais vous ne savez sans doute pas que les candidats sont en lice pour l’élection la plus importante en Europe depuis le début de la crise économique… les postulants à l’Élysée — incluant M. Sarkozy — se racontent d’une façon ou l’autre des contes de fées… L’économie française est dans une crise grave sinon aigüe… La croissance française stagne depuis cinq ans. Les coûts du travail ont constamment grimpé depuis plus de dix ans, et les taux de chômage forts sont devenus chroniques. Un quart des jeunes français sont sans emploi.

Et voici ce que nous savons du président sortant, supposément centre-droit, Nicolas Sarkozy :

Nicolas Sarkozy, le président sortant de centre droit, propose de réduire de déficit budgétaire en augmentant les taxes et impôts au nom de la “solidarité.” En plus des augmentations de taxes sur les impôts des sociétés et sur le revenu, déjà passées, et de la surcharge de 4% sur les hauts revenus, M. Sarkozy a aussi promis une “exit tax” sur les citoyens français qui s’expatrient, censément pour compenser la perte d’impôts lorsque ces hauts revenus quittent le pays… M. Sarkozy propose de réduire les charges patronales mais compenserait en augmentant la TVA et les impôts sur les investissements. Ceci en supposant qu’il reste des investissements en France après la taxe sur les transactions que M. Sarkozy compte mettre en place en Août.

En d’autres mots, Sarkozy est un étatiste. Mais vous le saviez déjà si vous avez lu ceci, ceci, ceci,ceci, ou cela.

Bien. Quelle est l’alternative ? Eh bien il n’y en a pas :

Le rival socialiste du président est une autre sorte de retour en arrière. La campagne que François Hollande a adoptée illustre un vieux style de gauche que la plupart aurait déclaré mort après la défaite des Socialistes en 2007. Tout, dans la politique économique de M. Hollande, prend racine dans un populisme punitif qui ferait rougir les tenants de la lutte des classes au Congrès américain… M. Hollande explique aux riches qu’il n’est « pas dangereux » — il veut simplement confisquer 75% de leur revenu au delà d’1 million d’euros, et 45% au delà de 150,000€. Cependant, il est, de son propre aveu l’ “ennemi” du monde de la finance, et il projette des sanctions supplémentaires sur les compagnies pétrolières et les sociétés financières. Il veut aussi augmenter les impôts sur les dividendes et imposer un nouveau taux de TVA sur les biens de luxe.

Pour être franc, le pauvre peuple de France est baisé, quel que soit le candidat choisi. L’État va encore grossir, les impôts vont grimper, le chômage va augmenter et le niveau de vie va continuer à stagner.

Compte-tenu de cette triste perspective, je préfèrerai malgré tout que le parti de gauche remporte les élections.

Mon raisonnement est simple et j’ai même décidé de créer une nouvelle règle pour commémorer cette analyse, la “Règle ‘Richard Nixon’ de Désinfection” qui veut qu’il est préférable de laisser le parti de gauche gagner lorsque le parti supposément de droite n’a qu’un candidat étatiste.

J’ai nommé cette règle d’après Nixon pour la raison évidente que c’était l’un des pires présidents dans l’histoire de l’Amérique. Et je ne compte même pas le scandale du Watergate et sa démission ultérieure. Je fais référence aux dépenses, aux impôts, régulations, et interventionnisme. Il n’y a pas besoin d’expliquer en quoi Sarkozy est une version française de Nixon. Ou de Bush.

En conséquence, si les Français doivent être dirigés par un étatiste, autant que ce soit Hollande. De cette façon, il y a au moins une petite chance que le parti qui se prétend de centre-droit revienne sur Terre et offre une vraie alternative à la prochaine élection.

D’ailleurs, c’était mon état d’esprit lorsque, plus jeune, je voulus que Jimmy Carter batte Gerald Ford. J’avais imaginé que c’était le meilleur moyen d’avoir ensuite Ronald Reagan.

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Traduit de l’anglais, reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur.