Gauche Droite même programme, mais pour qui voter dimanche ?

Gauche et droite communient comme jamais autour des valeurs de l’étatisme et de la société fermée. Quel choix reste-t-il pour un libéral pour le premier tour de la présidentielle dimanche?

Gauche et droite communient comme jamais autour des valeurs de l’étatisme et de la société fermée. Quel choix reste-t-il pour un libéral pour le premier tour de la présidentielle dimanche?

Par Frédéric de Harven, président d’Alternative Libérale.

Selon un dernier sondage, près de 30 % des Français sont encore indécis. Du jamais vu sous la Ve République, à moins d’une semaine de l’élection présidentielle !

Voilà bientôt un an que nous assistons à un faux débat dans le cadre de l’élection présidentielle ; de la viande halal, aux permis de conduire en passant par les horaires des piscines, presque tous les sujets d’importance secondaire ont été traités en omettant les problèmes de fond :  la dette publique française et européenne, la fiscalité, le rôle de l’Etat et des libertés individuelles. Malheureusement, ces questions demeurent encore aujourd’hui sans réponse sérieuse. Seuls des auteurs libéraux courageux osent les aborder alors que les médias français (a quelques rares exceptions) préfèrent passer ces sujets sous silence. Il n’y a qu’à voir la stupéfaction des médias étrangers pour comprendre le profond décalage entre les promesses populistes de nos candidats et la réalité présentée à l’étranger. Oui, la réalité n’est pas facile à entendre, mais elle est nécessaire pour voter en notre « intime conviction ». J’ai pourtant cru que l’article de The Economist « A country in denial » allait toucher notre orgueil et dynamiser la campagne, mais j’ai eu tort (NdContrepoints: la version française pour les non anglophones). Ignorer les questions fondamentales ne résoudra pas le problème. Expliquer en toute transparence aux Français les maux de notre pays est non seulement une marque de respect qui rendra de la crédibilité aux politiques, mais c’est aussi responsabiliser les citoyens. Les dernières prédictions du FMI de ce jour ne laissent guère planer de doute sur les efforts à faire dans les prochains mois, et sur le grand écart qu’il y a avec les promesses des candidats. Malheureusement, quand le ballon d’air chaud se dégonflera sur le roc des réalités en juillet 2012, les Français se sentiront une fois encore lésés et trahis, présageant des lendemains difficiles.

En 2012, les libéraux que nous sommes sont privés d’une candidature authentiquement libérale, désireuse d’arrêter des politiques publiques liberticides, de maintenir les libertés, de voter des budgets en équilibre, de réduire la dette et de limiter le rôle de l’Etat à ses fonctions régaliennes. Est-il envisageable que nous ayons un jour un candidat qui encourage et soutienne l’entreprenariat, libérant le travail de toutes ses contraintes juridiques et fiscales, seul véritable source de richesse pour notre pays? Est-il si difficile à comprendre et à expliquer qu’il faut plus de concurrence et de prospérité et moins d’Etat (donc moins de nationalisations) ? Je ne le pense pas. Cela demande simplement du courage politique. Ce message courageux, nous sommes plusieurs en France à le porter lors des élections législatives.

Dimanche prochain, vous aurez à faire le triste choix entre plus d’Etat, d’impôts et moins de libertés. Ce choix par défaut n’est pas évident, tant nous aurions souhaité entendre des propositions issues de nos valeurs. Ce choix de second tour, vous pouvez l’assumer dès le 22 avril date du premier tour de la présidentielle, ou bien soutenir la très intéressante initiative de Bastiat 2012. Car nous sommes, aujourd’hui, malheureusement loin des valeurs que nous partagons avec Frédéric Bastiat.

« L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » Frédéric Bastiat

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