La crise syrienne touche aussi le Liban

Alors que la révolution syrienne continue, les villages frontaliers libanais ressentent maintenant, eux aussi, les effets de cette insurrection.

Alors que la révolution syrienne continue, les villages frontaliers libanais ressentent maintenant, eux aussi, les effets de cette insurrection.

Ersal et Qaa sont deux petits villages situés à la frontière entre la Syrie et le Liban. L’un est majoritairement sunnite tandis que l’autre est chrétien et leurs situations ont évolué suite à la révolution syrienne. En effet,  la région est devenue une plaque tournante de la contrebande et un refuge pour les réfugiés syriens et les blessés fuyant les combats. Ces villages situés au niveau de la frontière nord subissent dès lors les attaques au mortier et les balles de l’armée syrienne.

« Les habitants d’Ersal nous entraine dans les problèmes en soutenant les terroristes syriens » a ainsi déclaré Saadeh Toun, ancien maire de Qaa, prétendant que les habitants d’Ersal hébergent les membres de l’armée syrienne libre.
Dans Ersal, les habitants se défendent de jouer un rôle dans le conflit. « Il n’y a pas de membre de la FSA dans la région. Le seul soutien que nous apportons à l’opposition sont les trousses de premiers soins, les médicaments et la nourriture. Nous n’avons pas pu passer quoi que ce soit dans ou hors des frontières la semaine passée » selon Abu Wadi, activiste syrien qui tient une clinique souterraine de l’autre côté de la frontière et responsable du chemin de fer clandestin. C’est aussi ici, à quelques kilomètres d’Hom que les militants syriens ont installé leur quartier général.

Les tensions entre les habitants de Qaa et ceux d’Ersal, dans une partie du territoire contrôlé par le Hezbollah, illustre aussi la déconnexion de ces villages par rapport au gouvernement central. Selon l’activiste libanais Abou Mohamed Ali Queid, près de 185 familles syriennes cherchent refuge à Ersal : « La plupart sont hébergées dans de la famille et sont les bienvenus jusqu’à la fin de la crise. Nous n’avons pas d’autre solution que de mettre des tentes sur des propriétés privées dans la mesure où le gouvernements n’a pas établit de camps de réfugiés officiels ». Comme quoi, l’aide entre population n’a pas besoin d’attendre la décision d’un ministre ou d’une administration.