La raison aurait-elle son parti ?

Le PDV, parti libertarien allemand fondé il y a deux ans, parviendra-t-il à prouver qu’il n’est pas qu’un simple parti de contestation comme celui des Pirates mais un vrai parti avec un programme économique en accord avec une économie de marché

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La raison aurait-elle son parti ?

Publié le 15 avril 2012
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Le PDV, parti libertarien allemand fondé il y a deux ans, parviendra-t-il à prouver qu’il n’est pas qu’un simple parti de contestation comme celui des Pirates mais un vrai parti avec un programme économique en accord avec une économie de marché.

Par Zébulon, depuis l’Allemagne.

Le « Parti de la raison » (Partei der Vernunft) est un parti libertarien allemand fondé il y a deux ans. Il s’engage pour la première fois dans une bataille électorale en Rhénanie du Nord-Westphalie pour avoir des représentants au parlement du Land et vient d’obtenir le nombre de signature nécessaire pour se présenter. Ce petit parti très actif est surtout présent en Rhénanie du Nord-Westphalie, en Basse-Saxe et dans le Sud de l’Allemagne.

On peut trouver sur son site la maxime suivante :

Nous sommes plus sociaux que le SPD [Parti Socialiste] ou die Linke [Front de Gauche], plus vert que les Verts, plus libéraux que le FDP [parti libéral] et plus chrétien que la CDU/CSU [parti chrétien démocrate conservateur actuellement au pouvoir]. Seule la liberté crée la prospérité. La prospérité pour tous est sociale. C’est seulement à travers la défense du droit à la propriété qu’une protection de l’environnement efficace est possible, car en vérité il n’existe que des catastrophes écologiques locales et non globales. Notre maxime dérive directement de l’axiome chrétien « Aime ton prochain comme toi-même » : tu peux faire ce que tu veux tant que tu ne fais du tort à personne.

— Oliver Janich, Président du pdv.

Dans un interview, Dieter Audhem, tête de liste pour les élections en Rhénanie du Nord-Westphalie, répond à un certain nombre de questions sur les positionnements de son parti. Si le pdv soutient le candidat aux élections américaines Ron Paul (il y a un lien direct sur la page web du candidat), le pdv n’en reste pas moins très centré sur les problèmes européens et critique avec les mêmes arguments, qui nous sont maintenant hélas familiers, le non sens des décisions politiques en matière d’économie ou faites au nom de l’environnement (je ne m’étalerai pas dessus, Contrepoints est une mine de renseignement à ce sujet et le lecteur trouvera en quelques clics de souris sur le présent site de quoi s’informer et de quoi s’énerver).

L’électorat allemand est très sensible à la question de la propriété intellectuelle, un sujet sur lequel le Parti des Pirates, devenu troisième parti d’Allemagne, du moins en théorie, fait ses choux gras. Concernant ce point, hélas, le pdv n’a pas encore vraiment pris position et l’interview de Heise nous laisse sur notre faim.

Le pdv peut céder au populisme sur le sujet et confondre allègrement brevet et copyright, confondre les abus de protections sanctionnés par un État à la merci des lobbies avec une juste protection pour un travail fourni. En particulier, il peut se laisser abuser par les discours des libertariens américains qui se sont radicalisés face à un système de défense de la propriété intellectuelle outre-atlantique, il faut bien le dire, particulièrement délirant. Le discours américain, repris allègrement, est inadapté au système européen et ne lui est pas transposable. Un exemple simple est qu’il arrive à la conclusion que le droit de copie est moins restrictif qu’un brevet alors que l’inverse est vrai : avec un brevet, j’ai le droit de reproduire et de copier autant que je veux tant que je n’en tire pas profit. D’ailleurs les industriels passent leur temps à copier en privé et en toute légalité dans leurs laboratoires, sans être inquiétés, l’invention du concurrent, afin de l’améliorer…

Le droit de copie, par contre, viole la sphère privée, et s’incruste via Internet dans nos familles, pousse à un contrôle des faits et gestes de chaque citoyen dans son intimité. Cette ingérence insupportable liée au droit de copie est le cheval de bataille des Pirates.

Le pdv, le Parti de la raison, méritera-t-il son nom ou cédera t-il à la facilité de l’amalgame entre toutes les formes de propriétés intellectuelles ? Ce n’est sans doute qu’en se positionnement clairement par rapport à cette question qu’il prouvera qu’il n’est pas qu’un simple parti de contestation comme celui des Pirates mais un vrai parti avec un programme économique en accord avec une économie de marché.

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  • c’est pourtant simple :
    copier n’est pas voler,
    la propriété intellectuelle est une création étatique sans fondement uniquement destiné à favorisé les cartels et à créer des monopoles avec le soutien de la force étatique.
    Les brevets sont nuisible à la société et devraient être supprimés. on assisterais alors à une explosion de la recherche et de la création contrairement à la propagande étatiques relayé par la cohortes ce ceux qui vivent grassement grâce à l’état (grande entreprises, artistes…)

    • De plus quel est l’intérêt de la PI, mis à part le fait de mettre des bâtons dans les roues des concurrents ?
      L’industrie chimique allemande n’a pas attendu d’être brevetable pour devenir la meilleure du monde.

      • Tout a fait! et les exemples de même nature pullulent. Non, les brevets et la propriétés intellectuelle sont les fruits du corporatisme, de la liaison perverse qui existe depuis très longtemps entre le pouvoir politique et les grande entreprise qui ne veulent pas entendre parler de marché libre et aspirent aux prébendes étatiques comme les sangsues sont attiré par le sang.

  • Si le rationnel existe à coup sûr, il est néanmoins indubitable que l’irrationnel existe aussi.

    Voilà une leçon de Hegel, que je conchie, que les libertariens, dont je fais partie, feraient bien de méditer.

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