Faut-il conserver tel quel le statut des intermittents du spectacle ?

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Le régime de l’intermittence du spectacle est un véritable scandale. Pourquoi ? Pour deux raisons, l’une pratique l’autre philosophique

Le régime de l’intermittence du spectacle est un véritable scandale. Pourquoi ? Pour deux raisons, l’une pratique l’autre philosophique. Explications.

Par Le Parisien Libéral.

Ça n’est pas seulement le post du blog Les Dessous du Social – le Figaro qui incite à réagir, quoi que quand on lit : « les 105 100 intermittents du spectacle représentent 0,8 % des salariés affiliés au régime général d’assurance-chômage, 3,4 % des effectifs indemnisés mais 5,9 % des dé­penses. Les allocations versées en 2009 se sont montées à 1,3 milliard d’euros pour près de 225 millions de cotisations encaissées. Résultat ? Le déficit 2009 du régime des intermittents se monte à plus d’un milliard », il y a déjà de quoi réfléchir.

À vot’ bon coeur, les Con-tribuables !

L’interview de Hollande au Parisien est éloquente. Le candidat socialiste dit : « L’intermittence fait vivre un grand nombre d’industries, pas simplement des associations (il oublie les clowns de Delanoé). Ce statut est utile pour ses bénéficiaires, mais aussi pour les employeurs, qui ne pourraient pas vivre sans. Ce qui est contesté par un certain nombre de partenaires sociaux, c’est qu’il repose essentiellement sur les cotisations chômage. »

Pourtant, le régime de l’intermittence du spectacle est un scandale. Pourquoi ? Pour deux raisons, l’une pratique l’autre philosophique. Sur le plan pratique, le régime est détourné, la presse comme le Point ou les autorités telles que la Cour des Comptes traitent du sujet régulièrement. Sur le plan plus philosophique, l’assurance chômage est, comme son nom l’indique, une assurance, c’est à dire une cotisation couvrant un risque par définition incertain. Si les artistes savent à l’avance qu’ils seront en moyenne six mois par an au chômage, est ce qu’il est logique qu’ils soient couverts par un régime assuranciel ?

Il est urgent que les artistes deviennent des auto-entrepreneurs, ou alors des salariés en CDI, bref qu’on les sorte de cette case d’intermittent aussi étriquée qu’injuste. Le statut de l’intermittence du spectacle doit disparaître, tout simplement, au profit de la liberté contractuelle et de l’incertitude, corollaire de la pratique artistique. Si les intermittents du spectacle et, plus largement, tous les titulaires de régimes spéciaux d' »assurance » chômage et retraite veulent des prestations personnalisées, ils peuvent s’adresser à Axa, Allianz ou tout autre assureur qui sera sans doute ravi de leur proposer des contrats.

Il n’a pas eu besoin de subventions pour réussir

Enfin, quand on y pense, comment des artistes peuvent accepter, sur le plan personnel, de voir leur liberté sournoisement subventionnée par le contribuable racketté en catimini ? Qu’ils ne disent pas que sans cela, nous n’aurions ni théâtre ni arts de quelque sorte que ce soit. On voit bien que la télévision grand public (sans connotation péjorative du tout, puisque la télévision populaire produit d’excellents programmes comme Top Chef) est la première utilisatrice de ce système de prédation des salariés du régime commun. La musique, le théâtre, la peinture n’ont pas besoin de formulaires, de décrets et de chargés de mission interministériels. Ils ont besoin d’hommes et de femmes mus par leur créativité.

Il est vraiment temps de dépolitiser le système français de prestations sociales et d’instaurer, d’une part, le salaire complet, un revenu universel garanti et, d’autre part, une flat tax sur l’ensemble des revenus.

À l’heure des réseaux sociaux, les artistes peuvent, comme Grégoire, rencontrer directement leur public et monétiser leur talent, sans intermédiaires.

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