La stimulation des marchés par les liquidités a l’air de toucher à sa fin

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Bourse actions (Crédits SimonQ錫濛譙, licence Creative Commons)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

La stimulation des marchés par les liquidités a l’air de toucher à sa fin

Publié le 12 avril 2012
- A +

La synthèse des marchés financiers par l’Institut des Libertés. La vague d’optimisme des investisseurs n’est pas justifiée.

Par Jean-Jacques Netter.(*)

Un article de l’Institut des Libertés.

La vague d’optimisme des investisseurs n’est pas justifiée explique Neil Woodford de Invesco Perpetual. Il est tout à fait d’accord avec Thomas Lee « Chief Equity Strategist » chez JP Morgan qui pense que le ralentissement de la croissance des bénéfices, la baisse de la croissance de l’économie chinoise devrait mettre un terme au mouvement de hausse des actions. Il pense que l’indice S&P 500 terminera l’année à 1430.

Les facteurs susceptibles de stopper le mouvement de hausse avaient été identifiés il y a une dizaine de jours par Louis Gave de GaveKal à Hong Kong. Parmi les facteurs de vulnérabilité des marchés, il avait cité 1/ une dégradation de la confiance en Europe après les fortes injections de liquidité dans le système bancaire. 2/ une croissance américaine de mauvaise qualité. 3/ une déception sur le niveau de la croissance chinoise. 4/ une poursuite de la hausse des prix du pétrole.

On peut comme toujours trouver des avis opposés parmi les maisons de courtage. Le potentiel de hausse des marchés est de l’ordre de 10% estime  Christian Parisot « Head of Global Research de Aurel BGC. Les actions sont à un niveau d’attractivité qui n’arrive qu’une seule fois au cours d’une génération a expliqué Goldman Sachs à ses clients cette semaine.

MARCHES ACTIONS : opinions contrastées sur tous les marchés

Sur le marché américain, Lawrence Summers ancien Secrétaire d’Etat au Trésor et Professeur à Harvard a fait part au Financial Times de son optimisme sur l’économie américaine. Pour lui l’innovation dans le domaine des réseaux sociaux plus les découvertes en matière de pétrole et de gaz de schistes vont permettre au marché de l’emploi de repartir. En revanche, Ben Bernanke, Président de la Fed a été plus réservé. Pour lui la reprise constatée sur le marché de l’emploi a peu de chances de durer. Il n’en a pas fallu plus pour que les investisseurs interprètent sa déclaration comme l’annonce d’un nouveau QE3.

Le S&P 500 devrait baisser de 3 à 5% d’après Binky Chadha « Chief Global Strategist » de la deutsche Bank. Les résultats des sociétés du S&P 500 ont baissé de 2,3% au T4 2011. Si l’on exclut Apple de l’indice la baisse ressort à 5,7%. Cela confirme bien que ce qui a fait monter les marchés c’est beaucoup plus la liquidité que les profits.

En Europe, l’Italie est en train de faire la preuve que la réforme d’un vieux pays est possible. Beaucoup d’observateurs politiques font remarquer que Mario Monti était membre de la Commission Attali et qu’il met en pratique une grande partie de ses recommandations, ce que ne fait pas la France ! Toutefois, on ne sait pas encore s’il va réussir la réforme du marché du travail. Le Portugal est dans un moment de vérité. Il pourrait éviter d’avoir à restructurer sa dette, car il y a un consensus politique sur les mesures qui ont été prises. L’Irlande s’apprête à voter le 31 mai prochain. Pour le moment le vote serait favorable mais ils vont observer de près le vote français puisque François Hollande souhaite renégocier avec l’Allemagne. Au total, il faut désormais sous-pondérer l’Europe recommande Andrew Garthwaite, en charge de la stratégie chez Crédit Suisse. La France brille par le fait que les candidats à l’élection présidentielle continuent de ne pas aborder les problèmes économiques. Nous sommes dans le déni de réalité explique cette semaine The Economist. La France est le problème de l’Europe écrit Eric Le Boucher dans Les Echos. Tout le monde est convaincu que l’Union économique ne peut marcher si elle se borne à l’austérité budgétaire à l’allemande. L’ennui fait remarquer Eric Le Boucher est que les idées françaises sont soit récusées par Berlin ( le protectionnisme, les eurobonds, le révision des statuts de la Banque Centrale, … ) soit peu nombreuses et insuffisamment élaborées.

La Chine est vraiment sur une trajectoire de hard landing selon Adrian Mowat  « Chief Asian and emerging market strategist » de JP Morgan. Cette opinion n’est absolument pas partagée par Ting Lu « China Economist » de BOA ML. Elle estime que le ralentissement intervenu est une bonne chose et que la transition politique se passera beaucoup mieux que prévu. L’économie chinoise est relancée par la demande intérieure car l’immobilier est encore dans une situation difficile.

SECTEURS : le prix du pétrole risque de rester élevé

Pétrole : les déclarations des hommes politiques sur le pétrole sont assez curieuses. Il serait temps que certains comprennent qu’ils n’ont aucun pouvoir pour faire baisser le prix du baril. En France, la libération de stocks stratégiques ne changera rigoureusement rien car elle ne peut porter que sur 9 M de barils…Le prix élevé de l’essence va le rester.

Le prix moyen du baril sera de 105$ sur l’ensemble de l’année 2012 selon Morgan Stanley. Il faut se préparer à de nouveaux chocs écrit Martin Wolf dans le Financial Times.

Signe qui doit être regardé avec attention, Baker Hugues a annoncé des résultats décevants …

Transport maritime : le marché du fret est au plus bas mais il pourrait rester à ce niveau entre 6 mois et deux ans a expliqué Philippe Van den Abeele sur CNBC cette semaine.

Immobilier US : Lennar, le numéro trois du secteur aux Etats-Unis, a monté de 6,3% mardi dernier sur l’annonce de résultats supérieurs à ce qu’attendait les analystes.

L’optimisme n’est pas encore de mise d’après Chris Wood de CLSA : il fait remarquer que 11 M de propriétaires de maisons, dont 23 % ont un crédit hypothécaire sur leur bien, sont dans une situation où la valeur de leur maison est inférieure à ce qu’ils ont payé. En consolidant l’ensemble des statistiques il y aurait 3,8M de biens immobiliers à vendre dans les mois qui viennent ….

THEMES : l’intérêt pour la nouvelle économie ne se dément pas

La nouvelle économie est devenue l’économie numérique. Le commerce électronique est l’un de ses fers de lance. Dans le tourisme, 30% des produits sont vendus sur internet, dans le livre la part est de 8%. Le principal retard concerne l’alimentaire. Ce qui semble sûr selon François Momboisse Président de la Fédération e-commerce et vente à distance (FEVAD), c’est que les consommateurs mixeront achats on line et offline de manière indifférenciée. La nouvelle économie fait partie des thèmes d’investissement privilégiés par les investisseurs avec l’éolien qui pourrait créer 10 000 emplois en France, la cosmétique bio qui connait un taux de croissance de 40% par an, la voiture électrique, et enfin la fibre optique. On peut noter avec tristesse qu’aucun de ces sujets n’est digne d’être abordé par les candidats à la présidence de la république.

Les fusions acquisitions sont particulièrement à la mode chez les courtiers. Tout le monde publie sa liste de recommandations qui n’est pas toujours désintéressée.

MARCHES OBLIGATAIRES : recommandation sur les obligations portugaises

Les rendements des dettes souveraines sont repartis à la hausse cette semaine en Italie avec près de 30 points de base à 5,20%, en Espagne avec 33 points de base à 5,53%. Cela traduit l’incertitude sur la capacité de Mario Monti de faire accepter une loi beaucoup plus flexible sur le travail et sur la capacité de Mariano Rajoy à revenir sur ses engagements de ramener son déficit à 5,3%. Cette évolution a d’ailleurs conduit Chris Wood, stratégiste de CLSA, de recommander à acheter des obligations portugaises à 10 ans et de vendre les obligations espagnoles de même durée.  La même recommandation a été faite il y a 15 jours par Davide Roche, patron d’ Independant Strategy à Londres.

(*) Jean Jacques Netter est un financier français, responsable de la section finance de l’Institut des Libertés.

Sur le web

Voir les commentaires (3)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (3)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

À quelques mois de l’élection présidentielle de 2022 il est de bonne guerre pour tous ceux qui s’opposent au capitalisme et à la cupidité des actionnaires de dénoncer les pratiques condamnables des grandes entreprises cotées comme les rachats d’actions. Cette dénonciation est d’autant plus performante qu’elle s’appuie sur un raisonnement qui se veut sérieux et compétent. Or, il n’en est rien. C’est ainsi que le journal Le Monde consacrait son éditorial du 24 décembre 2021 à cette pratique condamnable, selon lui, qu’est le rachat d’actions par... Poursuivre la lecture

Par Alexis Vintray.

Alors que depuis 2000 le CAC 40 évoluait sous son record historique, il a battu record sur record avant-hier et hier (3 et 4 novembre 2021). Même si l'économie mondiale repart, on peut s'interroger sur le fait que la bourse soit ainsi au plus haut dans un contexte qui reste anxiogène. Alors faut-il prendre ses bénéfices ? Pas si simple...

Le CAC 40, un indice sans dividendes

Le premier point à garder à l'esprit est que le rendement d'une action provient de l'évolution de son cours, mais aussi des dividendes v... Poursuivre la lecture

Par Alexis Vintray.

Pour épargner, commencer par définir ses objectifs

La première priorité pour bien placer son argent ? Savoir ce qu'on veut en faire, ce qu'on aura besoin d'en faire et quand. Il est essentiel de commencer par vous demander pourquoi vous mettez de l'argent de côté : pour un projet à court terme ou à long terme ? Pour un objectif précis comme un achat immobilier ou les études de vos enfants ?

Cette première étape vous permettra ensuite de choisir les produits appropriés. Elle ne doit pas être négligée, faute de... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles