Les élections française au crible du quadrant de Milton Friedman

Les candidats qui aiment bien l’idée de dépenser l’argent qu’ils n’ont pas gagné font une campagne acharnée pour convaincre les électeurs qu’ils sont les plus à même de nous piquer le maximum de fric

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Les élections française au crible du quadrant de Milton Friedman

Publié le 5 avril 2012
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Les candidats à l’élection présidentielle qui aiment bien l’idée de dépenser de l’argent qu’ils n’ont pas gagné font une campagne acharnée pour convaincre les électeurs qu’ils sont les plus à même de nous piquer (à moi et à vous) le maximum de fric.

Par Charles Gave.

J’aimais beaucoup Milton Friedman. J’ai beaucoup correspondu avec lui à partir de 1978 et cela jusqu’à sa mort, car il avait l’extrême gentillesse de considérer que ce que j’écrivais dans le cadre de ma société de recherche économique était intéressant.

J’ai toujours déploré de ne pas avoir été un de ses élèves.

Il avait un génie incroyable pour rendre simple et amusante des choses compliquées et l’une de ses trouvailles fut son fameux quadrant.

Le voici.

Quand de l’argent apparait dans le système, il peut être :

  1. Dépensé par celui qui l’a gagné  à son profit. Dans ce cas-là, la dépense est en général judicieuse et la satisfaction maximale. Je m’achète, avec mon argent durement gagné de merveilleux cigares cubains qui m’assureront des après-midi entières de méditations paisibles, ce qui à mon âge est loin d’être négligeable.
  2. Dépensé par celui qui l’a gagné au profit d’une autre personne ou d’une autre institution. J’achète un bijou a ma femme, le risque étant toujours présent que ce soit le mauvais bijou ou qu’elle se demande pourquoi exactement je lui ai acheté un bijou. La satisfaction est réelle mais sans doute inférieure a celle que j’éprouverai avec mes cigares
  3. Dépensé par quelqu’un qui ne l’a pas gagné, à son profit. Je gagne au loto, ce qui me permet enfin d’avoir la fortune que je mérite, et bien entendu, je me mets à faire n’importe quoi, arrosant tous les nouveaux amis que cette fortune subite m’a valu et qui disparaitront le jour où il n’y aura plus d’argent.
  4. Enfin, et c’est toujours le cas le plus tragique, dépensé par quelqu’un qui ne l’a pas gagné au profit de quelqu’un d’autre. Là c’est vraiment le grand n’importe quoi, le but essentiel étant de s’acheter des fidélités pour le jour où la source se tarira.

Si le lecteur accepte cette typologie, il voit bien qu’aucun des candidats à l’élection Présidentielle Française, et je dis bien AUCUN, n’a comme programme de me permettre soit de garder le maximum d’argent pour que je puisse m’acheter ces cigares cubains dont je rêve, ou encore d’acheter un bijou à ma femme…Tout le débat officiel est sur le point numéro quatre, alors même que la plupart des Français savent fort bien que le débat réel est : comment s’emparer au profit de son parti ou de soi-même de cette source merveilleuse d’argent gagnée sans travail personnel que constitue l’État.

Il est donc très probable que l’utilisation de l’argent qu’ils vont réussir à me piquer (je n’ai hélas aucun doute à ce sujet) va m’amener très, très peu de satisfactions.

Au moins , aux USA, en Grande Bretagne, en Suède, en Allemagne, en Australie, au Canada et dans la plupart des pays normaux, se présentent à chaque fois des candidats qui ont pour but essentiel de me permettre de garder la plus large part de ce que j’ai péniblement gagné.

Pas chez nous,  hélas, pas chez nous, et c’est ce qui est la vraie exception française.

Chez nous, apparemment, nul ne peut être élu si son but n’est pas clairement de recevoir de l’argent qu’il n’a pas gagné pour le donner à des gens dont, dans le fond, il n’a rien à foutre, mais qui lui permettront de vivre noblement dans les ors des palais nationaux. Donc les élections françaises se passent toujours sur les points trois et quatre de Milton Friedman, et JAMAIS sur les points un ou deux.

Les candidats qui aiment bien l’idée de dépenser de l’argent qu’ils n’ont pas gagné (en me le piquant, à moi, alors que j’ai d’excellentes idées sur la façon dont j’aurais pu le dépenser) font une campagne acharnée pour convaincre les électeurs qu’ils sont les plus à même de me piquer (à moi ! une fois encore) le maximum de fric.

Le mieux disant sera élu et pourra commencer la distribution de mon argent au petit bonheur la chance, en fonction des appartenances syndicales ou politiques des demandeurs, n’oubliant pas bien entendu de maintenir dans un état de prospérité convenable celui qui a donné sa vie à la Nation, c’est-à-dire lui et ses proches.

De ce fait, et comme je sais que mon capital – et le votre cher lecteur – vont être gaspillés comme toujours dans ces cas de figure, et comme je sais en tant qu’économiste que le bien le plus rare du monde est justement mon capital et le vôtre, j’en tire la conclusion que ma capacité (et celle des autres Français qui, comme moi, auraient eu la mauvaise idée d’essayer d’accumuler du capital) à financer toutes ces dépenses inutiles va s’effondrer.

Et comme mes remarquables connaissances en économie me permettent d’affirmer sans crainte d’être contredit que la croissance et l’emploi dans un pays dépendent uniquement de son stock de capital et que, de plus, je sais que ce stock de capital va s’effondrer, j’en conclus donc que puisque les hommes politiques français veulent m’empêcher d’acheter mes cigares ou d’offrir des bijoux à ma femme, la France ne peut pas ne pas faire faillite.

Voila qui est ennuyeux.

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  • Bravo pour votre article. Hélas en France les politiques et aussi de nombreux français sont nuls en économie. N’en parlons pas des media biberonnés à l’argent des contribuables. Nous subissons désormais en France une oppression, celle d’une nouvelle classe dominante, la fonction publique, le secteur nationalisé, le secteur social, tous les bénéficiaires des prélèvements obligatoires, sur une nouvelle classe dominée, la société civile productive. Un contribuable comprend que l’argent qu’on va lui prendre servira finalement à subventionner telle ou telle association qui l’injurie et travaille à sa perte, il ne peut qu’avoir le sentiment d’être un opprimé et un vaincu politique. Pour ceux qui sont en position de décider l’impôt il suffit de décréter. En ce court-circuit réside l’immoralité de l’impôt sans contrepartie. Pour le citoyen à qui le fisc a pris son argent, par exemple s’il s’agit de payer des retraites anormalement élevées, acquises en un nombre d’années anormalement court, aux employés de la Banque de France ou de la RATP, s’il s’agit de réparer, aux frais du contribuable, les pertes subies par les entreprises nationalisées à la suite de grèves à répétition (SNCF, Air France…), s’il s’agit de payer l’heure de travail des employés des services publics à un taux supérieur à celui du marché (qui est le seul taux juste, puisqu’il correspond à un équilibre de l’offre et de la demande, donc à un avantage réciproque et égal assuré aux partenaires de l’échange économique), ou encore, dans un genre un peu différent, s’il s’agit de payer les emplois fictifs de dizaines de milliers de fonctionnaires de l’Éducation nationale rémunérés pour accomplir des tâches syndicales ou associatives que non seulement les contribuables n’ont pas souhaitées, mais qui sont souvent des machines de guerre contre la moitié desdits contribuables. L’important est que, quelle que soit la raison invoquée, il faut qu’il entre dans la politique projetée un élément de justice, c’est-à-dire que la contribution que l’on demande au citoyen soit censée lui procurer une contrepartie quelconque (y compris, le cas échéant, des satisfactions immatérielles difficilement évaluables telles que le prestige du pays, la beauté, ou la propreté d’une ville, l’animation ou la notoriété d’une région, etc.).

  • Excellent article

    « …Chez nous, apparemment, nul ne peut être élu si son but n’est pas clairement de recevoir de l’argent qu’il n’a pas gagné pour le donner à des gens dont, dans le fond, il n’a rien à foutre, mais qui lui permettront de vivre noblement dans les ors des palais nationaux. Donc les élections françaises se passent toujours sur les points trois et quatre de Milton Friedman, et JAMAIS sur les points un ou deux…. »

    Notons qu’au passage, le politicien français élu en profitera pour s’en mettre plein les poches.

  • quand vous venez d’être licencié, que la région où vous habitez est sinistrée par le chomage parce que l’industrie local n’a pas su ou voulu s’adapter a l’evolution du marché, vous ne penser pas acheter des cigares ou des bijoux.
    c’est sur, si vous etes millionnaire, c’est pas la fete en ce moment.
    mais bon, ca reste des « problèmes de riche ».
    alors oui, les hommes politiques français se font élire en apportant leur aide (sociale) au peuple et en promettant de ne pas augmenter leurs impôts.
    trouvez donc le moyen pour que tous français deviennes millionnaire sans recourt a l’inflation, le problème sera résolu.

    • Bonjour. D’un autre côté, il ne faut pas espérer le plein emploi d’une économie basée sur le vol et les tracasseries administratives.

  • 5: Ne pas le dépenser. Et oui, les Français sont les champions de l’épargne!
    6: Les dénaturer en bourse. Hop, on ne sait plus vraiment quel valeur aura l’argent durement gagné!

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Paraphrasons : personne ne sait comment fabriquer un comprimé de Doliprane…

Hier, le grand Milton Friedman prenait l’exemple du crayon jaune, afin d’exposer sa vision du libéralisme.

https://www.youtube.com/watch?v=SDUB4Pw39sg

 

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