Lettre de Suisse aux futurs exilés fiscaux français

À vous qui envisagez de fuir en Suisse, ne vous attendez pas à une grande résistance de sa part lorsque, par exemple, Nicolas Sarkozy mettra à exécution sa menace d’une imposition des Français de l’étranger. Le gouvernement helvétique s’empressera de signer.

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Lettre de Suisse aux futurs exilés fiscaux français

Publié le 21 mars 2012
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À vous qui envisagez de fuir en Suisse, ne vous attendez pas à une grande résistance de sa part lorsque, par exemple, Nicolas Sarkozy mettra à exécution sa menace d’une imposition des Français de l’étranger. Le gouvernement helvétique s’empressera de signer.

Par Stéphane Montabert, de Renens, Suisse.

Mesdames, messieurs,

Mes chers compatriotes,

Les prochaines élections présidentielles françaises placent les mieux lotis d’entre vous devant un choix impossible. Les deux candidats de tête, François Hollande et Nicolas Sarkozy, semblent rivaliser d’inventivité sur les méthodes à employer pour s’emparer de vos revenus et de votre patrimoine. Ce n’est pas qu’une posture électoraliste ; la France s’abîme toujours plus profondément dans la crise financière et son agressivité fiscale s’en trouve décuplée. Vous en êtes donc parvenu à la seule conclusion logique. Il vous faut quitter le pays.

Une fois le constat établi, reste à trouver la terre d’accueil. La Suisse semble une évidence. La Suisse romande allie qualité de vie helvétique, proximité géographique et francophonie. Le TGV met Paris à quelques heures de Lausanne et Genève, et la cité de Calvin dispose même de son aéroport international.

La Suisse bénéficie d’une excellente réputation et d’un attrait indéniable, mais, étant installé dans ce pays depuis quelques années, je me dois d’atténuer l’image un rien idyllique que vous vous faites peut-être de ce petit pays au cœur de l’Europe.

La jalousie, le désir de spoliation et la recherche irrationnelle de boucs émissaires, dont la mise en application vous pousse aujourd’hui à quitter la France, ne se sont pas arrêtés aux frontières de l’Hexagone. Déguisés sous un mince vernis idéologique pour les rendre présentables, ils sont largement présents en Suisse et font leur chemin au sein d’une population économiquement inculte (un comble compte tenu de l’importance historique du secteur bancaire dans le pays) et, parfois, d’une naïveté désarmante.

Prenons l’exemple ô combien parlant du forfait fiscal. Les forfaits fiscaux permettent à des étrangers résidents en Suisse, essentiellement retraités, de subir une imposition sur la base de leur train de vie plutôt que de leurs revenus. Toute activité économique leur est interdite. L’opération n’est rentable qu’à partir d’une certaine fortune ; pendant des décennies, elle a fait de la Suisse un havre de paix pour de riches étrangers souhaitant couler paisiblement leurs vieux jours. Les résidents au forfait profitaient du cadre de vie, les banques de gestion étaient proches de leurs clients et les autorités fiscales locales y trouvaient leur compte.

Aujourd’hui, un peu partout en Europe, les choses ont changé. Qu’un individu se soit acquitté de ses impôts sur chaque centime gagné, paye ses taxes rubis sur l’ongle, sa fortune reste suspecte ; on ne tolère pas l’idée qu’il déplace ses capitaux hors des frontières ; on s’indigne de sa mobilité ; on invoque la « dette sociale » et tous les concepts fumeux qu’on pourra sortir du chapeau. La finalité est évidente. À chaque État son troupeau de riches captifs et la tonte sera bien menée.

Aussi absurde que cela paraisse, nombre de citoyens helvétiques adhèrent à cette vision.

Envie de vous faire tondre?

L’idée que l’immigré soit par définition mobile, et l’immigré retraité fortuné encore plus, semble échapper à tout le monde. Or, son absence augmenterait la pression fiscale pour toute la population, parce qu’il faut bien équilibrer les comptes de l’État d’une façon ou d’une autre. Cette simple remarque de bon sens n’effleure même pas nos dindes qui s’apprêtent à voter pour Noël.

Entrée en guérilla contre le forfait fiscal, la gauche attaque en suivant la tactique du salami abattre le forfait fiscal dans quelques cantons, là où il ne concerne finalement personne ; puis progressivement, étendre l’interdiction ; et quand la sauce est bien amenée, imposer brutalement son élimination à toute la Suisse à l’échelle fédérale, suivant la technique éprouvée du « coup de massue venu d’en haut », et au diable l’autonomie cantonale en matière fiscale.

Un jour, on frappe le Valais et ses résidences secondaires, un autre, le canton de Vaud et ses 1200 étrangers au forfait. La mode actuelle consiste à ruiner la Suisse par petits bouts.

Si les forfaits fiscaux en sursis ne concernent qu’une minorité d’entre vous, ils sont symptomatiques d’un état d’esprit. On ferme les frontières aux millionnaires mais pour les autres, et surtout les pires, la porte reste grande ouverte. On loge de vrais-faux requérants d’asile, quitte à expulser des familles. On forme des sans-papiers, quitte à laisser les apprentis en situation régulière sur le carreau. La politique migratoire helvétique marche sur la tête.

L’entrée de la Suisse dans l’Espace Schengen n’a pas influé que sur l’immigration économique. La disparition des frontières profite aussi aux malfrats. Depuis quelques années, la criminalité a explosé. Pour que même un criminologue socialiste l’admette, on devine qu’un certain stade a été franchi.

Baladez-vous dans les rues crottées et taguées de Genève, croisez quelques revendeurs de drogue d’Afrique de l’Ouest au centre de Lausanne, vivez sur l’arc lémanique et faites-vous cambrioler, ou braquer dans une stationservice ou une agence de poste ou une banque pas loin de la frontière, et vous comprendrez que la Suisse « propre en ordre » de grand-papa est loin, très loin sous terre, entre deux fossiles de dinosaure.

La Suisse est dans une mauvaise passe. Rien n’indique qu’elle va s’en sortir, bien au contraire. Les priorités de la classe politique sont affligeantes. La population exprime parfois son mécontentement au gré de telle ou telle votation, mais dans les élections générales, c’est l’électroencéphalogramme le calme plat. Sur un coup d’éclat, les citoyens suisses approuvent parfois des initiatives pour baisser la facture de chauffage ; mais le reste du temps, par habitude, ils continuent d’élire ceux qui laissent les fenêtres ouvertes.

Peut-être aviez vous de ce pays une vision plus proche des clichés habituels, boîte à coucou, Heidi, montagnes enneigées et délicieux chocolat ? La Suisse bénéficie encore d’une belle réputation, elle tombe de haut. Elle n’est pas forcément perdue, d’ailleurs ; le chômage reste gérable ; l’État est moins endetté que dans le reste de l’Europe ; les citoyens ont encore leur mot à dire, même si, abrutis par la passivité et le fatalisme, ils ne s’en servent plus guère ; le mécanisme des institutions force à une certaine retenue, loin de l’hystérie légaliste française. Mais le réveil de la population tarde à se faire entendre, au point qu’on commence à douter qu’il survienne jamais.

Alors, chers compatriotes français en voie d’exil, sachez-le : la Suisse et ses jolis paysages font une bonne terre d’accueil, mais une terre menacée. Or, la classe politique helvétique est, dans sa grande majorité, servilement soumise à toute organisation supra-nationale, qu’il s’agisse de l’UNESCO, de l’ONU, de la CEDH, de l’Union européenne, de l’OCDE ou de tout ce que vous pourrez trouver.

Quand on sait que le pays s’est fondé sur l’indépendance des juges étrangers, cela prête à sourire.

Le système politique helvétique favorise au plus haut niveau l’émergence de « candidats de consensus », c’est-à-dire des personnalités les plus faibles. Elles prennent bien plus à cœur de se faire bien voir de leur pairs internationaux que de protéger les intérêts du pays. Oui, la Suisse est bien mal défendue.

En d’autres termes, alors que la Suisse ne cesse de se coucher pour démanteler le peu de secret bancaire qui lui reste, ne vous attendez pas à une grande résistance de sa part lorsque, par exemple, Nicolas Sarkozy mettra à exécution sa menace d’une imposition des Français de l’étranger. Le gouvernement helvétique s’empressera de signer.

Malgré tout, quel que soit le vainqueur de l’élection présidentielle française et puisqu’il faut bien aller quelque part, je m’attends à voir arriver un grand nombre d’entre vous ces prochains mois. Ne soyez pas passifs. Intégrez-vous, et luttez pour que votre pays d’accueil garde quelques qualités.

Faute de quoi, dans pas si longtemps, vous pourriez bien devoir déménager encore.


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  • Savez vous que le drapeau illustrant votre texte est le drapeau de la Savoie et non le drapeau suisse.

  • C’est particulièrement vrai en romandie (partie francophone) dont Genève qui vote régulièrement larmichette compatible.

    Sans la partie germanique pour freiner nos gentils latins toujours prêts à nourrir des pandas avec l’argent des autres je pense que la suisse francophone serait dans le même état que la France.

    • +1.
      Genève n’est qu’une extension de la france.
      Comme vous dites, heureusement que y a des Suisses tôt pour nous sauver du bolchevisme.
      L’actualité récente nous montre une Berne fière de détruire le fédéralisme (votation weber) ou bien de céder au lobby (obligation d’assurance pour les tremblements de terre).
      Alors heureusement ce n’est pas encore la france mais comme dit l’auteur, on y arrive doucement.
      Et ça m’ulcère.

  • Comme le canada francophone ou la Belgique francophone

  • Raison pour laquelle il faut attaquer, conquérir :

    Le forfait fiscal est un mauvais système, la gauche l’attaque sur ses faiblesses.

    Rendez-vous compte que le forfait fiscal est une incitation à ne pas travailler ?

    Rendez-vous compte qu’on octroi un privilège fiscal aux seuls étrangers qui de surcroit s’engagent à ne pas travailler !

    Comment un libéral peut-il soutenir pareil système inégalitaire (dans le vrai sens du terme, à savoir tous les citoyens égaux devant la loi) et de surcroit incitatif à la paraisse ?

    Il faut donc attaquer fort.

    La Suisse est ce qu’il y a de mieux en Occident, si la Suisse tombe, c’est que l’Occident n’existe plus.

    Partout en Occident il y a moins de richesses, moins de démocratie, moins de libertés, plus de criminels, plus d’insurgés musulmans qu’en Suisse…

    Il faut donc attaquer.

    Comment ?

    En proposant d’abolir le forfait fiscal et d’instaurer les forfaits fiscaux fédéraux pour tous !

    Affirmer que le régime fédéral n’a plus le droit de prélever un pourcentage du revenu, mais ne peut plus prélever qu’un forfait fixe, égal pour tous les citoyens…

    Exemple :

    Si le budget confédéral est de 10 milliards de francs mensuel (au hasard) et qu’il y a 5 millions d’actifs dans le pays, alors on fait 10 milliards divisés par 5 millions et chaque mois on envoi la facture à chaque actif… indépendamment du revenu…

    Ceci permettrait à chaque citoyen de connaitre le cout exact du régime, de contenir les dépenses de l’Etat et surtout de mettre un terme à la redistribution des richesses si nuisible pour tous…

    La flat tax, les impôts progressifs ou la TVA ne relèveraient eux, plus que du pouvoir des cantons.

    Les socialistes attaquent le forfait fiscal ?

    Ils ont raison, sous sa forme actuel le forfait fiscal n’est pas méritocratique, alors la Suisse doit le généraliser pour tous au fédéral !

    Et si les suisse le refusent ?

    Alors il faudra faire sécession.

    Le Luxembourg : 500 000 habitants
    Monaco : 30 000 habitants

    Tous les cantons de suisse ont en moyenne 300 000 habitants au moins… chacun d’entre eux est largement viable comme pays…

    Il faut donc sur-attaquer en proposant de généraliser le forfait fiscal pour tous.

    Il faut donc sur-attaquer en construisant maintenant des séditions et unissant les cantons libéraux-conservateurs avec les provinces libérales-conservatrices des pays alentours, pour briser la France, l’Allemagne, l’Iralie et fonder un nouveau pays, une nouvelle confédération des provinces démocrates directes et libérales conservatrices…

    Vendée, Versailles, Alsace, Savoie, Bavière, Lombardie et les cantons libéraux-conservateurs de Suisse, dans un nouveau pays…

    Après nous nous unirons avec le même procédé séditieux avec les Etats libéraux-conservateurs de Nord Amérique…

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