Économie, finance, crise, dettes… Où en sommes-nous ?

Dur de ne pas sembler paranoïaque quand on observe sereinement la situation actuelle et les menaces qui pèsent sur le futur de chacun d’entre nous. C’est du moins la position défendue dans cet article.

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Économie, finance, crise, dettes… Où en sommes-nous ?

Publié le 10 mars 2012
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Dur de ne pas sembler paranoïaque quand on observe sereinement la situation actuelle et les menaces qui pèsent sur le futur de chacun d’entre nous.  C’est du moins la position défendue dans cet article.

Par J. Sedra, du site Ne Cede Malis.

Marre de la crise ? Marre des petites phrases de campagne ? Marre du discours franchouille à sens unique ? Marre des vices du système ? C’est le moment d’éteindre la télé, de s’asseoir confortablement, de se verser un truc pas dégueu, de souffler une minute, et de faire le point sur le monde complètement barré dont nous sommes coupables.

Où en sommes-nous aujourd’hui ? Je vous propose de revenir sur les étapes d’une route toute tracée, dévalée à fond les ballons par une “élite” politico-financière classée triple-A (pour Andouille), histoire de jauger combien de secondes il nous reste avant impact.

Pour commencer, faisons une addition. Il s’agit du total des montants des plans d’aide apportés à la Grèce:

  • 2 mai 2010: accord avec l’UE et le FMI de 110 milliards
  • 21 juillet 2010: second accord, 109 milliards
  • 27 octobre 2011: troisième accord: -50% sur la dette grecque détenue par des banques européennes soit 102 milliards, et recapitalisation de 106 milliards
  • 21 février 2012: nouveau plan de sauvetage de 273 milliards

110+109+102+106+273= 700 milliards d’euros

Pour faire réfléchir : cela correspond à un montant de plus de 63 000 euros par citoyen grec, nourrissons et comateux inclus.

La dette publique grecque s’élève à 350 milliards d’euros, soit la moitié seulement du total. Et pourtant ils sont toujours autant dans la panade. C’est là le super-pouvoir de nos super-zéros de politocards et flibustiers du FMI ou autres agences institutionelles: transformer tout l’or du monde en plomb… voire en merde collante qu’on n’arrive pas à enlever de ses doigts.

C’est un peu comme si l’argent que ces bandits de grand chemin dépensent par miyiards en toute décontraction et qu’ils arrachent à la société civile (celle qui produit toutes les richesses qui nous entourent) se transformait en passant par leurs mains en argent “négatif”, qui soustrait de la valeur au monde au lieu d’y ajouter. Si vous vous demandiez où disparaissait votre pouvoir d’achat, ne cherchez plus.

Et où allons-nous ?

En octobre 2008, j’expliquais :

Voilà donc la prédiction que nous permet de faire la praxéologie, par la détermination des intentions des acteurs économiques: USA comme Europe vont soutenir leurs banques, causant une hyperinflation qui entraînera, à court terme, une récession comme on n’en a jamais vue.

C’est effectivement ce qu’ils ont fait, d’où les prolongations de crise et les dettes toutes fraîches s’ajoutant à la pile la colline la montagne de dettes publiques déjà existante.

Il y a trois ans et quelques jours, j’écrivais :

En France nous vivons déjà depuis des années une dépression qui ne dit pas son nom, donc peu de choses vont changer, sinon que ce tout sera simplement plus prononcé: plus de chômage, plus d’aggressions, plus de manifestations/émeutes/sabotages, plus de difficultés à joindre les deux bouts, plus de démagogie, plus d’immobilisme sous couvert de “rupture” et de “changement”.

C’est exactement ce que nous avons eu, et ce que nous continuerons d’avoir jusqu’à la cessation de paiement brutale. Dans le meilleur des cas, la grisaille perdurera jusqu’en (2009 + 12 ans de rattrapage des pertes occasionnées) = 2021. J’anticipais aussi des troubles civils contestant le fédéralisme aux USA: le Tea Party l’a confirmé.

Aucun des plans de “sauvetage de l’économie” n’a jusqu’ici réussi à “reflater” les valeurs boursières: pour l’instant, nos gouvernants continuent de courir après la déflation, leur planche à billets fonctionnant à plein régime. Il y aura donc encore d’autres renflouements avec de nouvelles dettes souscrites sur votre dos et ceux de vos enfants avant que l’inflation n’explose pour de bon. Mais la situation pourrait s’éterniser s’ils se contentent de courir juste derrière la déflation sans jamais la dépasser: ce serait alors la stagflation pour tous, et ça ressemble à ce que nous vivons ici en France – stagnation des salaires, persistance du chômage, pas de croissance, pas d’ascension sociale, des prix qui gonflent lentement et sûrement, comprimant progressivement le pouvoir d’achat de tout le monde jusqu’à ce que le niveau de vie ait été divisé par deux environ.

Que faire ?

Les prix de tout n’ont pas encore pris la tangente vers des cimes inexplorées, donc vous pouvez toujours acheter de l’or ou de l’argent pour vous prémunir contre le risque d’inflation à deux chiffres. En cas de stagflation, cela vous permettrait au moins à votre épargne de ne pas ou presque pas perdre de valeur (en richesse réelle).

Pour ce qui est d’en gagner, par contre, c’est pratiquement mort. Le capital ayant fui l’Europe de l’Est, celle-ci ne sera plus à court-terme une zone où investir, sauf peut-être via le crédit direct en réseau social. Il ne reste que l’amérique latine comme opportunité. Voilà pour la minute “‘nalyse finance”.

Côté société, la situation prend des allures de dilemme du prisonnier généralisé: le jeu “économie”, plombé par les interventions massives des gouvernements, sera désormais à somme négative, durablement. Tout le monde va tenter de gruger ou trahir tout le monde. La charité va s’éteindre. La méfiance et la défiance vont s’accentuer. La rancune et la crispation sur l’argent des autres vont s’amplifier. La vie au boulot va se remplir de vexations inutiles à mesure que tous ceux qui ont une once d’autorité sur qui que ce soit d’autre vont s’y raccrocher et en abuser pour écraser l’autre. Pour vous faire une idée: imaginez des milliers de gens coincés dans la même piscine aux rebords trop hauts – ceux qui sont au milieu tentent de s’appuyer sur leurs voisins pour surnager jusqu’à ceux qui sont au bord, qui eux-même s’agrippent lourdement à ou tentent de déloger ceux qui ont réussi à attraper le bord, qui eux-même doivent faire preuve de la plus grande vigilance pour réussir à s’extraire du piège sans qu’un autre leur fasse lâcher prise. Et une fois hors du bassin ils courent au loin pour échapper à la violence mal contenue. Au lieu de se tenir les uns aux autres et de former un radeau vivant voire un pont vers l’extérieur du bassin (comme savent le faire les fourmis), ils se gênent et s’agressent mutuellement. Et maintenant imaginez que la piscine rapetisse lentement mais sûrement: c’est ça, la stagflation à venir.

Soit vous avez encore les moyens d’émigrer, maintenant, soit vous restez… auquel cas, plus que jamais, il faut se forger un réseau proche et de confiance, si possible en prenant des engagements de soutien mutuels. Mais il faut aussi commencer à identifier ceux qui, potentiellement, pourraient se mettre en tête que vous êtes sur leur chemin et que vous méritez pour ça de prendre le bouillon: gardez un œil sur eux. Je n’essaie pas de faire l’apologie de la paranoïa, mais il en faudra quand même un minimum pour limiter la casse à venir.


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  • « La vie au boulot va se remplir de vexations inutiles à mesure que tous ceux qui ont une once d’autorité sur qui que ce soit d’autre vont s’y raccrocher et en abuser pour écraser l’autre ».

    Malheureusement, c’est déjà le cas depuis fort longtemps!

  • « Côté société, la situation prend des allures de dilemme du prisonnier généralisé: le jeu “économie”, plombé par les interventions massives des gouvernements, sera désormais à somme négative, durablement. Tout le monde va tenter de gruger ou trahir tout le monde. »

    J’ai manqué une prédiction qui aurait dû en découler de totue évidence: dans un jeu à somme négative, il est tentant pour des groupes de coordonner leurs actions à leur avantage et au détriment de tous les non-membres, ce qui entraîne la multiplication de grandes fraudes massives comme celle sur le LIBOR. Il y en aura d’autres.

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