Espérer Hollande ? Allons ! Un peu de sérieux.

Certains prétendent « espérer » Hollande comme président. Quel mot fort pour un homme si peu intéressant…

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Espérer Hollande ? Allons ! Un peu de sérieux.

Publié le 5 février 2012
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À l’heure actuelle, personne ne peut prédire le résultat final de l’élection présidentielle de mai prochain. D’ailleurs, à plus forte raison, le premier tour semble encore très peu fixé. Cela n’empêche cependant pas certains de se comporter déjà comme si Hollande avait gagné, et d’autres, plus raisonnables, n’en émettent pas moins bruyamment leur désir de voir accéder à la présidence le candidat officiellement socialiste. Une question me taraude : pourquoi ?

Oui, pourquoi, aussi ardemment, espérer Hollande à la présidence ?

Avant de s’attarder sur le personnage Hollande, examinons calmement, à froid, les arguments rationnels qui existent en sa faveur.

Par exemple, on pourrait ici évoquer le fait que Sarkozy a été, pendant cinq longues années, le président le plus catastrophique de l’histoire de la 5ème République. On ne compte plus les citoyens qui se sont découverts des talents de pamphlétaires à la suite de son accession au pouvoir, et qui nous ont infligé leurs profondes analyses et intenses réflexions sur le personnage quasiment chaque jour pour, justement, nous prouver à quel point ce type, bien que démocratiquement élu, était une plaie quasi-dictatoriale.

On pourrait plus prosaïquement constater que la France est à droite depuis 17 ans. Certes, la différence avec une France à gauche tient dans l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette (dont le tarif n’arrête pas d’augmenter, au passage) mais les plus benêts d’entre nous sont persuadés qu’une alternance va miraculeusement remettre la France sur la bonne voie, même si les marges de manœuvres sont microscopiques. Que voulez-vous, il faut parfois des buts simples pour les esprits frustes, ça les motive à avancer, même si c’est souvent vers l’abattoir.

Ces raisons permettent, vaguement, de trouver une motivation d’aller voter Hollande. Mais aucune d’elles ne permet, même de loin, d’y faire poindre les prémices de l’enthousiasme. Si on les utilise pour glisser un bulletin Hollande dans l’urne, c’est par dépit plus que par conviction : on est dans le damage control, le pis-aller, certainement pas dans le transport allègre vers des horizons qui chantent avec des élans de joie bouillonnante.

En fait, ces raisons sont plutôt une analyse en creux, fondée sur la réponse à la question « Pourquoi tout faire pour que l’actuel Président s’en aille » et non une analyse positive sur les bonnes raisons d’avoir Hollande en poste.

Hollande, un homme sain dans un corps sain. Mais socialiste.

Pourtant, des bonnes raisons doivent exister !

Comment ne pas s’enthousiasmer pour ce gentil père de famille recomposée, dont la crise de la quarantaine cinquantaine s’est traduit par une remarquable perte de poids ? D’ailleurs, il a réussi à se débarrasser, dans une période assez courte, d’un peu de ventre et d’un gros boulet. Comme Sarkozy, tiens. Et il a maintenant une femme qui, bien que ressemblant pas mal à sa précédente, se fait fort de ne pas intervenir dans ses affaires. Comme Sarkozy aussi, tiens. Et il aime bien cogner sur les riches, même s’il en est un lui-même (comme Sarkozy du reste).

Moui. Tout ceci n’est pas, à proprement parler, du bonheur en barre. On est même dans la banalité limite gênante tant elle dépeint un parcours balisé de ces hommes en quête avide de pouvoir plus qu’une virile volonté de bousculer les choses, remettre en question les évidences et tutoyer l’univers. Là, on sifflote doucement avec le présent et on vouvoie respectueusement le passé.

Si l’on s’écarte de Sarkozy, tant honni, on peut aussi se dire que Hollande, à la suite des précédents candidats socialistes, marque un vrai renouvellement… On sait qu’avec François, un éventuel débat avec Nicolas n’aurait pas ce parfum de n’importe quoi ahurissant qu’une Ségolène Royal avait réussi à amener avec elle, débat dans lequel on découvrait qu’elle envisageait sans rire de faire raccompagner toutes les gendarmettes par des gendarmes, qu’elle n’avait aucune idée du mix énergétique français, et qu’elle balançait d’énormes absurdités comptables en lieu et place de programme économique (à ce sujet, on se demande encore comme Sarkozy avait pu rester aussi stoïque ce soir là – ce fut d’ailleurs la dernière fois qu’il le fut).

Non, pour sûr, avec François, on aura droit à un beau débat de second tour, avec des graphiques, des chiffres, des phrases pas trop longues ni trop courtes, des arguments sans aspérités, bien polis, bien lisses. Ce sera un échange d’amabilités sur le mode camomille avec un peu d’arguties politocardes et quelques petites piques faciles sur le bilan sarkozien. On entend déjà le frottement des pantoufles et le ronflement paisible des électeurs.

Hollande, c’est aussi l’assurance d’arriver au second tour, mes amis. Et ça, ça compte autant qu’un Nuts, un Raider ou un Mars, et bien plus qu’un Jospin atomisé au premier tour d’une funeste année 2002. Jospin, l’homme qui valait 3 dollars, le Steve Austère de la politique, rigolo comme un piquet de grève CGT sur un quai de gare SNCF en plein hiver, avait réussi à parcourir ses troupes de ce désir d’avenir politique si puissant que les militants et sympathisants PS étaient tous partis à la pêche au lieu de voter pour lui. Traumatisme qui aura d’ailleurs propulsé la dinde poitevine au second tour 2007, dans le grincement audible de leurs dents.

Avec Hollande, pas de grincements de dents. Tous, comme un seul homme, ils voteront pour le poussah tranquille qui a su conserver la ligne malgré quelques plantureux repas à 140€. Tous prétendront oublier, dans l’hypocrisie nécessaire des petits militants bien obéissants, l’arrivisme, les mensonges et tergiversations ou les clips ridicules du candidat ou de son équipe de campagne. Et pour faire taire les derniers scrupules, on brandira une Marine ou deux en second tour pour faire semblant d’enflammer les troupes…

Mais il n’y aura aucune galvanisation, il n’y aura pas d’enthousiasme, pas de folie heureuse, pas de force farouche poussant l’électeur à glisser un bulletin Hollande dans une urne aussi transparente que le personnage en question.

Décidément, pas de doute ! Si vous lisez, quelque part, que certains espèrent Hollande, que d’autres le désirent en tant que président, soyez-en sûr : c’est du flan.
—-
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  • J’ai quand même du mal à trouver Sarko plus catastrophique que Chirac.
    Il a mis en place la rupture conventionnelle du cdi, ce qui est quand très pratique.
    Il a reculé l’âge de la retraite dans un pays où tous ces prédécesseurs ont multiplié les « avancées sociales ».
    Il y a un service minimum pendant les grèves.
    Alors c’est pas beaucoup pour un libéral, mais c’est énorme par rapport à ses prédécesseurs

    Il a mis les universités et leurs cortèges de gauchos au pas

    • à coté de ces maigres avancées, vous savez bien qu’on peut faire une liste kilométrique des mesures socialo-étatistes de Sarkozy… hausse d’impots, nouvelles dépenses, plan de relance inefficace, avalanche de demi-mesures technocratiques, gestion « girouette » au jour le jour sans aucune cohérence (bouclier fiscal, taxe carbone, taxe Tobin…) l’opportuniste électoralise de Sarkozy est tellement grossier qu’un enfant ne se laisserait même pas tromper.

    • De toute façon, en terme d’image de marque, de prestige de la fonction, Sarkozy aura pas mal esquinté la République. Et ses micro-ajustements bénéfiques ne compensent pas l’enfilade de problèmes, lois et bévues qu’il aura commis.

  • 140€ c’était le prix de l’entrée

  • comment s’enthousiasmer pour ce personnage qui n’aura vécu que d’argent public toute sa vie…

  • Si, comme h16, j’ai du mal à comprendre l’enthousiasme à voir Hollande élu, j’éprouve exactement le même étonnement concernant Bayrou ou, du moins, celles et ceux qui sont enthousiasmés par son programme.
    L’enthousiasme envers Marine Le Pen me parait en revanche plus compréhensible : si l’on fait abstraction des vacuités de son programme et de ses propositions, elle est la seule qui ose dénoncer les magouilles et manipulations diverses de l’UMPS et des médias complices. Je sais, c’est peu, et surtout pas suffisant. Mais, par rapport au gloubi-boulga actuel, elle se démarque un peu.

  • Et Bayrou ? Y a-t-il le moindre espoir d’un peu de libéralisme de son coté ? (commme le PLD semble y croire, tièdement…)

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