Loi Léonard : luttons contre les pauvres au camping

Grâce à la clairvoyance de nos élus, les pauvres seront enfin pourchassés jusqu’au camping ! Sus aux miséreux !

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Loi Léonard : luttons contre les pauvres au camping

Publié le 26 janvier 2012
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Pendant que toute la presse tombe en pâmoison sur les beaux discours creux d’un Hollande gonflé à l’hélium, le monde continue sa course et la France son petit bonhomme de chemin sur la route de la servitude. Et l’étape du jour, c’est un arrêt-déjeuner à la case Acharnons Nous Sur Les Plus Faibles, étape locale d’ailleurs religieusement marquée tant par les Socialistes Officiels de gauche que les Socialistes Honteux de droite…

Et pour bien cogner, il suffit de demander à ceux de nos gouvernants qui n’ont évidemment pas trop de problèmes, grâce au flot continu de rentes, prébendes et indemnités : l’Assemblée Nationale s’est bien vite fendue d’un de ces petits textes votés en loucedé pour accroître les taxes et imposer un nouveau rang de contribuables qui échappaient (dans notre cas, parce que trop pauvres) à la douce ponction indispensable pour engraisser nos élites.

Cette fois-ci, il s’agit tout simplement de légiférer sur le cas bien problématique et épineux des gens qui louent pour longue durée dans les campings français. Oui oui. C’est bien de ce terrible fléau qui frappe la France dont il est question et dont s’est emparée une brochette de sémillants députés qui sont payés avec vos sous pour se pencher, justement, sur les questions brûlantes de l’actualité, entre une Commission Dégustation de Vins Fins et une Conférence Dîner-Débat sur « les Petits Fours à l’Assemblée : Apport Calorique Inutile ou Nécessaire Pitance de l’Honnête Homme Au Travail ? »

Le texte de la loi ne semble pas, en lui-même, ni plus méchant, ni plus stupide que d’habitude. On roule ici dans la banalité de la législorrhée républicaine : on y trouve les habituelles considérations sur l’absolue nécessité de réguler, de légiférer et de faire intervenir la loi pour bien protéger le consommateur, pauvret intellectuellement amoindri et ballotté de propriétaires fourbes en loueurs d’emplacements sournois. On est donc ici dans la plus parfaite hypocrisie décontractée et les arguments moisis qu’on nous refourgue à chaque loi pour en justifier l’existence et la fermeture supplémentaire d’un espace de liberté.

Jusque là, rien d’anormal.

Cependant, en fouillant dans les amendements posés en Commission, on découvre, négligemment insérée, une petite phrase qui fait toute la différence :

Obligation pour le locataire de fournir au loueur un justificatif de domicile de moins de trois mois pour la location d’un emplacement pour une durée supérieure à trois mois.

Cette loi impose donc aux locataires de camping de justifier d’une adresse d’un domicile fixe. Ils doivent prouver qu’ils sont touristes, en somme, ou, plus prosaïquement, qu’ils ont déjà craché au bassinet de la taxe d’habitation et/ou de la taxe foncière. Sinon ? Eh bien sinon, on pourra envisager sérieusement de les expulser, ces mécréants de la République qui tentent ainsi, selon toute vraisemblance, d’échapper à l’écot citoyen et festif !

Avant d’aller plus loin, je vais faire ici une petite pause photo. Regardez bien, c’est celle d’un homme normal, qui a l’air presque avenant, sympathique même, probablement père de famille plutôt tranquille. Mais cet homme devrait vous terroriser, car en réalité, il est député et il vient pour vous aider.

J.L. Léonard, député, vient vous aider. Fuyez.

Et pour vous aider, il va donc, lui et ses petits camarades, vous obliger à donner votre adresse fixe précise si vous louez dans un camping pour plus de trois mois. Et il faut dire que c’était, réellement, indispensable.

Tout le peuple de France, en effet, réclamait depuis longtemps qu’il fut enfin mis de l’ordre dans l’inique différence entre les citoyens traditionnels et les gens interlopes et louches, louant sur une longue durée dans des campings municipaux, dans le but chafouin et évident de passer sous le radar équitable et juste d’une administration fiscale imperméable à la conjoncture économique.

Peut-être cette action vigoureuse (et salvatrice, soyez en sûr) visant à reconquérir une partie du portefeuille des plus miséreux s’inscrit-elle dans le cadre plus général de la lutte contre la fraude, lancée récemment par un Bercy tout regonflé de voir ses taux d’emprunt baisser malgré la dégradation française ?

En tout cas, une chose est absolument certaine : du plus puissant au plus petit contribuable, tous passeront à la casserole tant l’État a besoin d’argent. La bête est aux abois, elle va gratter tous les fonds de tiroir, piocher dans toutes les poches, même les plus vides. Dans le même temps, il faudra tout faire pour préparer le peuple à la belle pente glissante de l’inflation, en les éloignant le plus possible des monnaies métalliques (au hasard, en augmentant leurs taxes).

Et plus la situation sera catastrophique, plus la violence fiscale montera. Et lorsqu’elle ne sera plus suffisante, elle fera place à la violence réelle.

Ce pays n’a plus d’argent, plus de ressources. Son Etat n’a plus aucun respect pour ceux qui créent de la richesse ni pour ceux qui souffrent ou qui vivent modestement. Ses jours sont comptés, il se battra donc avec la dernière énergie pour tenir, encore et encore.

Peu importe. Il est foutu.
—-
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  • Eh oui, ces enfoirés qui vivent en plein hiver dans des mobilehomes mal chauffés sont bourrés de fric, il vaut mieux les mettre à la rue plutôt qu’ils aient un toit !
    C’est formidable…
    Mais ne craignez rien, citoyens ! Sarkozy nettoiera certainement nos rues de ces mendiants et sans abris au Karcher !

  • Heureusement Hollande va passer, et il créera un forfait social de taxe de présence pour les résidents non touristiques des campings; ce sera gratuit pour les sans papiers parce que eux, on ne peut pas les laisser dans la rue.
    D’ailleurs ces gens qui vivent dans les campings, est ce qu’ils payent la redevance télé? Je pense qu’il faudra aussi créer une commission afin d’étudier dans quelle mesure ils peuvent participer au financement de notre télévision démocratique et populaire?
    Salauds de pauvres, comme disait Gabin!

  • le seul fléau qui frappe la france , s’appelle sarkozy ; à lui tout seul il fait plus de dégats, humain et environnemental , que n’importe qui d’autres ; je souhaite du fond du coeur , que cette racaille d’en haut , goute un jour la rue , ses hivers , ses dangers …putain oui , c’est mon souhait ;

  • Donc prochaine étape propiska comme en ex URSS c’est à dire l’obligation de s’enregister aupres de la police si on reste plus de 3 jours au meme endroit…Bref rien de nouveau le soleil…

  • Question con (qui trahit bien possiblement que je ne me suis pas davantage renseigné que ça) : qu’est-ce qui empêchera exactement les loueurs et locataires de renouveler leur contrat tous les 3 mois (au pire, on change d’emplacement en 10 minutes, pour la forme, et hop) ?

    Attention, je perçois bien le côté oppresseur de cette loi, dont je trouve le but abject (enforcer la pression fiscale sur des gens qui ont justement réduit leur confort, comme certains que j’ai pu connaître, et qui, de leur plein gré, sont allés vivre en mobil-home, le temps de se faire un petit bas-de-laine, ou parce qu’ils étaient professionnellement itinérants – les mobil-homes n’étant pas forcément que pour les pauvres, notons)…

    … mais au final, l’état ne gagnerait alors pas un kopek de plus (même si on entend déjà ses tripes grouiller à l’idée d’un peu plus de gâteau, qu’il n’aura sûrement pas)… les locataires seraient juste un peu plus emmerdés… et les loueurs ne feraient que bénéficier d’un peu plus de levier pour les dégager « rapidement » (ce qui en pratique ne les gêne déjà pas beaucoup : quand on vit sur le lieu de travail de son proprio, un peu de harcèlement au départ, c’est de toute façon vite arrivé) ?

    Bref, au-delà d’un peu plus d’oppression gesticulatrice, pour bien faire comprendre que l’état n’aime pas que l’on suive une autre route que celles qu’il tient en coupe réglée, sur le fond (après, la forme, ça…), ça ne changera pas grand chose, si ?

    • Le diable est dans les détails. Certaines lois ou institutions de Vichy n’ont jamais été abrogées, trop pratiques pour cacher certaines dérives. Il en ira de même avec cette loi : l’imagination des politiciens étant sans limite pour ce qui est de réguler notre vie, gageons qu’ils sauront l’utiliser pour faire bien plus de dégâts que vous n’en imaginez.

      • Oh, je sais bien que les timbrés qui prétendent nous diriger ne ratent jamais l’occasion de construire du désordre, surtout là où, spontanément, il est absent…

        … l’un des exemples vichystes qui m’ulcère le plus étant d’avoir profité du désarmement forcé des foyers français pour contribuer à faire glisser le paradigme judiciaire, de la défense des individus (et, corollaire, la réparation des dommages leur étant causés), vers la défense d’un modèle de société holistique, et de son cortège de grands projets (paix sociale à tout prix, réinsertion pour tout et pour tous, « c’pas si grave si tu ne peux pas réparer ce que tu as cassé », « c’n’est pas que sa faute s’il en est venu à voler avec violence »…)…

        … reste que, en restant sur cet exemple, il y a toujours des trucs et astuces qui permettent de passer outre un bonne partie des rouages constructivistes : ici, faire partie d’un club de tir et/ou avoir un permis de chasse (voire une pelle, au besoin – moins chère, et moins risquée qu’un avocat si on a eu le malheur de défendre sa vie).

        Et là, pour les campings, pareil : les possibilités de contournement me paraissent si évidentes (re-contrat tous les trois mois, fausses déclaration de sédentarisation, possiblement même rentables en déclarant les faux sédentarisés comme parties du foyer et en magouillant un peu avec les organismes siglés, …) que… même si autant de futilité ne me surprend plus, ça me laisse quand même songeur quant à l’ampleur que peut prendre la gesticulite aigüe, eu égard au bénéfice attendu.

        Mais vous avez raison, h16 : le diable est (toujours) dans les détails. Pour revenir à l’exemple des armes chez soi, ce n’est pas encore leur sévère réglementation, le pire (ça encore, je veux bien – mettons, dans un cadre, au pire, minarchiste – puisqu’on prendrait une option sur l’utilisation de violence, faute de volaille à disposition pour le faire à notre place, au mauvais moment). Le pire est d’avoir réussi à faire gober que, si on se défend face à une tentative de dépouillement violent, et que ça finit en eau de boudin, on serait le primo-agresseur. Il y a ce qu’on voit (par définition, tout de suite), et ce qu’on ne voit pas (ou alors, au mieux, bien trop tard).

  • L’esclavage est partout.
    En France vous n’êtes jamais vraiment propriétaire de votre terrain.
    Vous n’êtes pas libre de son utilisation, cf ci-dessous
    http://www.ladepeche.fr/article/2010/03/07/791340-obliges-de-demolir-leur-yourte.html
    Je suis étonné qu’il n’y ait pas plus de réactions violentes des serfs que nous sommes devenus.

  • Les commentaires sont fermés.

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