François Hollande, démuni face au « monde de la finance »

François Hollande a raison de désigner le « monde de la finance » comme son ennemi

En désignant le « monde de la finance » comme son ennemi, François Hollande nous fait penser à un médecin qui, constatant la fièvre de son malade, se contenterait de lui appliquer des compresses.

Par Alain Dumait

Du discours de 90 minutes prononcé dimanche par le candidat du PS, François Hollande, j’ai principalement retenu cette phrase :

Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies.

Il a raison !

Mais pourquoi et comment le monde de la finance a-t-il pris le contrôle de l’économie ? C’est ce qu’il n’a pas dit…

C’est pourtant simple. « Le monde de la finance » a pris le contrôle de l’économie, sous l’effet d’une double dérive : le financement à crédit de l’État-providence et, pour ce faire, par la création sans limite de monnaie de singe par les banques centrales (« soutien » de la croissance par la consommation, donc par les déficits, donc par la dette…).

Pour réduire à son rôle normal « le monde de la finance », il faut donc et il suffit de rétablir l’équilibre des comptes publics. Et cesser de demander – et d’obtenir – des banques centrales, qu’elles cessent de produire de la morphine monétaire. Dire que l’on reviendra à l’équilibre des comptes publics en 5 ans n’est pas suffisant. Ne rien dire sur la création monétaire par les banques centrales n’est pas sérieux.

« Le monde de la finance » a effectivement pris le pouvoir parce que les politiciens, de droite comme de gauche, le leur ont donné. Veulent-ils le leur ôter ? Qu’ils reviennent donc à une orthodoxie budgétaire et monétaire !

L’orthodoxie budgétaire « de gauche », c’est l’augmentation des prélèvements, des taxes, des impôts et des règlementations. Façon François Hollande. Celle de droite, c’est la diminution des dépenses publiques. Espérons que les Français, le 22 avril ou le 6 mai auront ce choix…

L’orthodoxie monétaire, de droite comme de gauche, devrait consister à ne plus manipuler les taux d’intérêt, à ne plus faire marcher la planche à billets, qui génère, forcément des bulles spéculatives, avec son cortège d’enrichissements sans cause, au détriment de l’économie réelle, et donc de la croissance et de l’emploi.

Hier, François Hollande, en désignant comme son ennemi le « monde de la finance » m’a fait penser à un médecin qui, constatant la fièvre de son malade, se contenterait de lui appliquer des compresses. Alors qu’un diagnostic suppose un minimum de compréhension des phénomènes.

Oui, « le monde de la finance a pris le contrôle de l’économie ». Oui, c’est ce qu’il faut changer ! Mais encore faut-il reconnaitre que cette prise de contrôle résulte d’une politique erronée. À laquelle il faut tourner le dos.

Ce qui n’est pas, hélas, le projet de François Hollande.

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