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États-Unis : faire plus avec moins

Publié le 19 janvier 2012
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Les États-Unis vivront une « renaissance manufacturière » : les coûts de main-d’œuvre y diminuent, alors que ceux de la Chine et des pays émergents augmentent rapidement.

Par David Descôteaux, depuis Montréal, Québec

Oubliez la Chine ou l’Inde. Le cheap labour est désormais à 7-8 heures de route en voiture.

Une usine d’assemblage du fabricant de machinerie Caterpillar à London, Ontario, menace de déménager. La direction veut réduire les salaires et avantages de ses employés d’environ de moitié. Pourquoi? Parce qu’ailleurs, c’est ce qu’elle paye. Mais ailleurs, ce n’est pas en Chine ou au Mexique. C’est en Indiana, aux États-Unis…

Imaginez : depuis le début de la crise, la productivité des entreprises américaines a augmenté trois fois plus vite que celle des entreprises canadiennes! Depuis 2000, les coûts de main-d’œuvre par unité de production manufacturière y ont diminué de 13 %, rapportait récemment le Wall Street Journal. Alors qu’au Canada, ces coûts ont augmenté de 18 %.

Ajoutez à cela l’appréciation du dollar canadien — aujourd’hui à parité, il était de 65 cents US il y a à peine 10 ans —, qui rend les produits de nos exportateurs relativement plus chers que ceux de leurs concurrents. On comprend alors pourquoi des entreprises déménagent au sud de la frontière.

Renaissance, made in USA

Le Boston Consulting Group prédit que d’ici cinq ans, les États-Unis vivront une « renaissance manufacturière ». Les coûts de main-d’œuvre y diminuent, alors que ceux de la Chine et des pays émergents augmentent rapidement. De plus, les États et villes américaines se surpassent en offrant aux multinationales des subventions plus indécentes les unes que les autres. Pour les entreprises qui veulent s’y implanter, c’est le gros lot : accès à des travailleurs qualifiés, des technologies de pointe et des infrastructures modernes, pour un coût de plus en plus bas.

Est-ce une bonne nouvelle pour les Américains? Pour les PDG, peut-être. Eux qui n’ont jamais autant gagné d’argent. Mais pour les travailleurs, pas sûr. Le nivellement par le bas des salaires n’a rien de réjouissant. C’est d’ailleurs une raison pourquoi cette « renaissance manufacturière » est possible : les syndicats aux États-Unis, déjà en déclin, deviennent de plus en plus « flexibles » face aux demandes patronales. Pour eux, le choix est simple : perdre des avantages, ou perdre son boulot.

Ça s’en vient ici…

White Birch, Rio Tinto ou Electrolux sont des exemples d’un phénomène qui commence à frapper ici aussi. Je ne dis pas que c’est une bonne chose, loin de là. Mais quelqu’un possède une solution miracle? Dans le domaine du possible, soulignons qu’il n’y a pas que les salaires dans l’équation. Les entreprises canadiennes pourraient, par exemple, profiter du dollar fort pour investir dans des équipements à la fine pointe de la technologie. Afin d’augmenter leur productivité. Les gouvernements aussi peuvent aider. Non pas en distribuant des subventions à tout vent, mais en contrôlant leurs dépenses. Afin d’éviter d’avoir à imposer de nouvelles taxes aux entreprises et aux consommateurs dans le futur.

Pendant la crise, les Américains ont appris à faire plus avec moins. Pas nous. Si on veut éviter à nos travailleurs — syndiqués ou pas — un nivellement pas le bas, il faudra se rattraper quelque part.

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