L’euro a fêté ses 10 ans en pleine crise

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L’euro a fêté ses 10 ans en pleine crise

Publié le 13 janvier 2012
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Vouée dès le début à l’échec, la monnaie européenne a fait longtemps illusion.

Un article de l’aleps

L’anniversaire n’a pas été joyeux. Contre le dollar, une monnaie pourtant bien mal gérée, l’euro a atteint sa cote la plus basse depuis plusieurs mois. Contre le franc suisse l’euro a perdu en trois ans quelque 40 %. En dépit des mesures de sauvetage, de plus en plus risquées, l’euro ne résiste pas à la crise des dettes souveraines.

Lors de sa création, la plupart des économistes libéraux avaient marqué leur scepticisme. La zone euro manquait visiblement d’homogénéité avec des pays économiquement solides et des finances publiques saines, et d’autres tout à l’opposé. L’idée même d’une monnaie unique impliquait celle d’un gouvernement économique de l’Europe qui n’intéressait en fait que les hommes politiques, trop désireux de retrouver au niveau européen le pouvoir et les moyens que la mondialisation leur avait fait perdre dans leurs propres pays. Les pères de l’euro se sont pourtant autorisés à aller de l’avant, en pensant que la sagesse et le consensus allaient s’instaurer, et en mettant en place des garde-fous avec les critères de Maastricht et les pactes de stabilité d’Amsterdam et de Lisbonne. Personne ne les a respectés, et surtout pas les Français.

Pendant plusieurs années, l’euro a été considéré comme une « monnaie forte » au point que l’on a reproché à Jean Claude Trichet de n’être pas aussi laxiste qu’Alan Greenspan puis Ben Bernanke, et de pénaliser les exportations européennes (le succès de l’Allemagne prouvant le contraire). Les choses se sont gâtées avec l’affaire des dettes souveraines, bien antérieure à la crise financière de 2008, mais aggravée par les stupides politiques de relance budgétaire qui n’ont conduit qu’au chômage massif. Aujourd’hui l’avenir est très compromis pour l’euro, qui doit sa survie au calendrier électoral : pas d’accident avant les élections françaises, au risque de compromettre les chances de Nicolas Sarkozy, chantre de l’euro et de la gouvernance européenne. Grâce à quoi l’euro va vivre son dernier printemps. Joyeux anniversaire !

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