Les taux du crédit immobilier sont en hausse

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Bien que le taux directeur de la Banque centrale (le taux auquel les banques empruntent l’argent qu’elles vous prêtent) n’ait pas évolué, nous voyons, tout doucement, le coût du crédit se renchérir

Par Thibault Doidy de Kerguelen

Bien que le taux directeur de la Banque centrale (le taux auquel les banques empruntent l’argent qu’elles vous prêtent) n’ait pas évolué, nous voyons, tout doucement, le coût du crédit se renchérir. En clair, les clients risquent de devoir faire les frais de la dépréciation de plus de 50% des actifs de la Grèce et de la contagion que cela risque de produire sur d’autres pays. Votre établissement bancaire va essayer de se rattraper et vous allez en faire les frais. Espérons que les organismes de contrôle interviennent afin d’éviter les accords entre banques et permettre ainsi que celles qui ne sont pas ou peu impactées puissent être compétitives et les clients payer leur crédit le juste prix.

En attendant cette hypothétique régulation, les taux des prêts immobiliers ont augmenté de 7 points de base en décembre, à 3,93 % en moyenne (3,93 % pour l’accession dans le neuf et 3,97 % pour l’accession dans l’ancien), selon les chiffres de l’Observatoire CSA Crédit Logement. Ils rejoignent ainsi leur niveau de l’été, avant le recul de 5 points en octobre. Dans ce contexte, la part des crédits à taux variable remonte : 5,2 % en décembre contre 4,8 % en moyenne au 4e trimestre 2011. Autre signe de contraction : la hausse du crédit s’accompagne d’une réduction des durées de prêt, à 17 ans et 4 mois, soit le niveau qui prévalait à l’été 2010. La réduction des durées est plus forte dans le neuf (238 mois en décembre, contre 248 en juillet) que dans l’ancien (224 mois en décembre, contre 229 mois en juillet). Les prêts de moins de 15 ans représentent actuellement 22,3 % des prêts en décembre (contre 18,7 % au 1er trimestre 2011). Les prêts accordés sur 20 à 30 ans représentent 50,3 % des prêts en décembre (contre 55,6 % au 1er trimestre 2011).

Les banques se recentrent clairement vers les emprunteurs les plus solvables, capables d’afficher un certain niveau d’apport personnel. La part de ce dernier dans les opérations de financement ne cesse de progresser, passant de 6,1 % en 2010 à 11,8 % en 2011 (quasiment doublé en un an!). En conséquence, le coût des opérations commence à fléchir. Après une hausse de 7 % en 2010, il a ralenti en 2011, avec un recul cet été. Sur l’année 2011, il ne s’est accru que de 4 %, une tendance qui pourrait se confirmer en raison de la détente des prix immobiliers qui se dessine en 2012.

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