Qui est Ron Paul?

À l’occasion du coup d’envoi en Iowa des primaires Républicaines, un portrait de Ron Paul, le candidat libertarien, méconnu des médias français

À l’occasion du coup d’envoi en Iowa des primaires Républicaines, Contrepoints propose un portrait de Ron Paul, le candidat libertarien, méconnu des médias français.

Ron Paul, né le 20 août 1935, est un homme politique américain, membre du Parti républicain. De profession gynécologue obstétricien, il habite la région de Houston au Texas. Il est élu à dix reprises à la chambre des représentants pour l’État du Texas. En 1988, il est candidat à la présidence des États-Unis pour le Parti Libertarien où il obtient un peu plus de 400.000 voix.

Républicain libertarien, il est indépendant et très isolé dans son propre camp. Sous les mandats de George W. Bush, il a ainsi voté contre les propositions de lois républicaines sur l’augmentation des dépenses militaires ou le Patriot Act, a appelé à un retrait rapide des troupes américaines d’Irak et à une réduction des pouvoirs de la Réserve fédérale.

Selon une étude du journal New American paru en 2006, c’est le plus libéral de tous les membres de la chambre des représentants et du Sénat.

En 2007, il a annoncé son intention de briguer l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle. Il ne l’a cependant pas obtenu, malgré une primaire pendant laquelle il a levé des montants très importants auprès de plusieurs dizaines de milliers d’électeurs.

Pour lui, le gouvernement fédéral devrait s’en tenir aux devoirs spécifiés dans la Constitution. Il vote contre toutes les lois qui selon lui violent la constitution américaine. Il n’a jamais voté pour augmenter les impôts, ou les revenus des membres de la Chambre des Représentants. Il refuse de bénéficier du système de pension du Congrès. Il a toujours voté contre le « USA Patriot Act », le « Military Commissions Act of 2006, et la Guerre en Irak.

Son fils Rand Paul est lui aussi libertarien et candidat à l’investiture républicaine pour l’élection sénatoriale dans le Kentucky en 2010.

Les principes d’une société libre

Dans son livre Liberty Defined (2011), Ron Paul définit les dix principes d’une société libre (traduction Jacques Peter pour l’Institut Coppet) :

  1. Les droits appartiennent aux individus, pas à des groupes ; ils découlent de notre nature et ne peuvent être ni accordés ni supprimés par le gouvernement.
  2. Toutes les associations pacifiques et volontaires de nature économique ou sociale sont autorisées ; le consentement est la base de l’ordre économique et social.
  3. Tout bien justement acquis est la propriété privée d’individus ou de groupes volontairement constitués, et cette propriété ne peut être arbitrairement supprimée par les gouvernements.
  4. Le gouvernement ne peut redistribuer les avoirs privés ni consentir des privilèges particuliers à tout individu ou groupe.
  5. Les individus sont responsables de leurs actes ; le gouvernement ne peut et ne doit pas nous protéger de nous-mêmes.
  6. Le gouvernement ne doit pas s’arroger de monopole sur l’argent d’un peuple et il ne doit jamais s’adonner à la fausse monnaie, même au nom de la stabilité macroéconomique.
  7. Les guerres d’agression, même si elles sont qualifiées de préventives, et même si elles ne concernent que des relations commerciales, sont interdites.
  8. Le pouvoir législatif du jury, c’est à dire le droit des jurés de juger la loi aussi bien que les faits, est un droit du peuple et la norme des tribunaux.
  9. Toutes formes de servitude involontaire sont interdites, pas seulement l’esclavage mais aussi la conscription, l’association forcée et la distribution imposée de subsides.
  10. Le gouvernement doit respecter la loi qu’il demande aux autres de respecter et par conséquent il ne doit jamais faire usage de la force pour inciter à des comportements, manipuler des arrangements sociaux, gérer l’économie, ou dire à d’autres pays comment ils devraient se comporter.

Abolir la Fed

End the Fed (abolir la Réserve Fédérale) est un des mots d’ordre de Ron Paul, c’est également le titre d’un livre-témoignage qu’il a publié en 2009. Il y déclare notamment :

L’industrie bancaire a toujours eu des problèmes avec l’idée d’un marché libre pouvant entraîner tant des gains que des pertes. Elle aime bien les premiers mais les dernières posent problème, et c’est la raison de la tendance constante, dans l’histoire américaine, à la centralisation monétaire et bancaire, ce qui profite non seulement aux plus grandes banques, qui ont le plus à perdre avec un système monétaire sain, mais aussi au gouvernement, qui peut utiliser un système élastique comme source alternative de revenus. La coalition entre gouvernement et grandes banques est l’épine dorsale de la centralisation de la monnaie et du crédit.

Voyez le cas de l’URSS : à ma connaissance, il n’y a jamais eu de faillite d’entreprise sous le système soviétique, mais la société n’a fait que s’appauvrir. Appliquez le système soviétique à l’industrie bancaire, et vous obtenez la Fed.

 

Ron Paul, qui est de longue date partisan de l’étalon-or, et le promoteur d’un projet de loi (bill H.R.1207) qui vise à faire auditer la Fed par le Congrès, explique la nocivité ainsi que l’inconstitutionnalité de la Fed, qui travaille contre l’intérêt du peuple américain en gonflant les masses monétaires à un rythme comparable « à celui de la république de Weimar ou du Zimbabwe ». Il rappelle le rôle historique de l’inflation et de la dévaluation de la monnaie dans le financement des guerres et dans la taille disproportionnée atteinte aujourd’hui par le gouvernement fédéral. Ron Paul fustige l’opportunisme et l’inaction des autres membres du Congrès, qui supportent le système tel qu’il est actuellement parce qu’ils tirent les bénéfices politiques de l’irresponsabilité de la Fed.

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Extrait de wikiberal, l’encyclopédie libérale en ligne développée par liberaux.org