Un grand mythe économique contemporain: faire baisser les taux d’intérêt !

Politiciens et pseudo-économistes tiennent pour un postulat que des taux d’intérêt faibles valent mieux que des taux d’intérêt plus élevés

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Un grand mythe économique contemporain: faire baisser les taux d’intérêt !

Publié le 2 janvier 2012
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Politiciens et pseudo-économistes tiennent pour un postulat que des taux d’intérêt faibles valent mieux que des taux d’intérêt plus élevés.

Par Alain Dumait

Alors que la fixation autoritaire des prix et des salaires est désormais à peu près unanimement tenue pour inefficace (encore que de nombreux politiciens ou pseudo-économistes proposent chaque jour d’y revenir, partiellement, temporairement, exceptionnellement…), il en va différemment pour les taux d’intérêt et les taux de change.

Certes, tous les économistes classiques ont déjà démontré qu’il s’agissait de prix qui, comme les autres, devaient être librement déterminés par le marché, c’est-à-dire par la loi de l’offre et de la demande. Mais rien n’y fait : politiciens et pseudo-économistes tiennent pour un postulat que des taux d’intérêt faibles valent mieux que des taux d’intérêt plus élevés, comme ils croient qu’un taux de change bas favorise les exportations et donc la production d’un pays donné.

Ces postulats ne sont pas seulement faux. Ils sont aussi très dangereux.

Commençons par l’affaire des taux d’intérêt.

On dit que le crédit abondant et pas cher permet un financement à bon compte des projets d’investissements. Le problème provient du fait que des taux d’intérêt bas financent aussi de mauvais projets d’investissement, sans rentabilité interne. Ils aboutissent à une mauvaise allocation des ressources rares qui s’appelle l’épargne. Ils financent même et surtout l’État-providence et les déficits de la sphère publique. Ils découragent évidemment l’épargne. Et encouragent la dette, si funeste.

La bulle financière où nous nous trouvons, avec ces montagnes de dettes « souveraines », ne se serait jamais formée avec des taux d’intérêt vrais. Déterminés sans manipulation.

Longtemps, on a dit que si les banques centrales étaient certes en mesure d’influencer les taux à court terme, elles n’étaient pas, par contre, en mesure d’influencer les taux longs. Ce n’est plus vrai quand la BCE prête aux banques sur 3 ans près de 500 milliards d’euros à 1% d’intérêt… À seule fin qu’elles puissent souscrire aux émissions de refinancement des États en faillite…

Et le développement cancéreux de la sphère financière s’explique aussi, pour l’essentiel, par le caractère artificiellement bas des taux d’intérêt depuis 20 ans.

Idem pour les taux de change.

Une monnaie faible (un euro à un dollar…) permettrait de retrouver de la compétitivité sur les marchés extérieurs. À l’instant « t », certainement. Mais comment se fait-il que les meilleurs exportateurs soient aussi les pays à monnaie forte, comme l’Allemagne (jusqu’à la création de l’euro) ou la Suisse ? Parce qu’une monnaie forte, outre un avantage patrimonial pour ceux qui en détiennent, est aussi un puissant facteur de créativité et de bonne gestion pour les entreprises et les économies qui refusent la facilité des dévaluations répétitives.

En vérité, taux d’intérêt et taux de change doivent être à leurs prix, ni plus ni moins. Et ceux-ci ne peuvent être déterminés que sur et par des marchés libres.

On dira qu’avec cette méthode, on risque d’avoir des écarts importants et souvent erratiques. Notons tout d’abord qu’en système manipulé (ou régulé, c’est pareil ! ) les variations sont déjà invraisemblables. Il suffit d’observer l’évolution du cours de l’Euro par rapport au dollar depuis dix ans ! Ces variations seraient-elles encore plus fortes dans un système libre ? C’est pas sûr. Mais veut-on avoir la garantie d’un système beaucoup plus stable ? Pas d’autre solution que de permettre à l’or de retrouver son rôle de référence, au moins dans les échanges internationaux. Il suffirait pour cela d’autoriser que des contrats d’échanges soient ainsi rédigés.

On aurait alors une monnaie unique mondiale, bien adaptée à un commerce mondialisé. C’en serait bientôt fini des politiques mercantilistes unilatérales, qui aboutissent, présentement, à réveiller les démons protectionnistes.

Au passage, de fait, la monnaie chinoise – dont le cours est encore plus manipulé qu’une autre – serait naturellement réévaluée, de 40 ou 50 %…

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  • Remplacer des monopoles monétaires par un monopole encore pire, l’or, n’est pas la bonne solution.

    L’usage de l’or conduit, tout aussi sûrement que les monnaies monopoles administratifs, aux politiques mercantilistes, à l’endettement public, à la guerre, aux manipulations monétaires par les pouvoirs publics puis à l’abandon de l’or qui est intenable à LT.

    La détermination effective des prix et des quantités sur le marché monétaire ne peut apparaître qu’avec des monnaies privées concurrentielles et avec l’interdiction absolue des dettes publiques.

    • Personnellement je pense aussi que la liberté monétaire est le meilleur système et j’ai néanmoins confiance dans le fait que l’or occupe une place prépondérante dans celui-ci. Mais ne pourrait-on pas avoir un monopole sur l’or qui soit un véritable étalon-or et qui passerait au travers de ces problèmes en interdisant les réserves fractionnaires et l’émission de monnaie étatique ?

  • Pas mal… et quid de la BNS qui a arrimé son CHF à la monnaie de singe qu’est devenu l’€…?

    On va rire…..

  • Toute cette prose fumeuse qui parle de « bons » ou « mauvais » investissements n’a aucun sens, et pour un objectif aussi incompréhensible (que veut dire « baisser » quelque chose qui n’a pas de valeur fixe) et aussi peu légitime.

    Le taux d’intérêt est en effet antidémocratique, il conduit simplement à créer une inégalité entre le prêteur et l’emprunteur. En effet, et à chaque instant de la période de remboursement, le pouvoir d’achat de la monnaie est identique pour les deux, et l’emprunteur a de fait été spolié du pouvoir d’achat des intérêts qu’il a payés.

    La solution est que pour tous les investissements, l’emprunteur et le créancier doivent partager à la fois le risque et les bénéfices, et ils doivent être coinvestisseurs.

    Cela ne peut être réalisé en pratique que dans le cadre d’un financement public, dans lequel l’intérêt n’a aucune raison d’être.

    Bien sûr, il n’est pas question d’interdire l’investissement privé, à la condition que l’argent ne soit pas emprunté.

    Le vrai problème est que les manuels d’économie n’ont pas pris en compte la vraie nature de la monnaie qui n’est qu’une avance distribuée aux agents économiques à titre de « fonds de roulement » et que les financements d’investissement doivent aussi être considérés comme tels.

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