Non, la prohibition de la prostitution n’est pas l’abolition d’un esclavage

On peut facilement imaginer la nouvelle catastrophe qu’une loi pénalisant la prostitution provoquera au bout de quelques années

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Non, la prohibition de la prostitution n’est pas l’abolition d’un esclavage

Publié le 13 décembre 2011
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Aucune des expériences du passé ne peut servir de leçon à cette famille politique désastreuse qui s’entête dans un dirigisme obtus. On peut facilement imaginer la nouvelle catastrophe qu’une loi pénalisant la prostitution provoquera au bout de quelques années.

Par Alain Cohen-Dumouchel

Une proposition de loi visant à pénaliser les clients des prostituées a été déposée à l’assemblée nationale. Cette proposition fait suite au rapport publié en avril dernier par la mission d’information parlementaire sur la prostitution. La député socialiste Danielle Bousquet en était la présidente et Guy Geoffroy, UMP, le rapporteur. Avant que cette proposition de loi soit soumise au vote, une résolution symbolique a déjà été votée à l’unanimité par l’assemblée le 6 décembre. Elle « réaffirme la position abolitionniste de la France dont l’objectif est, à terme, une société sans prostitution » et juge « primordial que les politiques publiques offrent des alternatives crédibles à la prostitution et garantissent les droits fondamentaux des personnes prostituées« .

Que dire de cette résolution et de la proposition de loi qui l’accompagne ?

Tout d’abord, la méthode. Confier une mission parlementaire à un socialiste sur un « sujet de société » est une martingale particulièrement payante pour la droite. Depuis que la gauche, sous l’influence du rocardisme, est devenue un bastion de puritains hygiénistes, le procédé marche pratiquement à tous les coups. L’épithète « réactionnaire » que l’on croyait réservé au peuple de droite s’applique désormais parfaitement aux ligues de vertu socialistes ou au culte écologique. Les chefs de file de notre bonne vieille droite gaulliste n’hésitent donc plus à nommer des personnalités de gauche à la tête des multiples « comités d’éthique » ou « missions parlementaires » convaincus qu’ils se comporteront en auxiliaires zélés de la morale chrétienne conservatrice. Faire bâtir par la gauche une loi rêvée par la droite c’est le plus sûr moyen de la faire aboutir.

Ensuite, sur le fond, on pourrait disserter sur les préférences opérées par la commission parlementaire présidée par Danielle Bousquet qui, sur deux cents auditions, n’a entendu que quinze prostituées dont sept en activité, le reste étant réservé aux « experts ». On pourrait rappeler pour la énième fois que l’État, qui ne rechigne pas à fiscaliser la prostitution (les prostituées doivent cocher la case « bénéfices non commerciaux » sur leur déclaration de revenus), se place de fait en position de proxénète. On pourrait mieux écouter Morgane Merteuil, secrétaire générale du syndicat du travail sexuel, lorsqu’elle dit que les travailleuses du sexe ne sont pas forcément des victimes et que, parlant des clients elle affirme : « ils sont bien plus respectueux envers nous que les féministes abolitionnistes« . On pourrait souligner, comme Élisabeth Badinter, que la seule question c’est que la femme « ne soit pas contrainte » ce que confirme intelligemment Morgane Merteuil en distinguant le proxénétisme de soutien du proxénétisme de contrainte. On pourrait redire que la « protection des femmes » sert souvent de prétexte pour les maintenir dans la soumission.  Le voile, l’interdiction du divorce ou des rapports avant le mariage, le chaperonnage, c’est toujours pour « protéger » les femmes. On pourrait enfin évoquer le fait que le tourisme sexuel (que l’on pourrait aussi dénommer exode sexuel) permettra toujours à ceux qui en ont les moyens d’échapper à l’interdiction du sexe tarifé dans leur pays.

Mais tout cela ne sert à rien.

Aucune des expériences du passé ne peut servir de leçon à cette famille politique désastreuse qui s’entête dans un dirigisme obtus.

L’emploi va mal ? Ils légifèrent pour pénaliser les licenciements et provoquent une recrudescence du chômage. Le niveau de vie ne progresse plus ? Ils décrètent le salaire minimum le plus élevé du monde et condamnent à l’exclusion tous ceux dont le travail vaut moins que ce seuil artificiel. Les locataires ont des fins de mois difficiles ? Ils empêchent le recouvrement des loyers impayés et provoquent une pénurie de logements locatifs et une hausse des tarifs. Les drogues sont contraires à leur morale ? Ils les interdisent et provoquent un gigantesque trafic international, le financement du terrorisme et la diffusion des produits à la sortie des écoles. L’économie n’est pas assez dynamique ? Ils maintiennent un déficit permanent pendant quarante ans pour satisfaire leur clientèle électorale et mettent leur pays en faillite.

On peut facilement imaginer la nouvelle catastrophe qu’une loi pénalisant la prostitution provoquera au bout de quelques années : trafic exclusivement aux mains de la mafia, violence et clandestinité pour les femmes, exode sexuel pour les riches, moins de rentrées fiscales et plus de frais liés à la répression pour l’État. Un désastre de plus à l’actif des constructivistes !

Mais nous avons gardé le plus scandaleux de cette affaire pour la fin car l’expression « La position abolitionniste de la France« , employée dans la résolution votée par l’assemblée, cherche clairement à établir un parallèle entre la future loi et rien moins que l’abolition de l’esclavage.

Après avoir mis le pays en  faillite, nos députés prétendent donc se comparer à ceux qui ont aboli l’esclavage. Pas de chance pour eux, ce sont les ancêtres des libéraux qui par deux fois, avant et après Napoléon, ont aboli l’esclavage au nom des Droits de l’Homme de 1789 qui posent comme principe inaliénable la liberté et la propriété de chaque individu sur son corps et sur les fruits de son travail. Il est donc évident qu’au nom de ces mêmes principes, la pratique de la prostitution entre adultes libres et consentant, donc sans coercition, doit être possible sans pénalisation du prestataire de service (c’est-à-dire du ou de la prostituée) ni du consommateur. À l’inverse, la pénalisation de la prostitution est très clairement une forme d’esclavage puisqu’elle revient à ne pas reconnaître la propriété des individus sur leurs corps et sur les fruits de leur travail.

Ceux qui veulent faire passer aux yeux de l’opinion la prohibition de la prostitution pour l’abolition d’un esclavage sont donc, au choix, des usurpateurs ou des incultes. En tout cas il faut qu’ils partent, vite !

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  • Le fait de qualifier la prostitution de « barbarie » est un jugement de valeur qui appartient à la religion ou à la morale personnelle mais qui ne justifie en rien l’interdiction de ce commerce par l’Etat.
    Le terme « légalisation » pour désigner la suppression d’une interdiction étatique est un piège sémantique courant dans lequel il faut éviter de tomber. La question n’est pas de « légaliser » la prostitution ou la drogue mais d’empêcher (ou pas) leur prohibition. L’acte de droit positif c’est la prohibition, pas la « légalisation ».

    • « Le fait de qualifier la prostitution de « barbarie » est un jugement de valeur qui appartient à la religion ou à la morale personnelle  »

      L’esclavage sexuel est il pour vous une barbarie, ou non ?

      • L’esclavage sexuel et la prostitution sont des mots différents pour recouvrir des concepts différents. Tortiller le sens des mots, c’est typique de certains comportements autoritaires.

        • Ma question ne concernait pas la prostitution mais l’esclavage sexuel.

          Je peux vous la poser à vous aussi : l’esclavage sexuel est il pour vous ou non une barbarie ?

          En tout cas, alcodu, lui, n’a pas encore répondu.

          • On ne peut répondre qu’à une question, et votre prétendu question n’en est pas une. C’est juste une affirmation à peine déguisée que « l’esclavage sexuel » est une « barbarie ». Je ne vois pas bien quel commentaire pertinent une telle affirmation peut bien appeler…
            Ah si, peut-être :
            Me Eolas s’est déjà fait verbalement écharpé ( http://www.maitre-eolas.fr/post/2011/11/12/Attention-manip-%3A-le-pacte-2012-de-l-Institut-pour-la-Justice#c153310 ) pour avoir rappeler que la barbarie correspond à une définition juridique assez précise pour exclure des faits ayant entrainé mort d’homme. La barbarie, c’est un truc précis qui n’est ni l’assissinat ni l’esclavage ni rien d’autre. juste la barbarie.

            L’esclavage (sexuel ou autre), loin d’être une pratique « barbare », est au contraire impossible sans un niveau relativement élevé de civilisation. C’est la loi qui institue l’esclavage, qui n’a rien de naturel.

          • Reformulons donc la question : considérez vous que l’esclavage sexuel est une pratique répréhensible ?

          • http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=5B1EDAECD60EB83F67D71B1BB49DC4A2.tpdjo08v_3?idSectionTA=LEGISCTA000006165299&cidTexte=LEGITEXT000006070719
            Posons plutôt une vraie question : dans « esclavage sexuel », qu’est-ce qui, selon vous, porte et doit porter l’interdit ? « esclavage » ou « sexuel » ? Il me semble que votre discours n’a de sens que dans la mesure où pour vous l’interdit porte sur « sexuel », et que la composante « esclavage » est rajoutée pour donner une légitimité à cet interdit qui, sans cela, n’en aurait pas.

            Notez que le sexe n’est pas, et de loin, la principale motivation des esclavagistes : il fournisse surtout des travailleurs et des mendiants. Si vous estimez que pour empêcher l’esclavagisme il convient de réprimer le sexe tarifé, y compris les clients, il va falloir être logique et réprimer aussi toutes les autres activités où on met des esclaves à contribution : la mendicité, le travail tarifé (salariat et prestation de service), etc.

        • « L’esclavage sexuel et la prostitution sont des mots différents pour recouvrir des concepts différents. Tortiller le sens des mots, c’est typique de certains comportements autoritaires. »

          Je précise donc que dans mon esprit oui, l’esclavage sexuel et la prostitution sont des mots (et des concepts) différents, et que ma question porte sur l’esclavage sexuel et non la prostitution.

  • L’esclavage est dans les gènes de la prostitution, et le statut qu’on lui donne (sanctionnée par la loi ou non) n’y change rien.

    Que la prostitution soit pénalement punie ou non, elle reste mal vue par la plupart des gens. Les prostitué(e)s (excepté dans le « haut de gamme », et encore) évoluent toujours à l’écart de la société et sont donc très isolés, ce qui facilite par nature leur mise en esclavage par des bandits, bien plus que dans les autres activités économiques.

    • « L’esclavage est dans les gènes de la prostitution »
      Non. Ou alors, prouvez-le.

    • Pas d’accord.

      Que l’on considère la prostitution comme une activité noble ou sale est une chose et qui, du reste, dépend essentiellement du degré de jugement de tout un chacun. A partir de ce fait, il est évident qu’il s’agit éminemment d’une appréciation purement subjective.

      En revanche, la prohibition est une cause majeure d’esclavage par le biais de l’exploitation de cette activité par des souteneurs. Ce qui confine alors à une forme d’esclavage.

      Observons ce qui se passe dans notre société actuelle. Une majorité de prostitué(e)s exercent cette activité afin de pouvoir financer leur consommation quotidienne de drogues -illicites- (crack, cocaïne, héroïne, méthamphétamine). Pourquoi ? Parce que ces drogues coûtent très cher. Pourquoi coûtent-elles si cher ? Parce qu’elles sont illégales. Nous pouvons ainsi observer le gramme de machin-truc passer de moins d’un euro (à la production) à plus de 40 euros dans la rue, graissant au passage les trafiquants, les politiciens, les douaniers, policiers et les juges(voir ou revoir « Le Parrain »).

      Il y a deux méthodes bien connues pour y arriver : soit le ou la prostitué(e) est déjà addict au départ, soit les souteneurs rendent addict leurs proies afin de les amener « naturellement » à la prostitution.

      Mais imaginons que nous légalisions ces drogues dures : leur prix ne manquerait pas de chuter considérablement ce qui, de fait, rendrait la prostitution comme n’étant plus l’une des trois seules activités (avec la délinquance et le deal) possibles pour financer sa consommation.

      Imaginons par ailleurs que la prostitution soit totalement légale au même titre que n’importe quelle autre activité professionnelle : le nombre de souteneurs ne manquerait alors pas de diminuer fortement, voire de disparaître (sous peine de sanctions judiciaires lourdes).

      Je pense ainsi que la légalisation totale de la prostitution est -et de loin- la meilleure solution pour tous.

      • « Que l’on considère la prostitution comme une activité noble ou sale est une chose et qui, du reste, dépend essentiellement du degré de jugement de tout un chacun. »

        La quasi totalité des « tout un chacun » a la même opinion de la prostitution. L’ensemble de ces opinions individuelles allant dans le meme sens a un effet bien tangible et concret/

        Le fait qu’elle soit mal vue par l’ensemble de la population fait que les prostitués vivent et travaillent dans l’isolement : que la loi autorise ou non la prostitution n’y change rien, cette honte attachée au métier permet à la pègre de prendre très facilement le contrôle de cette activité.

        • « …cette honte attachée au métier permet à la pègre de prendre très facilement le contrôle de cette activité… »

          Ah oui, et sur quelles bases prolifère la pègre, d’après vous ? Sur la… prohibition lol. Donc, justement, on est bien là au coeur du problème, et non sur des élucubrations quant à ce que pense ou pas une « majorité » d’individus. La base du libéralisme est bien le contrat de gré à gré et non d’imposer par la force (loi) une contrainte quelconque, basée sur je ne sais quelle pseudo-opinion publique.

          • « Ah oui, et sur quelles bases prolifère la pègre, d’après vous ? Sur la… prohibition  »

            Non, la pègre est toujours très puissante dans cette activité, que la prostitution soit pénalement punie ou non.

            Il semble bien que les stratégies de légalisation de la prostitution ne permettent pas fondamentalement de réduire cette proportion de travail contraint : les bordels ayant pignon sur rue peuvent recevoir des controles, genre des services de santé publique, et dans ces bordels là, il peut y avoir une proportion élevée de personnes se prostituant « par choix ». Mais comme la pression légale se relâche, les proxénètes clandestins se multiplient et prospèrent, et l’esclavage sexuel (à bon marché) progresse (soit sur place, soit dans les pays voisins, le pays « légalisateur » servant de plateforme de « recrutement » à ciel ouvert, les esclaves étant ensuite dispatchés dans d’autres pays).

            Il ne faut pas oublier que, quel que soit le régime légal de la prostitution, un esclave sexuel coute toujours moins cher au client qu’un prostitué indépendant.

        • « les prostitués vivent et travaillent dans l’isolement »

          Le clergé séculier aussi.

      • « Une majorité de prostitué(e)s exercent cette activité afin de pouvoir financer leur consommation quotidienne de drogues -illicites- (crack, cocaïne, héroïne, méthamphétamine) (…) Pourquoi ? Parce que ces drogues coûtent très cher.  »

        D’où sortez vous l’affirmation que le principal motif de prostitution est de financer une consommation de drogue ?

        Dans le rapport Bousquet, l’usage des drogues dures est au contraire jugé très marginal (5%) : l’achat de la « dose d’après » serait alors un motif très marginal de maintien dans la prostitition.

        L’usage de drogues est présenté par le rapport comme une conséquence de l’activité de prostitution, pour rendre l’activité supportable en se distanciant de soi-même. Les prostitué(s) utilisent surtout les médicaments, le cannabis et l’alcool, qui ne sont pas chers.

        Sur le point des drogues et de l’alcool, voir ici : http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i3334.asp#P1277_238336

        • Parce que pour vous, l’assemblée nationale est une source fiable d’informations ? On nage en plein délire, là…

          Je vous parle de vécu, hein, il n’y a qu’à lire « Moi Christiane F » ou bien voir les films sur la mafia !!!

          • « Parce que pour vous, l’assemblée nationale est une source fiable d’informations ? On nage en plein délire, là… »

            L’AN n’est bien entendu pas la source de première main. C’est l’Office Central pour la Répression de la Traite des Êtres Humains qui est la principale source de chiffres dans ce rapport. Donc surtout des sources policières.

            Comme toutes données concernant une activité illicite (en l’occurence l’esclavagisme sexuel), les données sont forcément à prendre avec précaution. Mais l’analyse, sur l’utilisation des stupéfiants, rejoint les expériences des associations sur le terrain : ce qui maintient dans la prostitution, ce n’est pas le manque toxicomaniaque.

            Sur quelles données appuyez vous votre analyse à vous ? (outre la littérature et le cinéma, s’entend)

          • Voici donc (au hasard du net) quelques liens dont des études de terrain, essentiellement réalisées aux USA démontrant le forte corrélation entre l’addiction aux drogues dures et la prostitution dite « de rue » :

            http://www.drugfreedetroit.org/samy/news/Project_fresh_start/Calvin_Trent_Prostitution_Powerpoint_Presentation_%28Toledo_Conference%29.pdf

            http://www.exampleessays.com/viewpaper/8034.html

            Ces travaux sont documentés avec une bibliographie à l’avenant.

            L’argument de dire que c’est parce qu’ils (ou elles) se prostituent qu’ils se droguent est l’un des arguments phares des associations françaises contre la prostitution, lesquelles associations de fait, confondent en général lutte contre la prostitution et lutte des sexes, dans un combat plus typé politico-féministe qu’autre chose. (Je le sais, ayant tout récemment assisté à une mascarade sur la prostitution à Evry : quand j’ai posé la question à la présidente de l’association : « quel cas faites-vous de la prostitution masculine, celle-ci m’a fusillé du regard et m’a fait comprendre que le sujet n’était pas d’actualité).

  • Que voulez-vous ma chère Dolores, c’est le lot de certaines professions que d’être mal considérées par nos contemporains. Nul n’y pourra jamais rien, c’est ainsi. Il faut faire avec. Une de mes filles a été tabassée à cause de mon métier. La question n’est pas là.

    Que la prostitution soit mal vue me semble moralement nécessaire. Pour autant, elle a une utilité sociale indéniable. Allez donc faire un tour dans le bois de Vincennes aux heures de points, sans jeu de mot. Considérez ces files d’attente aux portes arrières des camionnettes sordides où oeuvrent des prostituées en fin de carrière. Il n’est pas rare de voir 6 à 8 types attendre leur tour. Et croyez-moi, il n’y a pas que du neuneu timide qui n’ose pas aborder les femmes, du dépravé de base qui a besoin de sa dose de sexe quotidienne. On trouve de tout et de toutes les classes sociales. Si la prostitution est interdite, vers qui ces types se tourneront-ils pour assouvir leurs besoins ? La question est d’importance, surtout pour vous mesdames.

    Maintenant, je suis d’accord, le problème n’est pas tant la prostituée que le souteneur et c’est surtout vers lui que devrait se tourner le législateur et alourdir les peines tout en créant un véritable statut social pour les hétaïres.

    • « Que la prostitution soit mal vue me semble moralement nécessaire.  »

      Beaucoup de personnes condamnent moralement la prostitution, vous en faites partie et cela représente l’opinion la plus commune.

      Le regard porté sur la prostitution, ce regard que vous portez dessus aussi, le fait qu’elle soit un métier complètement mis au ban de la société, tout cela a un effet tangible : les prostitué(e)s, isolé(e)s socialement, sont de ce fait facilement maintenu(e)s dans la sujétion par les réseaux criminels.

      Il ne faut pas oublier que ce rend la prostitution accessible aux « 6 à 8 types qui attendent leur tour » derrière une « camionette sordide » au bois de Vincennes, c’est l’esclavage sexuel dont 80% sont victimes, esclavage qui permet des prix de prestation très bas. Si toutes les prostituées étaient indépendantes, les prix seraient plus hauts, et cette demande ne serait peut etre pas solvable.

      Vous posez en fait à votre manière a question importante de la demande. Je trouve personnellement que trop peu de personnes s’interrogent sur ce qu’il est possible de faire -ou pas – pour la réduire. Et pas forcément par des politiques de pénalisation du client.

      • C’est moins la question de la demande qui m’intéresse, pour tout dire je m’en fiche complètement. Après tout, nous sommes inégaux devant les besoins du corps. Certains savent maîtriser leurs pulsions sexuelles, les canaliser, d’autres non. C’est ainsi et personne n’y pourra jamais rien. Même les ingénieurs sociaux les plus kafkaïens seront impuissants face à ce problème.

        Non, ce qui m’intéresse, ce serait plutôt de savoir, si on réussit à interdire la prostitution, comment ces individus à besoins importants feront pour les assouvir ? Est-ce qu’au nom de principes aussi généreux qu’utopistes on est prêts à courir le risque de la multiplication des viols et autres agressions sexuelles pour en rester à ce qui est discutable sur un site ouvert ? En clair, on en revient toujours à la question classique en tant de guerre : sommes-nous prêts à causer un certain nombre de pertes pour sauver le plus grand nombre.

    • « Si la prostitution est interdite, vers qui ces types se tourneront-ils pour assouvir leurs besoins ? »

      Ils essaieront de convaincre les femmes qu’ils ont épousées de faire de nouveau mumuse avec eux.

  • Je réponds que toutes les formes d’esclavage sont à proscrire très fermement. L’esclavage sexuel comme les autres.
    Notre corps et le produit de notre travail nous appartiennent. Obliger quelqu’un à pratiquer des actes sexuels ou lui interdire de le faire sont donc deux formes d’esclavage sexuel également condamnables.

  • Je précise aussi que je fais partie des individus (parait-il rares mais ça m’étonne) qui ne condamnent pas moralement la prostitution :
    Je n’ai rien contre les professions libérales.
    Je n’ai rien contre le travail manuel.
    Je n’ai rien contre le sexe.
    Je ne considère pas qu’une femme soit souillée de quelque manière que ce soit par un rapport sexuel. Idem pour les hommes bien sûr.

    Je ne me sens donc absolument pas concerné par une condamnation morale de la prostitution. Ceci dit je pense que toute organisation religieuse ou associative est libre d’exprimer un point de vue contraire là-dessus.

    • « Je ne me sens donc absolument pas concerné par une condamnation morale de la prostitution. Ceci dit je pense que toute organisation religieuse ou associative est libre d’exprimer un point de vue contraire là-dessus. »

      Votre opinion est légitime, mais le fait est qu’elle est ultra-minoritaire. Vous ne pouvez pas grand chose au fait que presque personne ne pense comme vous.

      Pour dire ça concrètement, presque personne ne resterait mari / femme d’une femme (ou d’un homme) qui déciderait de se prostituer pour vivre.

      En ce sens, cette opinion ultra-majoritaire négative sur la prostitution a des effets très concrets : les prostitué(e)s travaillent dans l’ombre et sont très vulnérables aux pressions de la pègre.

  • @dolores

    « En ce sens, cette opinion ultra-majoritaire négative sur la prostitution a des effets très concrets : les prostitué(e)s travaillent dans l’ombre et sont très vulnérables aux pressions de la pègre. »

    Ce constat est peut être exact, peut être pas. Mais s’il l’est (c’est très possible), vous conviendrez qu’il milite pour que la « charge légale » imposée aux prostituées n’agrave pas la « charge émotionnelle ». Une prohibition complète placerait la prostituée dans une position encore plus fragile par rapport aux réseaux mafieux.

    Voilà pourquoi non seulement il ne faut pas prohiber, mais il faut permettre aux travailleuses du sexe d’intégrer des groupements avec véritable contrat (de travail, d’association) et que les managers de ces groupements ou ceux qui fournissent des services (hoteliers, etc…), tant qu’ils n’exercent aucune coercition, ne puissent faire l’objet d’accusation de proxénétisme, ce chef d’accusation devant être réservé, comme le dit une des personnes citées dans l’article, aux « proxénètes par la contrainte », autrement dit, aux véritables esclavagistes du sexe.

  • Non, le régime légal de la prostitution n’a pas l’air d’avoir d’effet sur la manière dont elle est perçue par la grande majorité du public. Abolir ou légaliser n’a pas en soi d’effet positif ou négatif sur l’image de la prostitution.

    En Allemagne, les bordels peuvent avoir une licence. Pour autant, on entend peu de personnes dire : « ma femme / mon mari / travaille à l’eros center de la Kiel ». ici, comme en France, la prostitution reste une activité secrete, mal vue, à part, pas du tout « mainstream ».

    Ce que je souligne est que cet isolement facilite l’esclavage. Il est donc toujours aussi facile pour les esclavagistes de rafler le marché en pratiquant des bas prix sur le marché clandestin.

    Le trafic d’esclaves sexuels explose d’ailleurs en Allemagne comme partout ailleurs. Selon The Economist, L’Eros Center de Kiel, d’ailleurs, n’a pas bougé le prix de la passe (20-25 euros)depuis 1992, ce qui, selon les analystes, montre que la pression issue des prix pratiqués par les esclaves sexuels de la prostitution clandestine (6-7 euros la passe) s’est intensifiée.

    • C’est un vrai discours marxiste Dolores. Je ne dis pas ça pour botter en touche mais votre discours rejoint le discours tenu par l’extrême gauche pour dénoncer le caractère « aliénant » du travail et de la concurrence. On taxe le travail. Donc il y a du travail au noir qui a tendance à faire baisser le niveau des salaires déclarés, donc l’Etat taxe encore plus ceux qu’il réussit à « attraper ». Le travail clandestin existe dans bien d’autres secteurs que la prostitution. Evidemment, plus on rend difficile l’exercice légal de la prostitution et plus il y aura de travail clandestin.

      • Au risque de me répéter, ma remarque n’a pas pour objectif de défendre ou critiquer tel ou tel traitement de la prostitution par la loi.

        Ma remarque est de souligner que la prostitution, légalisée ou non, est toujours une activité mal vue par la quasi totalité des gens. Très peu de personnes sont prêtes à vivre en couple avec un ou une prostituée par exemple, et que ce ou cette prostituée soit reconnue légalement ou non n’y change rien. Les prostitué(e)s sont socialement exclus qu’on soit en Allemagne ou en France. Et cette exclusion facilite énormément la mainmise des réseaux criminels sur cette activité, et le développement de l’esclavage sexuel.

        Ce ne sont pas les taxes qui renchérissent le tarif de la passe légale par rapport à la passe clandestine : c’est surtout le fait que les clandestins sont des esclaves, qui travaillent presque pour rien pour des réseaux.

        Dans un pays ou la prostitution est illégale, la France, les indépendant(e)s sont étranglé(e)s financièrement non pas par l’impot sur le revenu, mais surtout par la concurrence des prix pratiqués par les réseaux des pays de l’Est et d’Afrique. Les prostituées sont là des esclaves qui vivent dans des conditions épouvantables, sont liées par des dettes énormes ou d’autres facteurs de pression, et n’ont aucune liberté de mouvement. De ce fait, ces esclaves ne coutent presque rien à leurs propriétaires, qui n’ont plus qu’à facturer aux clients leurs services pour un prix très inférieur à celui que les indépendant(e)s voudraient pratiquer.

        • Dolores, en France la prostitution n’est pas interdite.

          « Beaucoup de personnes condamnent moralement la prostitution, vous en faites partie et cela représente l’opinion la plus commune. »

          Condamner moralement ne veut pas dire qu’on ne reconnait pas l’utilité. Ce sont deux plans différents mais pas inconciliables.

          • « la prostitution n’est pas interdite. »

            Vous avez raison, c’est le proxénétisme et le racolage (dans tous les sens du terme) qui, de mémoire, le sont.

            Mon propos n’est pas de porter un jugement ou une analyse sur cette condamnation morale, mais juste de la constater, et de constater l’effet tangible que ce jugement moral a sur les prostitué(e)s. Cet effet, c’est que les prostitué(e)s sont mis à l’index de la société : ils/elles doivent dissimuler leur activité à leur proches, ou bien se couper d’eux, et vivent entre eux/elles ou dans un milieu interlope. Leur vie en tant que parent est extrêmement complexe et faite de dissimulation. Les lois ont peu d’effet sur cet aspect là : meme légalisée et encadrée, cette condamnation morale persiste.

            Cet impératif de secret et de « vie en marge » qui fait que cette activité est beaucoup plus que d’autres investie par les bandits, et qu’elle a tendance à devenir une activité principalement organisée par des réseaux d’esclavage. C’est normal, les victimes, souvent étrangères, maintiennent elles-même l’isolement nécessaire à la non-découverte du réseau.

          • Juste une question sans malice : allez-vous sur le terrain ?

            Attention, je ne sous-entend pas que vous arpentez le bitume, je veux juste savoir si vos positions sont étayées par un travail sur le terrain, comme certains bénévoles peuvent le faire.

        • Dolores : les maisons closes étaient encore plus infâmes que les bordels actuels. Les femmes qui y travaillaient n’avaient pas le droit de refuser un client. Sans parler des viols.

  • @ Dolores

    Que vient faire l’opinion de la majorité dans l’histoire? Imaginons dans le cas le plus extrême que je sois le seul au monde à ne pas condamner moralement la prostitution. Si j’ai envie de me prostituer, de quel droit voudriez-vous m’en empêcher? À moins que vous soyez de celles et ceux qui « savent mieux que moi ce qui est bon pour moi »? Que vous soyez collectiviste? Partisane de la dictature de la majorité?

    • Voila en résumé ce « que vient faire l’opinion de la majorité dans l’histoire » :

      Si vous décidez de vous prostituer (ce que la loi française autorise, comme l’a rappelé je crois Harald), personne ne vous en empêchera. Je ne vois d’ailleurs aucun message de ma part suggérant que je souhaite empecher quiconque de faire quoi que ce soit de sa vie.

      Simplement, l’opinion de la majorité meme si vous ne la partagez pas, aura très certainement des effets tangibles sur votre vie quotidienne.

      Si vous êtes célibataire, Vous aurez, par exemple, beaucoup de mal à trouver une compagne / un compagnon qui compose avec votre activité professionnelle, vous devrez le/la choisir parmi les quelques rares personnes qui ne portent pas un jugement fortement négatif sur la prostitution, et qui tolère de ne pas être votre seul partenaire sexuel. Si vous êtes déjà en couple, votre relation courra le risque que votre compagne / compagnon ne tolère pas votre activité.

      Beaucoup de vos amis et relations adopteront probablement une attitude distanciée par rapport à vous. D’une manière générale, à chaque fois que vous rencontrerez de nouvelles personnes, en dehors de votre travail, se posera la question : « je lui dis ce que je fais, ou pas ? « . Vous éprouverez peut-être toujours telle ou telle difficulté à parler de votre travail avec tout un chacun.

      Idem bien entendu vis à vis de vos enfants éventuels : vous vous interrogerez sur ce que vous pouvez leur dire sur votre activité professionnelle, non tant à cause du jugement qu’ils porteraient sur vous, mais sur la crainte, par exemple, qu’ils soient moqués ou souffre douleurs de leurs camarades d’école. Les mères de familles auront par réflexe conditionné envie que leurs enfants ne fréquentent pas les votres : votre choix de vie professionnelle aura un effet sur eux du fait du regard des autres.

      En résumé le choix de vos relations amicales, sociales, amoureuses, peut se trouver considérablement réduit du seul fait que peu de personnes seront « à l’aise » avec votre activité professionnelle. Vous ne pourrez vraiment communiquer sur ce sujet qu’avec les quelques rares personnes qui portent le même regard que vous sur la prostitution, c’est à dire peu de monde. Pour dire simplement : soit vous serez socialement beaucoup plus isolé qu’avant, soit vous faire accepter tel que vous êtes sera une lutte permanente. Je ne dis pas que cette lutte ne puisse pas en un sens être épanouissante, mais elle vous aura été largement imposée par le regard des autres.

      Cet effet d’isolement vous affectera néanmoins beaucoup moins vous qu’il n’affecte au quotidien les esclaves sexuels, qui ne se prostituent pas par choix. Comme la prostitution est moralement réprouvée par la plupart des gens, les prostitué(e)s sont souvent en rupture avec leur famille, et leurs relations sociales se limitent le plu souvent au monde de la prostitution ou proche de la prostitution. Ceci facilite leur maintien en esclavage par les réseaux de proxénétisme, rend plus difficile encore un changement d’activité, et freine l’aide qui peut leur être apportée.

      • pfff … vous délirez. Le métier des gens n’est pas la première choses que vous savez d’eux, et quand vous avez lié avec quelqu’un, savoir qu’elle (ou il) est prostitué n’est pas déterminant. Évidement que l’image de votre boulot à un impact sur votre vie, la beau truisme. Mais c’est pas la seule chose qui compte.
        Je parie bien volontiers que les prostituées (volontaires) ont une vie de « relations amicales, sociales, amoureuses » bien plus facile que, par exemple, les agriculteurs/trices ou les flics (il suffit de voir à quel point ça peut être difficile pour les membres de ses professions de se marier ou de le rester, de compter les taux de suicide). Croque-mort, ça doit être top, aussi … Et bien sûr n’oublions pas … chômeur(se) ; spécialement quand on a un quotidien à assurer pour sa famille.

      • On s’en fout de ce que les gens pensent. Laissez donc les gens vivre leurs vies comme ils l’entendent.

        • « On s’en fout de ce que les gens pensent. Laissez donc les gens vivre leurs vies comme ils l’entendent. »

          « Ce que les gens pensent » a pour effet tangible d’isoler les prostitué(e)s, et cet isolement facilite l’emprise des esclavagistes sur eux.

  • « Je parie bien volontiers que les prostituées (volontaires) ont une vie de « relations amicales, sociales, amoureuses » bien plus facile que, par exemple, les agriculteurs/trices ou les flics » dit P.

    Faisons un sondage auprès de l’ensemble des français : la quelle de ces phrases de votre conjoint, compagne ou compagnon, ou fils/fille de 18 ans, est la plus susceptible de perturber votre relation amoureuse/parent-enfant :

    – Chéri(e)/papa/maman, je me suis inscrit aujourd’hui pour passer le concours de la Police. Est-ce que tu vas m’aider à dégager du temps pour réviser ?
    – Chéri(e)/papa/maman, j’ai fait un bout d’essai dans une maison close aujourd’hui, je crois que je suis doué(e) pour ça. Est-ce que je peux utiliser le garage comme premier lieu de pratique, en attendant que mon affaire prenne ?

    • On s’en fout de l’opinion de la majorité ! La majorité a toujours tort de toutes façons.

      • Que la majorité ait tort ou raison n’a pas d’importance.

        Ce qui est à souligner ici est que l’opinion de la majorité a un effet tangible sur la vie des prostitué(e)s.

        Cet effet est d’isoler les prostitué(e)s, et cet isolement facilite l’emprise des esclavagistes sur eux. Et ce, que la prostitution soit légalement reconnue ou non.

  • Une de mes filles a été tabassée à cause de mon job. Et beaucoup de mes collègues enjoignent à leurs enfants de ne pas révéler leur profession à cause de ce genre de réaction.

    • Et si votre fille était prostituée, est-ce que cela vous isolerait de vos collègues davantage que si elle était, disons, permanente dans une association militant contre la présence policière ?

      • oui, enfin, tout ce que vous racontez c’est bien gentil, mais ça tourne plus autour du « sexuel » plus que de l' »esclavage ». Dans « esclavage sexuel », il semble que c’est surtout le second qui vous dérange, et pas le premier, qui semble là pour la décoration.
        Je réitère donc ma question à laquelle vous n’avez pas répondu : la traite des être humains visant autant et plus à fournir des travailleurs gratuits et des mendiants que des prostitué(e)s, envisagez vous de traiter les salariés (et leur employeurs) et les mendiants (et les gens qui leur donnent) de la même façon que les prostitués (et leur clients) ? Si oui, comment ? si non, pourquoi ?

        • Vous me demandez « envisagez vous de traiter les salariés (et leur employeurs) et les mendiants (et les gens qui leur donnent) de la même façon que les prostitués (et leur clients) ?

          Je crois l’avoir dit plus haut : je n’ai pas du tout d’idée arrêtée sur la manière de traiter les prostitué(e)s et leurs clients. Je ne crois pas que, pour faire reculer l’esclavage sexuel il soit suffisant de décider que c’est illégal, ou au contraire de l’encadrer légalement. Mon propos est de bien souligner que c’est beaucoup plus compliqué qu’un choix binaire entre deux modes de traitement juridique, judiciaire, et réglementaire.

          Dès lors que je n’ai pas du tout d’idée sur la manière de traiter les prostitutés et leurs clients, pourquoi en aurais-je sur la manière de lutter contre l’esclavage à fins de mendicité ou de travail forcé ?

          A présent, voudriez vous bien répondre à mon petit sondage :
          la quelle de ces phrases de votre conjoint, compagne ou compagnon, ou fils/fille de 18 ans, est la plus susceptible de perturber votre relation amoureuse/parent-enfant :

          – Chéri(e)/papa/maman, je me suis inscrit aujourd’hui pour passer le concours de la Police. Est-ce que tu vas m’aider à dégager du temps pour réviser ?
          – Chéri(e)/papa/maman, j’ai fait un bout d’essai dans une maison close aujourd’hui, je crois que je suis doué(e) pour ça. Est-ce que je peux utiliser le garage comme premier lieu de pratique, en attendant que mon affaire prenne ?

          Jusqu’à présent je n’ai eu aucune réponse ici.

          • Votre question n’a pas de sens, et vous le savez. Je pourrais donc vous dire que, pour le second, je lui proposerais plutôt de l’aider à louer une chambre en centre ville (pas du côté de la gare, ça craint) parce que le garage est ni pratique et ni confortable… et vous pourriez ne pas me croire …

          • « Votre question n’a pas de sens, et vous le savez.  »

            Non, je trouve que ma question a du sens. Pourquoi dites-vous qu’elle n’en a pas ?

          • « je lui proposerais plutôt de l’aider à louer une chambre en centre ville (pas du côté de la gare, ça craint) parce que le garage est ni pratique et ni confortable… et vous pourriez ne pas me croire … »

            1) Je peux tout à fait vous croire.
            2) Je reformule donc votre réponse à ma question :
            – Non, pour vous, que votre conjoint/concubin(e)/fille/fils décide de se consacrer à la prostitution ne perturberait pas davantage votre relation amoureuse ou parentale.
            – En revanche vous ne souhaiteriez pas qu’il/elle exerce sous votre toit.

            C’est une opinion et elle est respectable en tant que telle.

            Qui la partage sur ce forum? Est-elle a votre avis très répandue ? Quelles autres réponses à ma question formulée plus haut?

        • « Dans « esclavage sexuel », il semble que c’est surtout le second qui vous dérange, et pas le premier, qui semble là pour la décoration.

          Qu’est ce qui dans mes propos vous fait penser cela ? Le sujet de ce forum porte sur la prostitution, et il se trouve que la prostitution est très souvent pratiquée par des esclaves.

          • Admettons que la prostitution soit « très souvent pratiquée par des esclaves ». C’était le cas de l’exploitation de la canne à sucre il y a juste 150 ans. Devait-on pour autant interdire le commerce de la canne à sucre, punir en tant que proxénètes ceux qui avaient des entrepôts de canne à sucre, puis si cela n’avait pas suffit envisager de punir ceux qui en consomment ? C’était ça la bonne solution ?

          • Votre question ne me concerne pas : comme je l’ai précisé au dessus, je ne prend pas parti dans le débat « pénalisation ou non du client ».

            Je souligne que prostitution et esclavage sont objectivement liés par plusieurs mécanismes, dont un qui repose sur le fait que la prostitution a une très mauvaise image auprès de l’essentiel de la population.

            Cette très mauvaise image a un effet tangible : que la prostitution ait un statut légal ou non, que les clients soient pénalisés ou non, peu de personnes considèrent que cette profession permet une vie sociale ordinaire. Personne ou presque ne veut d’un(e) prostitué(e) pour mari ou femme. Une personne qui se prostitue va avoir tendance, souvent par elle même, à couper les ponts avec sa sphère sociale.

            Cet isolement social, indépendamment du régime légal de la prostitution, facilite énormément le travail de la pègre pour maintenir en esclavage les travailleurs sexuels.

      • Vu l’exemple, pas plus.

  • @alcodu

    « Admettons que la prostitution soit « très souvent pratiquée par des esclaves ». C’était le cas de l’exploitation de la canne à sucre il y a juste 150 ans. Devait-on pour autant interdire le commerce de la canne à sucre, punir en tant que proxénètes ceux qui avaient des entrepôts de canne à sucre, puis si cela n’avait pas suffit envisager de punir ceux qui en consomment ? C’était ça la bonne solution ? »

    Votre question ne me concerne pas : comme je l’ai précisé au dessus, je ne prend pas parti dans le débat « pénalisation ou non du client ».

    Je souligne que prostitution et esclavage sont objectivement liés par plusieurs mécanismes, dont un qui repose sur le fait que la prostitution a une très mauvaise image auprès de l’essentiel de la population.

    Cette très mauvaise image a un effet tangible : que la prostitution ait un statut légal ou non, que les clients soient pénalisés ou non, peu de personnes considèrent que cette profession permet une vie sociale ordinaire. Personne ou presque ne veut d’un(e) prostitué(e) pour mari ou femme. Une personne qui se prostitue va avoir tendance, souvent par elle même, à couper les ponts avec sa sphère sociale.

    Cet isolement social, indépendamment du régime légal de la prostitution, facilite énormément le travail de la pègre pour maintenir en esclavage les travailleurs sexuels.

  • @Alcodu

    ». C’était le cas de l’exploitation de la canne à sucre il y a juste 150 ans. Devait-on pour autant interdire le commerce de la canne à sucre, punir en tant que proxénètes ceux qui avaient des entrepôts de canne à sucre, puis si cela n’avait pas suffit envisager de punir ceux qui en consomment ? C’était ça la bonne solution ? »

    Question qui ne me concerne pas : je n’ai pas d’opinion arrêtée dans le débat sur la pénalisation du client.

    Je souligne juste que l’image négative de la prostitution (personne ne veut avoir un(e) prostitué(e) pour époux ou épouse, par exemple) est ultra-majoritaire, et qu’elle isole considérablement les prostitué(e)s, facilitant ainsi le travail des esclavagistes.

    Et je remarque aussi que cette image négative est forte autant dans les pays abolitionnistes que légalisateurs.

    Pour moi la lutte contre l’esclavage sexuel dépasse largement le débat simplificateur « pénalisation / dépénalisation ».

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