Enfin une solution pour ne plus tacher sa cravate

NeverWet

Les nanotechnologies accouchent d’un produit superhydrophobe et révolutionnaire.

Enfin une solution pour ne plus tacher sa cravate

On est dimanche et pendant que le repas dominical cuit lentement, je vous propose de découvrir un produit génial, issu de la recherche sur les nanotechnologies.

Ce n’est pas absolument nouveau puisque ça date d’une ou deux semaines et que les premiers exemples de ce produit existent depuis environ 1 an, mais il s’agit d’une invention tellement remarquable que j’ai jugé utile de vous en faire part, et comme on est dimanche, il s’agit d’éviter toute prise de tête politico-politicarde comme les tocards aux manettes de notre pays savent en fournir.

Il s’agit d’un enduit super-hydrophobe, le NeverWet.

Un produit hydrophobe est un produit qui a la particularité de repousser l’eau ou de s’y associer très peu ou pas du tout. Lorsqu’il s’agit d’une surface, l’eau y glisse facilement, et trouve peu d’adhérence. Pour cela, le Téflon (r)(c)(tm)(et tout ça) est un bon exemple : l’eau glisse sur les poêles enduites de ce produit avec facilité, ce qui permet notamment d’y faire griller d’excellents morceaux de boeufs qu’on pourra recouvrir de sel et de poivre, ce qui en conservera le jus qu’on pourra ensuite utiliser pour enduire des pâtes, avec un peu de beurre c’est excellent mais cela nous éloigne du sujet initial.

Un produit super-hydrophobe est un produit qui ne donne aucune prise aux liquides, à tel point que l’eau, l’huile ou le mélange liquide arrive sur le produit et celui-ci lui dit « ouste, pars, vilain machin bouh bouh » et avec ses petits bras super-hydrophobes, il repousse l’intrus pif, paf, et pouf.

En réalité, on comprendra que l’enduit super-hydrophobe permet d’empêcher le dépôt du liquide en créant un angle de contact avec ce liquide supérieur à 150°. Eh bien avec NeverWet, l’angle dépasse allègrement les 170°, ce qui fait que l’eau, l’huile, le miel, le chocolat et la confiture ne peuvent absolument pas se déposer et glissent gracieusement … ailleurs.

La société Ross Nanotechnology, qui a inventé ce produit, a récemment mis en ligne quelques vidéos et récolté des articles (notamment dans Wired) pour illustrer les performances de l’enduit qu’ils ont mis au point. C’est, tout simplement, bluffant.

Comme on peut le voir, fini les tâches de chocolat sur ses chaussures en toile blanche… Evidemment, cela ne s’arrête pas à ce genre de péripéties, puisque nos chercheurs se sont amusés à tester le produit sur des engins électroniques qui n’aiment pas du tout l’eau, comme un iPhone et des circuits intégrés comme des cartes mères :

Ici, on voit l’application pratique sur des vêtements, qui résistent de fait très bien à la pluie ou la boue :

Tout ceci est bel et bien beau, mais c’est, évidemment, seulement quelques unes des applications possibles du produit. Car on voit mal où on pourrait s’arrêter. Je passe rapidement sur l’intérêt d’enduire les carrosseries de voitures et les pare-brises de NeverWet : fini la rouille, fini la pluie et la buée. Je vous laisse imaginer le confort gagné instantanément.

Mieux : qu’advient-il lorsqu’on enduit la coque d’un bateau de ce genre de produit ? Le frottement de celui-ci étant réduit à sa plus simple expression, on imagine que le bateau doit pouvoir se déplacer bien plus vite dans l’eau. En outre, les coques seront bien mieux protégées contre les attaques du sel ou des berniques… De la même façon, les façades des maisons et leurs toits seront en partie débarrassés des mousses et des attaques du temps (probablement pas tout le temps, mais on imagine que le produit doit bien tenir dans le temps).

Et je vous laisse imaginer aussi l’effet d’une telle invention sur, justement, les entreprises de ravalements, le car-wash du coin, … et l’industrie de la poudre lessive et des teinturiers devenus pour ainsi dire inutiles…

Toutes ces professions, tous ces métiers seront-ils vent debout contre cette nouvelle invention, comme le sont actuellement certains majors culturels qui ne veulent pas s’adapter à Internet, la copie numérique et la disparition de la copie privée ?

On peut déjà imaginer qu’il y aura l’angle d’attaque écologique (les abominables assauts contre la nature que cette invention engendre …) et celui de la santé (s’enduire une partie corporelle ou l’autre de ce produit peut provoquer des problèmes, qui sait ?) qui permettront en tout cas de parsemer d’embûches la commercialisation de cette invention.

En attendant le réveil des néo-luddites, le produit sera disponible commercialement apparemment dans le courant de l’année 2012.

Il va sans dire que je me vois mal résister, en bon libéral capitaliste, à l’envie de a/ mettre des ronds dans cette société dès que cela sera possible, et b/ à titre plus pragmatique, en acheter pour en enduire mes cravates et mes mocassins (à glands, forcément) histoire de conserver toujours cette petite touche impeccable qui caractérise les capitalistes à haut de forme.

Et bien évidemment, je vous encourage à faire de même.
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