Sept milliards d’humains ? pas de panique !

Les théories malthusiennes ont toujours eu beaucoup de succès, mais ont été constamment démenties par les faits.

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Sept milliards d’humains ? pas de panique !

Publié le 16 novembre 2011
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Le chiffre de sept milliards d’habitants n’a pas de quoi impressionner, quand on sait que la population mondiale a été multipliée par plus de cinq depuis 1850. Les théories malthusiennes ont toujours eu beaucoup de succès, mais ont été constamment démenties par les faits. 

Un article de Max Falque (*)
Article publié en collaboration avec UnMondeLibre

Bien entendu non seulement le ridicule rejoint l’ignorance mais aussi la mauvaise foi des vendeurs de peur. Le ridicule : comment identifier sans rire le nouveau-né qui marque l’événement (7 milliards d’habitants !) alors que les statistiques sont approximatives… à quelques dizaines de millions près ? Prenons un peu de recul et considérons les évolutions démographiques et économiques depuis 1850.

– La population mondiale a connu une croissance remarquable passant d’environ 1,3 milliard d’habitants en 1850 à 7 milliards, soit une multiplication par plus de 5. En bonne logique malthusienne on aurait pu s’attendre à une pénurie de matières premières et de nourriture et à une réduction drastique du niveau de vie de chacun d’entre nous.

– L’abondance est au rendez-vous que l’on peut mesurer par l’évolution des prix des ressources en examinant les statistiques publiées depuis sa création par « The Economist ». Il publie un indice prenant en compte 25 produits importants dont l’aluminium, le cuivre, les céréales, le café, le caoutchouc, le sucre, le soja… Sur une base 100 en 1850, les prix en dollars constants sont tombés à 20 en 2004 (mais à environ 30 en 2011).

– La consommation de chaque humain a connu une croissance remarquable depuis 1850 : elle a été multipliée par un facteur proche de 10 dans les pays développés et même les habitants des pays pauvres ont connu et connaissent une hausse importante de leur niveau de vie puisque le prix réel des produits a baissé d’environ 70 %.

Les prédictions catastrophiques depuis Malthus (Jevons, Club de Rome, Global 2000, Earthwatch, Goldsmith,…) ont toujours été démenties par les faits : ainsi, en 1968, un auteur à succès, Paul Ehrlich, faisait cette prédiction : « Au cours des décennies 1970 et 1980, des centaines de millions d’humains mourront de faim en dépit des programmes d’urgence. » Après tout, quoi de plus logique ? Nous vivons dans un monde de ressources limitées et la population mondiale explose : l’idée selon laquelle nous devrions être confrontés à des pénuries de ressources naturelles et donc à une augmentation du prix desdites ressources semble tout ce qu’il y a de plus raisonnable.

Cependant, en 1980, un professeur d’économie nommé Julian Simon lança un défi à Ehrlich : il s’agissait de parier sur le prix de cinq matières premières choisies par Ehrlich à la date que celui-ci voudrait. Si, à la date choisie, les prix (ajustés de l’inflation) des ressources naturelles sélectionnées étaient effectivement plus élevés qu’en 1980, l’économiste devrait payer la différence et, dans le cas contraire, c’est Ehrlich qui devrait payer Simon. Ehrlich accepta le pari et, le 29 septembre 1980, misa 1.000 dollars sur la croissance des prix du cuivre, du chrome, du nickel, de l’étain et du tungstène au cours de la décennie à venir. De 1980 à 1990, la population mondiale augmenta de 800 millions d’individus, mais le 29 septembre 1990 – quand le pari arriva à son terme -, les prix des cinq métaux sélectionnés par Ehrlich avaient baissé – tous, sans aucune exception. Ehrlich avait perdu son pari et honora son contrat en postant un chèque de 576,07 dollars à l’ordre de Simon. Il refusa en revanche de renouveler le pari. Les thèses malthusiennes ont toujours fait vendre énormément de livres tout en se révélant fausses a posteriori. Habituellement défendues par des biologistes, physiciens ou autres géologues parfaitement compétents dans leurs domaines respectifs mais ignorant tout du fonctionnement d’une économie, leurs prédictions apocalyptiques ont toujours été démenties par deux mécanismes très simples : quand une ressource se raréfie et que son prix monte, la hausse des cours incite les producteurs à produire plus ou à développer une alternative et les consommateurs à adapter leur consommation, pour autant que l’on opère dans une économie de marché.

Quid de l’environnement ? Tout indique que, malgré les prévisions apocalyptiques, sa qualité s’améliore au fur et à mesure que le niveau de vie augmente, et cela non seulement grâce aux réglementations publiques mais aussi et surtout aux progrès technologiques, aux mécanismes de marché et aux droits de propriété qui s’opposent au libre accès aux ressources et donc à leur destruction.

On pointe souvent du doigt l’Afrique pour y montrer les ravages de la surpopulation. Mais ce sont en fait les ravages du sous-développement qu’il faut condamner, pas une quelconque surpopulation face à une rareté des ressources. C’est bien un cadre institutionnel délétère qui étouffe la liberté des peuples d’Afrique, une liberté qui pourrait permettre leur épanouissement. « Il n’y a de richesses que d’hommes » écrivait Jean Bodin.

Résumons-nous : depuis 1850 une population cinq fois plus importante, jouissant d’un niveau de vie de plus en plus élevé dans un environnement en voie d’amélioration. L’avenir est donc à l’optimisme et la perspective de 10 milliards d’habitants n’entraînera pas de catastrophes pourvu que nous adaptions nos institutions et résistions à la dictature écologique. Comme le faisait justement remarquer Julian Simon, tout nouveau-né est doté d’un cerveau et de mains qui contribueront à la richesse et à la beauté du monde. Pas besoin d’une autre planète ! Pourquoi ne pas ouvrir un pari ?

Sur le web
(*)Max Falque, délégué général de l’International Center for Research on Environmental Issues. (www.icrei.org). Cet article a paru originellement dans la Tribune.

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  • Je suis effaré par cet article. Dire que la qualité de l’environnement s’améliore alors que la part du CO2 dans l’atmosphère ne cesse de monter, que nous avons éliminé 97 % des tigres depuis 1900 et près de 50 % depuis l’an 2000 ! Que la France bétonne l’équivalent d’un département tous les 10 ans et que les forêts primaires disparaissent partout, que les poissons font de même ! C’est une étrange conception de l’amélioration !
    Quant à Malthus, il n’a pas été démenti par les faits, il a eu juste raison un peu trop tôt. Le progrès technique a certes, masqué les choses un temps, mais il faut comprendre que ce progrès n’a pas apporté de richesses supplémentaires à la planète, il a essentiellement permis d’exploiter plus vite c’est à dire à un rythme plus élevé les ressources naturelles de notre Terre. Nous allons le payer au cours de ce siècle avec en premier lieu la fin du pétrole (imaginez une seconde nos sociétés en panne d’énergie).
    Quant à un monde de 10 milliards d’hommes ! Enfin pouvez vous honnêtement que ce monde que nous avons tant de mal à gérer et à nourrir à 7 milliards sera plus facile à gérer à 10 ? C’est improbable. J’ajoute qu’un monde où il y aurait des hommes partout, sans plus d’espaces vierges et sauvages (ce qui est inéluctable à 10 milliards) est un monde qui me fait horreur.
    Non le temps n’est pas à l’optimisme, vraiment pas. La seule chose à faire à mon sens est de lutter autant que faire se peu pour réduire notre fécondité, sans cela, nous allons vers l’abîme.

    • Alors, Jodolf, tu le prépares quand, ton génocide vert ?

      • On dirait un discours à la Fabien Barthès, aussi cultivé et profond, sauf que c’est du Didier et sauf qu’on l’a entendu depuis des millénaires. Le pire, c’est que notre gardien de poncifs est convaincu qu’il est un mec « aware ».

        « Notre population est si énorme que la Terre peut difficilement nous soutenir. La faim, la guerre et les tremblements de terre représentent le remède qu’elle possède pour éliminer l’excès de population. » Tertullien, Carthage, 2e siècle de notre ère (population mondiale < 200 millions)

        • @miniTAX : étonnant cette référence, peu amène, au nom d’un contadicteur. Mes instituteurs, il y a de cela bien longtemps c’est vrai, faisaient la chasse à ce type de comportement… Cette façon de procéder prend même le contrepied de l’excellent sous-titre de Contrepoints (Le nivellement par le haut), puisque l’on peut parler dans ce cas d’un « nivellement par le bas ». Le plus triste dans cette affaire est que le commentaire qui suit est définitivement entaché par cette attaque originelle et porte préjudice à l’idéologie populationniste promue sur ce site.

    • « la part du CO2 dans l’atmosphère ne cesse de monter »

      Le CO2 n’est pas un polluant. Il faut vraiment retourner à l’école…

      http://www.objectifliberte.fr/2009/12/le-co2-nest-pas-un-polluant.html

    • l’augmentation de la population n’est pas un probleme grace à la science et aux innovations technologiques. c’est une chose que des gens comme vous semblent incapable de comprendre. le monde n’est pas figé, il évolue. selon l’ONU rien qu’avec l’agro-écologie, on pourrait doubler la production mondiale en moins de 10 ans ! Ceci dit, cela nécessiterait des investissements conséquents…
      Mais il y a aussi d’autres voies à explorer ! Comme l’augmentation des capacités naturelles des plantes par la science. Par exemple : améliorer la photosynthèse ou augmenter la fertilité des sols. bientot, il y aura des fermes verticales….

    • même les théoriciens du mythe de la surpopulation reconnaisse que ce problème ne concerne pas l’europe mais est causé surtout par l’afrique. les pays occidentaux n’ont pas de démographie galopante au contraire elle est trop basse.

    • la france comme le reste de l’europe va surtout être confronté au vieillisemment de la population. alors vouloir faire moins d’enfants est absurde car il y en a déja pas assez. Le XXI° siècle ne sera pas celui d’un prétendu surpeuplement, mais celui d’un phénomène inédit par son ampleur : le vieillissement de la population. La transition démographique, passage d’un régime de forte natalité et de mortalité élevée à un régime de basse mortalité puis de faible natalité, est portée par les progrès techniques, économiques, sanitaires et par de meilleurs comportements sanitaires. La croissance démographique des deux derniers siècles n’est nullement due à une augmentation de la natalité ou de la fécondité, mais à la diminution de la mortalité. Les populations adaptent leur comportement de fécondité aux changement structurels de la mortalité et entrent dans la seconde étape de la transition démographique, celle de la décélération, baisse du taux de natalité dans le monde de 45% en 25 ans, baisse de la fécondité mondiale de 44% sur la même période, baisse du taux d’accroissement et du solde naturel

    • Les prévisions d’épuisement des ressources sont tout le temps exagérées car elles minimisent la capacité de l’esprit humain à toujours inventer de nouvelles solutions avec le progrès scientifique, à trouver de nouvelles énergies, à toujours découvrir. On en voit un exemple avec l’intensité énergétique des pays développés.
      Comme Karl Popper l’a montré, il faut laisser la place au débat, à un cheminement par tâtonnement, avec des erreurs nécessaires.
      Prenons l’exemple de Nicolas Hulot. Ce dernier entend imposer son idéologie comme une vérité supérieure, refuser toute possibilité de discussion, d’échange, de débat et il ouvrait ainsi son « pacte écologique » par ces mots inquiétants : « le temps de l’information, du débat, des controverses est révolu ». Non seulement il fait l’erreur d’embrigader la science et de faire de ses « vérités » des actes de foi, mais en outre il rend impossible tout progrès de la science, justement. Loin d’être la solution, un contrôle supérieur de l’écologiquement correct ne ferait qu’empirer les choses. Plutôt que ces mesures liberticides, c’est une plus grande liberté qu’il faut pour laisser émerger les idées les plus innovantes et efficaces.
      On peut également souligner que grâce au progrès, l’intensité énergétique des économies développées a fortement décru depuis plusieurs dizaines d’années. La courbe de Kuznets offre également un fondement scientifique à cette perspective.
      quel crédit apporter à ces prévisions au vu de l’absence totale de fiabilité des prévisions passées ?
      Cécile Philippe de l’Institut économique Molinari en donne de nombreux exemples dans son livre C’est trop tard pour la Terre : elle rappelle que, par exemple, dès 1914, le Bureau des mines aux États-Unis estimait que la production future de pétrole était limitée à 5,7 millions de barils, soit peut-être dix ans de consommation. Elle ajoute également, entre autres exemples, que le Rapport Meadows prévoyait en 1972 pour avant la fin du XXe siècle un épuisement de certaines ressources dont la substitution paraissait impossible. À chaque fois les erreurs n’ont pas été minimes mais énormes, toujours dans un excès d’alarmisme.
      De même, Daniel Yergin, spécialiste américain de l’énergie a montré que, grâce aux réserves et aux progrès de la technologie, « le monde n’est pas près de manquer de pétrole ». Les techniques nouvelles permettent d’extraire davantage de pétrole des nappes et de mettre en valeur de nouveaux gisements, de sables bitumineux par exemple.
      En outre, le recyclage des matières premières est une solution mise en place depuis longtemps avec succès : 50 % du fer utilisé est recyclé, 90 % du platine et 80 % de l’or[5]. Le géochimiste Claude Allègre appelle de ses vœux un développement de ces filières pour toutes les ressources terrestres : « À une économie unidirectionnelle à ressources infinies (on produit – on utilise – on jette) doit se substituer une économie cyclique à ressources finies. ».
      Dans les deux cas, c’est… le marché qui permet le développement de ces solutions, par le mécanisme des prix.

    • d’après un graphique de The Economist, si la population mondiale vivait regroupée dans une seule ville de la densité de New York, cette ville ferait la taille du Texas: On a encore le temps pour la surpopulation.

  • Je suis effaré par ce commentaire.

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