Cette fonction publique qui n’en finit pas d’augmenter

Le dernier rapport sur la fonction publique montre qu’elle grossit. Encore.

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Fonctionnaires

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Cette fonction publique qui n’en finit pas d’augmenter

Publié le 30 octobre 2011
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Cette fonction publique qui n’en finit pas d’augmenter
Manque de moyens. Manque de personnel. Réduction des effectifs. Non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Pas de doute, la fonction publique disparaît sous le coup de coupes claires méthodiques, répétées et acharnées. C’est horrible. À moins que…

À moins qu’on nous bourre gentiment le mou. Ou que, plus simplement, on nous raconte une belle histoire en insistant sur ce qu’on voit et en oubliant, de l’autre côté, tout ce qu’on ne veut pas voir.

Il y a quelques jours est sorti, fort discrètement, le rapport annuel de la fonction publique. On y apprend pas mal de choses, et surtout que, contre toute attente, le nombre de fonctionnaire… augmente. Pourtant, si l’on s’en tient au discours officiel des syndicats, ponctués de petites larmes aussi calibrées que médiatiques, la situation, dans le pays, devrait alarmer tous les citoyens puisqu’à les écouter, des pans entiers de nos services publics sont menacés de fermer purement et simplement, suite à auto-dissolution active et rapide de leurs personnels…

En fait, il n’en est rien, et le rapport est assez clair, pour une fois : le nombre total de personnel émergeant, d’une façon ou d’une autre, aux frais de l’État, local ou national, augmente de plusieurs milliers par an.

La crise a, semble-t-il, érodé légèrement le rythme d’accroissement de la fonction territoriale et hospitalière, qui compense toutefois encore très bien la diminution du nombre d’agents de la fonction nationale. Youpi. À ce rythme, le nombre de fonctionnaires dans le pays repassera sous la barre des 10% d’actifs en 2100 ou quelque chose comme ça.

Ministère des Sévices PublicsEn attendant, les fonctionnaires et assimilés représentent donc 20,4% de l’emploi total en France, ce qui fera frémir très légèrement toute personne sensée, surtout si l’on tient compte de la façon dont, justement, l’emploi évolue dans le pays actuellement. Selon les chiffres de Bercy épluchés par le site Acteurs Publics, on baigne même dans l’euphorie de recrutement au niveau des collectivités territoriales puisque depuis 2002, leurs effectifs ont grossi de plus de 18%, à raison de 2,5% par an, pendant que l’emploi dans le secteur privé a, lui, progressé au rythme de 0,4%…

On notera d’ailleurs sans mal qu’à cette augmentation constante du nombre d’employés de la fonction publique sur les trente dernières années correspond une augmentation constante de la dépense publique, une augmentation encore plus rapide du poids des prélèvements fiscaux, taxatoires et vexatoires, et une indestructibilité du chômage de masse (avec des records réguliers).

Attention cependant : tout lien de l’un à l’autre n’est que le fruit des esprits pervers turbo-libéraux qui remplissent les esprits laborieux de pensées séditieuses et de propos malsains dont la portée contre-révolutionnaire et petite-bourgeoise ne laisse aucun doute. Ne vous laissez pas avoir !

En réalité, il n’y a guère qu’une toute petite partie de la population qui peut encore croire que les services publics de notre pays sont en voie de disparition ou dans la menace d’une évaporation par manque de personnel ; tout le monde comprend bien qu’il y a, maintenant, trop de personnel dans une administration qui entend maintenant gérer des domaines toujours plus vastes, depuis la nourriture pour bébé jusqu’aux réacteurs nucléaires en passant par l’agencement des platanes sur une route départementale ou la façon dont les particuliers doivent se chauffer, s’habiller ou s’accommoder les uns les autres (et ça ira jusqu’au choix de la sauce lorsqu’on en sera arrivé là). Et tout le monde comprend, même si parfois confusément, qu’une telle pléthore de ressources humaines employée à de si médiocres résultats (la queue aux urgences, devant les guichets d’administrations, des classes surpeuplées, etc.) ne peut s’expliquer que si l’on admet, enfin, qu’une proportion non nulle d’employés ne fait tout simplement pas son travail.

Mais le plus incroyable est que l’État, ce faisant, a signé sa propre perte.

D’un côté, il a augmenté sa masse salariale dans des proportions qui ne sont plus, de facto, soutenable ; les dettes sont tous les ans creusées parce que les frais de fonctionnement ne sont plus couverts avec ce que rapportent les ponctions, pourtant démentielles. Le clientélisme, la fausse solution de l’emploi public contre le chômage, et la couillemollisation massive et habituelle du corps politique auront abondé à la tendance lourde d’accroissement de personnel.

De l’autre côté, lorsqu’il va s’agir de sauver ses miches, l’État (et, plus précisément, les politiciens qui sucent à ses mamelles) devra arbitrer entre augmenter encore les impôts et diminuer ses dépenses. On comprend qu’il choisira avant tout d’augmenter les ponctions, y compris sur ses salariés, reprenant ainsi d’une main ce qu’il leur aura donné de l’autre. Eh oui : si les gens sont prêts à sortir dans la rue lorsqu’on leur sucre leur salaire, leur pension, leur indemnité, ils ne bougent qu’assez peu lorsqu’on les leur donne quitte à les reprendre ensuite…

Autrement dit, l’État a créé une classe moyenne captive, assujettie à ses largesses, qui chérit cette entité marâtre qui, de l’autre côté, va lui retirer à peu près toute dignité à mesure que la situation deviendra intenable. Pire : en introduisant de fait des traitements plus favorables à ses salariés qu’aux salariés du privé, il crée à terme une situation plus que délicate voire insurrectionnelle lorsque les seconds vont se rendre compte qu’ils sont les dindons de la farce des premiers, sans espoir d’amélioration.

Parce qu’une chose est certaine : plus de 20% de personnes travaillent avec l’argent pris sur les 80% restant, et sans que cet argent suffise ! Ce qui est arrivé à la Grèce, ce qui se passe du côté d’Athènes actuellement va mathématiquement se produire, le temps venu, en France et du côté de Paris.

La question n’est donc plus « si », mais « quand ».

—-
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  • Ils vont supprimer un poste de brancardier aux urgences de l’hôpital DUCOIN : Faut pas déconner ! Il va nous manquer un 4° pour jouer à la belote ! Halte aux cadences infernales ! Du coup, avec mes copains de la CGT, on va bloquer le Centre-Ville et la gare de péage… Ah ça, la gare de péage, ils vont pas apprécier, du coup on a bon espoir de maintenir le 4° poste de brancardier.
    On l’a échappé belle, faut dire, la belote à trois, c’est pas pareil.

    • Alain, et au Tribunal Dacoté aussi.
      Avez-vous vu l’émission d’hier soir sur Lcp-Public Sénat, Les services publics en question ?

      Tribunal de Hazebrouck (22000 hab)

      Problématique :
      « Le service public de proximité est-il mort ? »
      « Désormais, les 120 000 citoyens qui dépendaient de ce tribunal doivent se rendre à Dunkerque, à 50 kilomètres de là. »

      Mort du service public ! Comment vais-je faire ? Mon tribunal à 50 km ! Les 22 000 habitants (et non 120 000) sont-ils des citoyens délinquants convoqués tous les jours au Tribunal ?

      Agnès Verdier-Molinié, Directrice de l’iFRAP, bien seule face aux 2 élus, au sociologue de service, au journaliste Benoit Duquenne.

      Emission rediffusée 4 fois, dont ce soir.

  • Dans votre analyse vous ne prenez pas en compte les effets de la décentralisation. La passation des missions de l’État aux collectivités locales. Ni le fait que pour remplir ses missions l’Etat et les collectivités sous traitent auprès de nombreuses sociétés privées (sans parler au passage de la plus-value nécessaire et légitime pour ces entreprises).

    Votre vision des fonctionnaires est biaisée. Si une entreprise privée travaille pour l’Etat ou une collectivité, pour vous ces employeurs et salariés privés sont des fonctionnaires ?

    Est-ce que le secteur privé est prêt à prendre en charge, d’un coup et du jour au lendemain, les missions de services publiques et à embaucher les 20% de fonctionnaires feignants ?

    Soyez patient. D’ici peu les collectivités locales vont naturellement se délester de leurs missions pour les laisser au secteur privé.

  • tu as oublié un problème plus grave:l’explosion des back office.a l’hopital ,plus assez d’infirmieres,mais une dizaine de chefs pour les diriger,tous fraichement nommés et aidés de consultants payés a prix d’or qui décident de tout et n’importe quoi,compliquant le travail des gens sur le terrain.je crois que le problème de l’occident c’est plutot cela:plus assez de gens avec des outils dans les mains,mais toute une hiérarchie compliquée et paresseuse,payée a prix d’or.posons nous la question:dans l’education nationale combien de profs effectivement sur le terrain et combien de personnel payé en tout?combien de profs détachés dans les mutuelles,les syndicats,l’inspection,le cinéma?combien de personnel dans les rectorats?idem pour toutes les administrations avec mention spéciale pour les collectivités locales

    • Ah ouais, mais faut pas confondre ! Eux, ils jouent pas à la belote ! Ils ont une machine à café ! Et puis bon, internet, les ventes privées, tout ça, ça occupe !

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dame dans un bureau en train d'écrire sur un tableau blanc
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