« Occupy Wall Street » : les entreprises ont-elles trop de pouvoir?

Non, la vraie racine du problème est que ce sont les gouvernements qui ont trop de pouvoir

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

« Occupy Wall Street » : les entreprises ont-elles trop de pouvoir?

Publié le 18 octobre 2011
- A +

Non, la vraie racine du problème est que ce sont les gouvernements qui ont trop de pouvoir.

Par Bradley Doucet (*), depuis Montréal, Québec
Un article du Québécois Libre

Alors que le mouvement « Occuper Wall Street » entre dans sa cinquième semaine et se propage dans plusieurs villes du monde, il est intéressant d’examiner l’une des croyances fondamentales qui anime ce groupe hétéroclite de manifestants, à savoir que les entreprises ont trop de pouvoir. Malgré le fait que cette croyance ne soit pas complètement fausse, elle passe complètement à côté de la vraie racine du problème: le fait que les gouvernements aient trop de pouvoir.

Il est vrai que certaines grandes sociétés bénéficient d’avantages injustifiables comme une protection contre la concurrence étrangère, des barrières artificiellement élevées à l’entrée pour les concurrents locaux, des privilèges monopolistiques, un traitement fiscal préférentiel, de généreuses subventions, et ainsi de suite. Les banques en particulier, ont la capacité de fabriquer des profits à partir de presque rien grâce à la monnaie fiduciaire, au système de réserves fractionnaires et aux lois établissant un cours légal. (Voir ma récente critique du livre de Chris Leithner, The Evil Princes of Martin Place, pour une discussion plus approfondie sur ce qui fait que le système bancaire est brisé.)

Mais d’où viennent ces avantages et ces pouvoirs que possèdent les entreprises ? Ils proviennent des gouvernements. Ce sont les gouvernements qui jouissent d’un monopole sur l’usage de la force. Les acteurs gouvernementaux utilisent ce pouvoir légitimement lorsqu’ils protègent les personnes contre des dangers tels le vol, la fraude, les agressions, le meurtre et le risque d’invasion étrangère. Par contre, ils l’utilisent de façon illégitime lorsqu’ils accordent des privilèges spéciaux à des entreprises influentes.

Ce qui cloche dans l’approche des manifestants, qui se concentrent sur le pouvoir des entreprises au lieu de dénoncer le problème beaucoup plus fondamental qu’est le pouvoir des gouvernements, est que cela peut trop facilement conduire à la promotion de solutions improductives, voire contre-productives.

Tenter de réglementer les banques pour les empêcher de jouer au casino avec notre richesse ne fonctionnera jamais alors que les gouvernements se servent de leur monopole sur la force pour maintenir en place le système bancaire actuel, un système frauduleux, tout en le renflouant occasionnellement avec nos impôts. Tenter de réglementer les entreprises est inutile lorsque ces mêmes entreprises finissent inévitablement par capturer les organismes de régulation. Les lois sur le financement des partis politiques ne pourront jamais «sortir l’argent de la politique». Lorsque les gouvernements ont tant de cadeaux et de privilèges à distribuer, les plus riches, les plus branchés, les élites les plus enracinées dans le système vont inévitablement mettre la main sur la majeure partie de ces cadeaux et privilèges.

La seule solution viable à la collusion des entreprises et des gouvernements (mieux connu sous le nom de « corporatisme » ou « capitalisme de copinage ») est que les gouvernements n’aient plus de cadeaux et de privilèges à distribuer. Ils doivent se limiter à l’utilisation de leur pouvoir pour protéger les individus contre les dangers énumérés ci-haut. Dans un monde où la seule chose que les gouvernements puissent faire est de faire respecter une série de règles simples visant à nous protéger contre le vol, la fraude, ou le meurtre, les entreprises seraient dépouillées de tout leur prétendu pouvoir. Et elles ne pourraient prospérer que sur la base de l’échange volontaire, en offrant des biens et services que les gens veulent au prix qu’ils sont prêts et capables de payer, un prix qui reflète toutes les pressions concurrentielles sur le marché libre.

Comme l’a écrit Steven Horwitz cette semaine sur le site The Freeman, « dans des marchés libres, le pouvoir serait entre les mains des 99 % d’entre nous qui achètent les produits, pas le 1% qui les vendent. Dans des marchés libres, le pouvoir serait réellement entre les mains des gens – pouvoir que l’on pourrait accorder ou retirer comme bon nous semble. Ce sont les plans de sauvetages, les subventions, et les monopoles qui donnent le pouvoir au 1% plutôt qu’au reste d’entre nous. »

On n’a pas à se résigner à l’existence de ce capitalisme de copinage. Nous pourrions avoir un système dans lequel le pouvoir repose vraiment entre les mains du peuple. Mais cela ne se produira que si un nombre suffisant d’entre nous comprennent les causes réelles du problème et réclament une véritable solution: une réduction draconienne du pouvoir des gouvernements.

—-
Article publié originellement sur le Blogue du Québécois Libre le 17.10.2011, repris avec l’aimable autorisation du Québécois Libre.

(*) Bradley Doucet est l’éditeur anglais du QL. Un écrivain résidant à Montréal, il a étudié la philosophie et l’économie et complète présentement un roman sur la poursuite du bonheur.

Voir les commentaires (3)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (3)
  • « La seule solution viable à la collusion des entreprises et des gouvernements (mieux connu sous le nom de «corporatisme» ou «capitalisme de copinage») est que les gouvernements n’aient plus de cadeaux et de privilèges à distribuer »exactement c’est ma théorie aussi.baisse des dépenses=baisse des détournements des fonds publics.mais elle doit s’accompagner d’une baisse corrélée des prélèvements

    • Seriez-vous un libéral qui s’ignore?

      • regarde mon pseudo(mon pseudo c’est pour ricaner)……en vérité,je suis travailleur indépendant,et petit a petit j’ai appris a connaitre qui j’engraissais,et qui me ralentissait.une des choses qui me tient a distance de certains libéraux:je suis entouré de gens fragiles et meme s’il y a tant d’abus je souhaite conserver une certaine solidarité nationale,une vraie!

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Johan Rivalland.

Notre société n’en peut plus. Après plusieurs décennies de surenchère en matière d’interventionnisme, qui se paye par une taxation et un endettement (donc des impôts futurs) de plus en plus colossaux, le peuple réagit.

De manière parfois confuse, mais en réponse à une accumulation de souffrances qui résultent pour une bonne part de l’horreur politique et de la prétention de certaines élites à constamment tenter de régenter la vie des autres. Une impasse, mais aussi un leurre dont on n’a pas fini de mesurer l... Poursuivre la lecture

Par Christian Monson.

En 1939, l'Allemagne avait un PIB de près de 400 milliards de dollars, ayant dépassé l'URSS pour en faire la deuxième économie la plus puissante du monde, derrière les États-Unis. En 1946, après des années de guerre, le PIB de l'Allemagne était tombé à seulement 160 milliards de dollars, soit moins que le Royaume-Uni et la France. La production alimentaire avait été réduite de 50 %, le parc immobilier de 20 % et la production industrielle de 33 %.

Pourtant, en 1955, le PIB allemand était revenu à près de 40... Poursuivre la lecture

« La vraie question que vous devriez vous poser est : aujourd’hui l’État français prélève à peu près 62% de la richesse française et rien ne marche […] Qu’est-ce qu’ils font de notre pognon ? »

 

Ces mots de Charles Gave prononcés à l’antenne de Sud Radio sonnent comme du bon sens. Si la question initiale visait le secteur régalien, elle se pose également pour la politique environnementale. Cette année, le ministère de la Transition écologique a été doté d’un budget de 45,5 milliards d’euros, soit cinq fois celui des Affair... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles