La préférence nationale, la démondialisation version UMP

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En application de la circulaire du 31 mai signée Claude Guéant, les étrangers qualifiés seront chassés de France

En application de la circulaire du 31 mai signée Claude Guéant, les étrangers qualifiés seront chassés de France. La France confirme sa préférence pour la pauvreté et l’échec.

Par Aurélien Véron

Étrangers qualifiés, il n’y a pas que le PS et le FN qui ne veulent plus de vous. L’UMP non plus, ne souhaite plus non plus vous voir créer de la richesse et payer vos impôts chez nous. Le Préfet de l’Isère a refusé de renouveler le permis de séjour d’un ingénieur libanais employé en CDI chez Air Liquide. Motif invoqué : priorité aux ingénieurs français sur le carreau. Étrangement, je n’ai vu ni Arnaud Montebourg, ni Marine le Pen s’afficher solidaires de ce haut fonctionnaire qui s’érige en DRH d’un grand groupe privé, l’un des derniers fleurons industriels français. J’attends fermement leur position sur ce pas vers la « démondialisation ». Il faut bien commencer par les hommes avant de passer aux biens et aux services. Air Liquide n’est pas seul dans cette situation. Combien de petits entrepreneurs doivent batailler, et souvent perdre, pour recruter des personnes bourrées de talents… mais de nationalité étrangère ? Plusieurs m’envoient leur témoignage pour confirmer cette dernière tendance de notre bureaucratie. C’est bien dans l’esprit de la circulaire Guéant du 31 mai qui concerne les étudiants.

En bref, la démondialisation a commencé en France, merci qui ? Merci l’UMP. Ils n’en parlent pourtant pas beaucoup. C’est bête de ne pas faire campagne sur ce thème porteur. La chasse à l’immigration vise tous les étrangers, quels que soient leurs revenus, leur expérience et leurs diplômes. La priorité du gouvernement, en clair, c’est de faire un grand nettoyage de talents. Si les Français gagnant bien leur vie sont surtaxés et traités comme les responsables de la crise, les étrangers dans ce cas sont chassés. C’est plus simple. On « répartit les richesses », dans les éléments de langage à la mode dans les grands partis (Verts, PS, UMP et FN). À l’origine, une circulaire du 31 mai signée Claude Guéant déclare officiellement qu’aux yeux du gouvernement, les jeunes diplômés ne sont plus bienvenus en France : qu’ils soient diplômés de fac, de Polytechnique ou HEC, ils n’auront pas de papiers pour s’installer en France, futur eldorado de la misère.

N’est-ce pas ubuesque de voir cette jeune élite internationale défiler devant la Sorbonne pour demander de pouvoir rester travailler en France et apporter son talent, sa capacité de travail, son sang neuf (et ses impôts et contributions diverses) à notre pays en crise ? La France confirme une fois de plus sa préférence pour la pauvreté et l’échec. Autre effet indirect, cette humiliation d’une jeunesse prometteuse va se diffuser dans tous les pays du monde. Le gouvernement a trouvé la meilleure arme contre la langue française et pour nuire à l’image de notre pays. Après cette « démondialisation », nous allons assister à la « défrancophonisation ».

Monsieur Guéant, encore bravo pour cette ineptie économique et sociale qui vous place au même niveau que Frédéric Lefebvre pour enfoncer la France. Dimanche dernier au soir, les circonvolutions d’Henri Guaino dissimulaient mal sa gêne concernant votre décision. Solidaire, il a usé d’un argument tiré par les cheveux : il ne faudrait pas appauvrir les pays en voie de développement et leur soustraire leurs talents formées dans nos riches contrées. Cette forme de néocolonialisme typique de Guaino assimile les individus à des rouages d’une grande mécanique planifiée, digne d’un autre siècle… et d’autres régimes moins doux. Je rappelle cet étonnant paradoxe : ce sont ces mêmes pays qui annoncent aujourd’hui vouloir sortir l’Europe de la crise.

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