Les milliardaires et leur ami l’État

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L’interventionnisme étatique engendre des inégalités qui ne résultent pas de l’aspect méritocratique du système capitalisme et qui sont donc indésirables pour la société

L’interventionnisme étatique engendre des inégalités qui ne résultent pas de l’aspect « méritocratique » du système capitalisme et qui sont donc indésirables pour la société.

Par Le Minarchiste, depuis Montréal, Québec

Il ne fait aucun doute, les inégalités de richesse sont inhérentes au système capitaliste. Cependant, dans un véritable système de libre-marché, les inégalités ne seraient pas si grandes que certains pourraient le croire. J’ai souvent affirmé sur mon blogue que dans un véritable libre-marché, il y aurait beaucoup moins de grandes entreprises et moins de « super-riches ». Pourquoi? Parce que c’est grâce aux largesses de l’intervention étatique que les grandes entreprises et les super-riches atteignent leur statut. L’interventionnisme étatique engendre donc des inégalités qui ne résultent pas de l’aspect « méritocratique » du système capitalisme et qui sont donc indésirables pour la société.

Pour mieux illustrer cette dynamique, j’ai décidé d’analyser les cas de quelques uns des individus les plus riches de la terre selon le Palmarès de Forbes et de vous démontrer de quelle façon ils ont bénéficié de l’interventionnisme étatique pour arriver à leurs fins. Notez bien que je ne m’oppose pas du tout à l’existence de riches entrepreneurs, au contraire ceux-ci créent de la richesse et apportent beaucoup à la société. D’ailleurs, en fouillant un peu dans leurs histoires, on constate que la plupart sont de brillants entrepreneurs. Cependant, en grattant un peu, on réalise que c’est l’interventionnisme étatique qui les a fait passer de très riche à « super riche ».

Beaucoup d’entre eux ont commencé à partir de rien. Quant à ceux qui ont eu la chance d’hériter d’une entreprise, la plupart ont continué à faire de bons investissements et à prendre des risques, de façon à amener l’entreprise à un niveau supérieur. Peu d’entre eux sont des rentiers de capital hérité.

Les quelques exemples ci-bas ne sont que la pointe de l’iceberg. Il y a bien d’autres milliardaires qui ont bénéficié de favoritisme étatique et ceux énumérés ci-bas en ont bénéficié de bien d’autres manières que celles que je décris dans ces quelques lignes. Je note que beaucoup de milliardaires ont bénéficié du système bancaire inflationniste (notamment Carl Icahn et ses leveraged buyouts) et que plusieurs ont bénéficié de la règlementation excessive de certaines industries, qui favorise les grandes entreprises bien établies au détriment des nouveaux entrants et des petits concurrents.

 

#1 Carlos Slim Helu :

Le père de Slim a d’abord amassé une petite fortune de lui-même au début du 20e siècle. Cette famille d’immigrants Libanais a démarré une petite entreprise de construction qui a acheté des terrains au Mexique. C’est presqu’à partir de rien que le groupe est devenu milliardaire. Ceci étant dit, c’est grâce à son acquisition de Telmex que Slim a réussi à atteindre le sommet du classement de Forbes. Il serait long et fastidieux d’analyser chacun des investissements faits par la famille Slim, alors contentons-nous de celui qui les a mené dans la stratosphère de l’oseille : Telmex.

Telmex a été fondée en 1947 par un groupe d’investisseurs Mexicains qui ont combiné les branches mexicaines d’Ericsson et d’ITT Corporation pour former l’unique fournisseur de téléphonie au pays. Durant les années 1960s, le gouvernement a instauré une taxe spéciale sur les appels longue distance, dont les recettes étaient réinvesties dans le développement du réseau de Telmex, ce qui faisait bien l’affaire de ses actionnaires.

En 1972, le gouvernement a pris le contrôle de l’entreprise en acquérant 20% de ses actions et 51% des droits de vote. La taxe spéciale a par la suite été constamment augmentée, ce qui permit au gouvernement de soutirer des revenus supplémentaires, rendant le coût d’un appel longue distance prohibitif. Dans les années 1980, le temps d’attente pour être relié au réseau était en moyenne de 3 ans et le coût de $500. Par ailleurs, à tout moment environ 10% du réseau était en panne. Cette mauvaise performance n’était pas surprenante pour une société d’État, rongée par de puissants syndicats, une mauvaise productivité et une mauvaise rentabilité. C’était le coût du nationalisme mexicain, qui comptait à l’époque 1,155 entreprises d’État!

En 1989, le Président Carlos Salinas déclara qu’il fallait privatiser Telmex pour réduire la dette du pays, mais aussi améliorer la performance de l’entreprise. C’est alors que le consortium mené par Carlos Slim (Grupo Carso / France Telecom / Southwestern Bell) est entré en jeu. Slim étant très bien connecté politiquement et vu les tendances nationalistes des politiciens mexicains, Slim a probablement bénéficié d’un bon tuyau quant au prix qu’il devait miser sur Telmex, soit $1.760 milliards, seulement $70 millions de plus que le plus proche rival. Grupo Carso a fourni la moitié de la somme, lui procurant une part de 10% dans l’entreprise.

Même si elle était dorénavant une entreprise privée, Telmex bénéficiait tout de même d’un immense avantage compétitif puisque ses concurrents devaient lui payer des frais d’interconnexion pour chaque appel longue distance.

Slim a ensuite utilisé son intérêt dans Telmex pour bâtir América Movil, qui détient entre autres la plus importante compagnie de cellulaire du Mexique (Telcel) ainsi que des intérêts dans diverses entreprises de télécommunications à travers les Amériques dans presque une vingtaine de pays. Celle-ci détient maintenant 60% des actions de Telmex et a déposé une offre de $6.5 milliards pour acquérir les 40% restants. Telmex représente aujourd’hui 59% de la fortune de Slim.

Ainsi, bien que je ne sois absolument pas contre les privatisations d’entreprises d’État, il faut dire que Slim fait un bon coup d’argent sur le dos du gouvernement en acquérant pour une « bouchée de pain » une entreprise mal gérée, mais avec beaucoup de potentiel et ayant bénéficié des largesses de l’État.

#2 Bill Gates :

Je ne vous raconterai pas l’histoire de Microsoft ici puisqu’elle est bien connue. Il ne fait aucun doute pour moi que Bill Gates est un génie, combinant des aptitudes en programmation à de bonnes habiletés en gestion et en stratégies d’affaires. Dans une économie réellement libre, Bill Gates aurait probablement été une personne riche quand même, mais bien moins riche qu’il ne l’a été réellement grâce au soutien de l’État.

Avec le soutien légal d’IBM, Microsoft a d’abord utilisé un concept de Gary Kidlall pour élaborer MS-DOS (certains diraient qu’elle a violé sa propriété intellectuelle). Ensuite, elle a retenu les droits de commercialisations du système pour pouvoir vendre MS-DOS en dehors du projet IBM-PC. Microsoft a ensuite utilisé la protection de la propriété intellectuelle, un privilège étatique, pour asseoir son hégémonie sur le marché du PC, qu’elle domine encore aujourd’hui. Sans cette protection étatique, Microsoft ne serait qu’un concurrent parmi tant d’autres et Bill Gates ne serait pas un multimilliardaire (juste un multimillionnaire).

#3 Warren Buffett :

Warren Buffett est un brillant investisseur qui s’est enrichi en appliquant la méthode disciplinée de Benjamin Graham (bien que celle-ci fonctionne moins bien de nos jours vu l’efficience accrue des marchés financiers). Premièrement, les placements boursiers de Buffet ont grandement bénéficié de l’inflation incessante orchestrée par la Federal Reserve. On pourrait ainsi dire qu’il a fait une bonne part de sa fortune sur le dos du pouvoir d’achat du dollar américain et des citoyens américains (voir ceci). Deuxièmement, certaines des entreprises dans lesquelles Buffet a investi et s’est enrichi ont bénéficié des largesses de l’État. American Express, Wells-Fargo et US‑Bancorp, qui utilisent les réserves fractionnaires frauduleusement permises par l’État pour faire un maximum de profits. Plus récemment, Goldman Sachs a bénéficié du sauvetage de $13 milliards d’AIG, qui a permit à Buffet de faire un juteux profit sur ses actions privilégiées acquises durant la crise. Ses connections politiques l’ont certainement bien aidé sur cette transaction. Notez que je ne reproche pas à Buffet d’avoir épargné et de d’être enrichi en investissant à la bourse. Il n’en demeure pas moins que les largesses de l’État l’ont grandement aidé à s’enrichir.

#4 Bernard Arnault :

Bernard Arnault est aussi un brillant homme d’affaires, qui serait possiblement bien riche dans une économie libre. Cependant, c’est grâce à l’État qu’il a été propulsé au quatrième rang du classement de Forbes, grâce à son empire du luxe : LVMH.

À la fin des années 1970s, la société de textile Boussac, propriétaire de Christian Dior, est en faillite. Arnault s’immisce alors dans le dossier et parvient à mettre sur pied une offre d’achat. Il s’engage sur un plan de maintien des emplois industriels (qui fut vite oublié par la suite) et obtient en contrepartie 380 millions d’abandon de créances, et 560 millions de nouvelles subventions gouvernementales qui s’ajoutent aux 900 millions déjà engagés par l’État avant la reprise. Le 20 décembre 1984, Bernard Arnault est nommé PDG de la Compagnie Boussac Saint-Frères. Avec un investissement personnel de quarante millions de francs, il a pris le contrôle d’une entreprise qui vaut huit milliards en bourse trois ans plus tard et fait de lui, instantanément, un des hommes les plus riches de France.

En dépit des engagements pris auprès des gouvernements et des employés, Arnault mène ensuite un travail de nettoyage conduit de façon rapide et systématique. Dès le 2 janvier 1985, deux petites usines sont revendues à crédit et les acheteurs bénéficient d’une subvention publique. Le nettoyage du groupe parachevé, Bernard Arnault se retrouve, dès 1985, avec des finances assainies. Sur les trois milliards six de dettes exigibles en 1984, il ne doit plus que deux milliards sept qui ne représentent, en fait, qu’un milliard sept en valeur actualisée, compte tenu de l’étalement dans le temps des remboursements et du taux d’inflation.

Il est évident que l’État a tendu Christian Dior à Arnault sur un plateau d’argent. Il l’a ensuite utilisée pour forger son empire de produits de luxe qui deviendra LMVH, dont les actions détenues par Arnault représentent la part du lion de sa fortune personnelle.

#6 Lakshmi Mittal :

Lakshmi Mittal est le PDG et chef de la direction de ArcelorMittal, le plus grand producteur d’acier du monde. Lakshmi a débuté dans l’entreprise familiale fondée par son père. En 1976, bloqué en Inde par le gouvernement, qui a limité les investissements privés dans l’acier, Mohanlal Mittal crée une petite usine d’acier en Indonésie. Il en confie alors la direction à son fils Lakshmi, 26 ans. A peine plus étendu qu’une grande ferme, l’établissement passe un contrat de licence avec deux groupes européens pour accéder à des techniques de pointe : le « direct reduced iron » ou DRI, qui permet d’améliorer la productivité par soufflage d’oxygène à l’intérieur du four. Mis au point par Hamburger Stahlwerke, ce procédé est alors peu employé. Lakshmi Mittal en est un partisan convaincu. Il rachète méthodiquement les petites usines qui l’utilisent en Indonésie. À l’époque, l’entreprise est encore marginale, mais c’est par la série de transactions brillantes qui a suivi qu’elle est devenue un géant mondial. (voir ceci)

Et qu’est-ce qui a permis à Lakshmi Mittal de réaliser de telles transactions ? Le nationalisme étatique et l’inefficience des gouvernements ! Il y a 25 ans, les gouvernements considéraient les aciéries comme des industries stratégiques et plusieurs les avaient nationalisées, alors que les autres les protégeaient par des barrières protectionnistes et des subventions. Ces entreprises étaient mal gérées, inefficaces, non-rentables et n’avaient aucun incitatif à l’innovation.

Mittal a débuté ses acquisitions au Trinidad & Tobago, dont l’aciérie d’État perdait $80 million par année. Sous la gestion de Mittal, l’entreprise devint rentable en moins de 5 ans. En 1992, Mittal répéta l’opération au Mexique, payant $220 millions pour l’aciérie étatique en faillite Sicarsta, qui avait été construite au coût de $2 milliards. Après une forte hausse de la production et une amélioration de l’efficacité, l’entreprise devint rentable au bout de quelques années. Ensuite, Mittal achète Karmet, une autre aciérie gouvernementale du Kazakhstan, pour $300 millions, qui fait des pertes année après année. Il réduit les coûts, augmente la production et rentabilise l’entreprise grâce à la technologie DRI et à la configuration en mini-aciéries intégrées qui permet plus de flexibilité. Presqu’au même moment, Mittal complète des acquisitions similaires, soit d’anciennes aciéries nationales, en Allemagne et en Irlande. Dans le cas de Irish Steel, le prix d’acquisition fut symbolique, car Mittal acceptait de prendre en charge l’immense dette de l’entreprise. Et l’aventure se poursuit ensuite en Roumanie, en Afrique du Sud, aux États-Unis, en Algérie et dans les Balkans, jusqu’à la fameuse acquisition du géant Arcelor survenue tout récemment et qui mena l’entreprise au statut de plus grand producteur d’acier mondial. (pour plus de détails, voir ceci)

En 2002, alors que l’entreprise tente d’acquérir les aciéries de l’État en Roumanie, Lakshmi Mittal est impliqué dans un scandale, le « Garbagegate », dans lequel Mittal a fait un don de $2 million au Parti Travailliste du Royaume-Uni en échange duquel le Premier Ministre Tony Blair a mis de la pression sur le gouvernement Roumain pour que celui-ci privatise ses aciéries et les vende à Mittal. Est-il possible que Mittal ait distribué des pots-de-vin et de généreuses contributions électorales de façon à influencer les nombreux gouvernements desquels il a acheté des aciéries? Selon moi, cela ne fait aucun doute et c’est la conséquence inévitable de l’interventionnisme étatique dans l’économie.

En somme, il ne fait aucun doute que Lakshmi Mittal est un brillant homme d’affaires, un véritable visionnaire. Il est aussi évident que les aciéries d’État qu’il a acquises devaient être privatisées un jour ou l’autre vu leur piètre performance. Mittal a d’ailleurs créé énormément de richesse en améliorant leur performance. Cependant, c’est grâce aux largesses de différents gouvernements, qui ont pratiqué le nationalisme économique, que Lakshmi Mittal figure dorénavant au top 10 du classement Forbes.

#8 Eike Batista :

Eike est le fils de Eliezer Batista qui a été ministre Brésilien des mines et PDG de la compagnie Vale, une grosse entreprise minière étatique du Brésil. Dans un système économique aussi interventionniste et bureaucratisé que celui du Brésil, avoir un père aussi bien connecté est certainement un atout procurant un immense avantage sur la concurrence. Cela a-t-il facilité sa navigation à travers la bureaucratie brésilienne et l’obtention de permis cruciaux? En tout cas, les mines de Batista lui ont permis de faire fortune. Batista est un bel exemple de ce qu’on nomme le « capitalisme de connivence ». D’ailleurs, il y a quelques années, Batista a fait l’objet d’accusations de corruption, qu’il a su esquiver grâce à l’aide son bon ami, le Président Lula.

Ceci étant dit, c’est vraiment grâce à OGX et son pétrole que Batista est passé au 8e rang du classement Forbes. En novembre 2007, quatre mois après qu’il ait formé OGX et acquis certaines propriétés minérales en eaux profondes, l’entreprise pétrolière étatique Petrobras annonce la découverte du gisement Tupi, tout près des territoires d’OGX. Il n’en fallait pas moins pour que les actions d’OGX s’enflamment et enrichissent Batista! Peu de temps avant l’acquisition des blocs pétroliers, Batista avait engagé Paulo Mendonça, le géologiste vedette de Petrobras, qui avait œuvré au sein de l’entreprise pendant 34 ans, pour le conseiller sur ses investissements pétroliers. Il semble que les conseils aient été plutôt judicieux et bien informés…

Par ailleurs, il faut noter qu’au Brésil, un pays très protectionniste, les firmes étrangères ne peuvent être que partenaires minoritaires, ce qui donne un immense avantage aux joueurs locaux comme OGX.

#11 Li Ka-Shing :

Les actifs de cet homme d’affaires hong-kongais sont concentrés dans deux conglomérats, Hutchison Whampoa et Cheung Kong. Hutchison Whampoa était à l’origine constituée de deux sociétés créées à Hong Kong au XIXe siècle : Hong Kong & Whampoa Dock company (HWD), fondé en 1863, et Hutchison International, fondé en 1877. Hutchison International, sous la direction de Douglas Clague, prit une participation majoritaire dans HWD dans les années 1960, puis la totalité en 1977. En 1979, l’entreprise est en difficultés et Li Ka-shing devient actionnaire à 22% et président de la société, acquérant sa part de la banque HSBC pour une bouchée de pain, ce qui fut une surprise. Qui sait la pression politique qui fut exercée lors de cette transaction si avantageuse pour Li…

Il est intéressant de noter que l’origine du succès de cette compagnie remonte aux Guerres de l’Opium entre la Grande Bretagne et la Chine, qui ont permis à l’entreprise d’accéder à 16 ports chinois.

Les connections entre le gouvernement Chinois et Li Ka-Shing sont bien documentées. On qualifie même Hutchison Whampoa d’être un outil de l’armée chinoise. Li aurait accepté $400 million du gouvernement Chinois en échange de sa précieuse aide. Voici quelques faits intéressants à son sujet :

«  U.S. Commerce Department documents show Li owns 25 percent of a firm run by the Chinese air force and one-third of Asiasat, which is owned in part by the Chinese army. Li founded the China International Trust and Investment Corporation (CITIC), which the RAND Corporation claims is a front operation for the PLA. Li has also financed satellite deals between American company Hughes Network Systems and China Hong Kong Satellite, a company owned in part by the PLA. Judicial Watch, after filing a FOIA report, quoted a U.S. army intelligence update that said, “Li is directly connected to Beijing and is willing to use his business influence to further the aims of the Chinese Government. He…has compelling financial reasons to maintain a good relationship with China’s leadership.” »

#14 Vladimir Lisin:

Lisin est certes un brillant métallurgiste Russe, mais il n’en demeure pas moins que c’est un Oligarque qui a bénéficié de la privatisation hâtive des aciéries Soviétiques pour s’enrichir. Il a graduellement pris le contrôle de Trans-World Group, un partenariat qui domine l’industrie de l’acier et de l’aluminium en Russie. Son cheminement a été fortement facilité par son partenaire de la première heure, Oleg Soskovets, qui fut le dernier Ministre des Métaux de l’Union Soviétique et qui devint par la suite Premier Ministre sous la présidence de Boris Yeltsin.

#15 Liliane Bettencourt :

Lorsque je pense à l’héritière de l’empire L’Oréal, je pense immédiatement au concept de « niche fiscale ». Grâce entre autres au fameux Bouclier Fiscal mis en place par Sarkozy, Mme Bettencourt n’est imposée qu’à un taux variant de 6% à 9%. N’allez pas croire que je m’oppose aux allègements fiscaux, au contraire. Cependant, je suis plutôt en faveur d’un taux d’imposition fixe, égal pour tous. Je ne trouve pas cela normal que Mme Bettencourt paie 5 à 10 fois moins d’impôts en proportion de ses revenus que les employés de son entreprise. Ceci étant dit, ce n’est pas le bouclier fiscal qui a mené l’héritière de L’Oréal dans le top 20 de la liste de Forbes, j’en suis conscient. Je veux simplement illustrer que les niches fiscales mises en place par l’État contribuent aux inégalités de revenus en faveur des riches. Par ailleurs, je vous laisse spéculer sur les bienfaits pour L’Oréal que son fondateur ait été un grand collaborateur du régime Nazi…(e.g. sortir de la guerre avec une entreprise viable et peu affectée).

#26 Prince Alwaleed Bin Talal Alsaud :

Ai-je vraiment besoin de commenter celui-ci? Il a fait sa richesse grâce à sa descendance monarchique, donc de l’État Saoudien. Son meilleur coup fut probablement d’acheter des actions de Citigroup lors de la crise immobilière du début des années 1990s, qui s’est soldée par un sauvetage étatique (Resolution Trust). Citigroup a ensuite été re-sauvée dans les années 2000s suite à la crise financière que nous venons de traverser.

#39 John Paulson:

Paulson est un gestionnaire de fonds de couverture (hedge fund) qui a fait sa fortune d’abord en pariant contre l’industrie des hypothèques subprimes en 2007, un marché gonflé outre mesure par l’interventionnisme étatique (CRA, HUD, Fannie Mae, Freddie Mac, Federal Reserve, etc). Puis, Paulson a acheté les titres déprimés des grandes banques américaines, entre autres, pariant sur un sauvetage par l’État, ce qui s’est produit. Finalement, Paulson a parié sur l’or, prévoyant que la Federal Reserve allait monétiser les déficits du Trésor Américain, dévaluant ainsi la devise américaine. Paulson a certes été un brillant investisseur, mais sans interventionnisme étatique, ces profits n’auraient pas été possibles.

#68 Joseph Safra : Un banquier…

#75 Luis Carlos Sarmiento : Un autre banquier…

#89 George Kaiser : Encore un banquier!

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