Or et marchés des actions

Actuellement, pour préserver le pouvoir d’achat de son épargne, la tentation est grande de se tourner vers l’or. Est-ce vraiment un choix judicieux?

Actuellement, pour préserver le pouvoir d’achat de son épargne, la tentation est grande de se tourner vers l’or. Est-ce vraiment un choix judicieux?

Par Charles Gave

Beaucoup de lecteurs me demandent pourquoi je ne recommande pas d’acheter de l’or. Voici une raison.

Il est toujours extrêmement difficile de préserver le pouvoir d’achat de son épargne surtout quand les gouvernements accumulent les erreurs, comme c’est hélas malheureusement le cas en ce moment. La tentation est grande alors de se tourner vers l’or, qui a comme vocation première d’être la ligne de défense des citoyens martyrisés par les pouvoirs publics. L’or est de fait une façon pour le citoyen qui ne peut pas voter avec ses pieds de s’en aller tout en restant dans son pays. Il retire au gouvernement de son pays la gestion de son épargne en manifestant qu’il ne croit plus dans la monnaie de son État.

Le problème, c’est que de temps en temps, la panique gagne nos chères fourmis à un point tel que l’or cesse d’être une protection de qualité. Déterminer ce moment est l’une des choses les plus difficiles, mais enfin je peux toujours essayer… Sur le long terme (trente ans), la plus grande qualité du marché des actions c’est qu’il donne accès à des dividendes qui montent avec le temps. Celui qui achète de l’or abandonne donc ce droit à ces hausses, ce qui de temps en temps peut être une bonne idée, mais hélas pas toujours.

Si donc je prends les dividendes effectivement payés par l’indice S&P 500 et que je compare leur évolution historique à celle de l’or, je peux essayer de déterminer les moments où la panique est telle que les acheteurs d’or « surpayent » le métal jaune pour en quelque sorte garantir leur sécurité. J’ai donc établi un ratio entre le cours de l’or et le paiement des dividendes depuis… 1871.

En voici le résultat.

L’or est aujourd’hui plus haut qu’il n’était au moment de la dépression de 1890, plus haut que pendant la grande dépression des années 30, plus haut que quand les Japonais avaient attaqué Pearl Harbor, et a peu prés au même niveau que quand le Shah d’Iran était renversé avec la complicité active de l’administration Carter, que le pétrole triplait pendant que les Russes envahissaient l’Afghanistan. L’or est donc dans une des plus grandes paniques à l’achat que l’Histoire ait enregistré et pour ainsi dire jamais les flux à venir des dividendes n’ont été aussi bon marché vis-à-vis de l’or.

Acheter de l’or en 2000 et vendre les actions était une bonne idée. Faire le contraire aujourd’hui me parait éminemment raisonnable, comme en 1980…

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Sur le web.

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