Le sale argent de la politique

Faute d’être légal, le financement de la vie politique est occulte

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Le sale argent de la politique

Publié le 12 septembre 2011
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Faute d’être légal, le financement de  la vie politique est occulte.

Un article publié en collaboration avec l’ALEPS (*)

Dans l’ensemble de la classe politique, il est de bon ton de dénoncer le « sale argent » : celui des financiers, des spéculateurs, des grands patrons, du CAC 40, des traders, etc.

En revanche, la discrétion est de mise à propos des corruptions quotidiennes dans lesquelles sont impliqués des hommes politiques, des partis et des syndicats de tous bords. Ces braves gens se rendent à une évidence : pour mener leurs campagnes, pour préparer les élections, pour fidéliser leurs militants et leur clientèle, il faut de l’argent. Et il en faut de plus en plus, avec les techniques de communication efficaces mais coûteuses. Ne pas avoir d’argent, c’est se condamner à disparaître. Ainsi a disparu en 2002 le parti libéral démocrate d’Alain Madelin.

Cette affaire prend un tour rocambolesque mais dangereux avec l’ouvrage publié par deux journalistes du Monde dont le titre est « Sarkozy m’a tuer » et dont un chapitre explosif concerne les enveloppes que le candidat Sarkozy en 2007 serait allé chercher chez la brave dame Bettencourt. Peu importe le détail, mais on voit que la corruption pourrait concerner les plus vertueux si la loi de financement des partis et des candidats n’était pas abrogée.

Cette loi a été prise en 1993-1995 par le gouvernement Balladur, en apparence pour « moraliser » la vie publique, en réalité pour justifier l’amnistie pour des corruptions antérieures qui l’accompagnait. Elle prévoit que c’est l’État qui veille au financement des partis en fonction de leur représentativité, les fonds privés ne pouvant jouer qu’un rôle d’appoint. Deux conséquences : d’une part impossibilité de créer une nouvelle formation (puisqu’elle n’a encore aucune représentation électorale), d’autre part mise des partis sous surveillance du pouvoir – ce qui est une curieuse conception de la démocratie.

Il serait temps d’en venir à la totale liberté de financement de la vie publique, comme dans la plupart des démocraties. Aux États-Unis non seulement les citoyens (entreprises mais surtout individus) donnent de l’argent au candidat de leur choix, mais la masse collectée est un argument dans la compétition : c’est la mesure de la confiance accordée au candidat. Obama avait de loin remporté la course à la collecte en 2008.

L’argent de la politique n’est pas sale. L’argent sale c’est celui de la corruption.

—-
Article repris du site de l’ALEPS, Libres.org, avec l’aimable autorisation de Jacques Garello.

(*) L’ALEPS, présidée par le Professeur Jacques Garello, est l’Association pour la Liberté Économique et le Progrès social, fondée il y a quarante ans sous l’autorité de Jacques Rueff, dans la tradition intellectuelle française de Jean Baptiste Say et Frédéric Bastiat.

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  • Assez d’accord avec vous pour les dons affichés sans complexe. Mais on est en France où la philanthropie est appelée paternalisme. Ces dons seront dénoncés comme soutien aux partis vendus au grand capitalisme, vous connaissez la chanson.
    A propos de chanson, on justifie les gains extravagants des traders (votre introduction sur l’argent sale) en les appelant « les Mozart de la finance » et en brandissant la menace de leur fuite au profit des banques de pays plus compréhensifs.
    Mais qu’ils y aillent donc ! Les universités et grandes écoles ne manquent pas de vocations et la relève est assurée. Nos banques ne craignent rien, les primes des traders iraient grossir les fonds propres, ce qui ne serait pas plus mal finalement.

    • « Mais qu’ils y aillent donc ! Les universités et grandes écoles ne manquent pas de vocations et la relève est assurée. Nos banques ne craignent rien, les primes des traders iraient grossir les fonds propres, ce qui ne serait pas plus mal finalement. »

      Un petit problème pratique : si les traders s’en vont, la valeur ajoutée qu’ils produisent n’apparaitra plus dans le bilan des banques qu’ils ont quité mais dans le bilan de celles qui les ont embauché…
      Si les traders ont des primes c’est parce qu’ils ont produit de la valeur ajoutée et que leurs opérations ont été rentables. Donc, tout le monde est gagnant, y-compris l’Etat qui va empocher des impôts sur les résultats.

      L’appellation « Mozart de la finance » n’est utilisée que par quelques journalistes et commentateurs en mal de public. C’est anecdotique.

      Même si cela ne plaît pas à certaines têtes bien pensantes, les spéculateurs et les traders on un rôle économique important et surtout créent de la valeur ajoutée, que les Etats ne se privent pas d’imposer comme les autres activités productives.

  • Un principe simple devrait être appliqué: 0 subvention pour les entreprises, 0 subvention pour les syndicats, 0 subvention pour les partis politiques, 0 subvention pour les associations (pour ces dernières, on peut cependant envisager de conserver, voire augmenter, les abattages fiscaux, et pourquoi pas également pour les partis politiques). Bref 0 subvention tout court, pour quiconque.

    L’état n’a pas à privilégier tel ou tel intérêt, et doit remettre ce choix aux mains des individus.

    Par contre, je suis plus que sceptique quant au financement des partis par les entreprises. Une entreprise ne vote pas, et donc n’a pas à financer tel ou tel parti. D’autant plus que ce serait la porte ouverte à tous les abus, entre sociétés bidon servant de couverture au financement de parti, au lobbying le plus intense.

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