Crise du capitalisme et du libéralisme ? Soyons sérieux !

Le capitalisme se porte comme un charme : nous sommes face à une crise politique et non face à une crise économique

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Enjoy Capitalism (Crédits : Bureaucrash, image libre de droits)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Crise du capitalisme et du libéralisme ? Soyons sérieux !

Publié le 10 septembre 2011
- A +

Nous sommes confrontés à une crise de dévoiement de nos systèmes politiques et non face à une crise économique. Le capitalisme se porte comme un charme. La grande affaire des 10 ans qui viennent ne sera pas la réforme des systèmes économiques, mais bien la réforme de nos États.

Par Charles Gave

Quiconque lirait la presse de notre pays pour se renseigner sur la crise financière actuelle acquerrait automatiquement la conviction que le pelé, le galeux, c’est bien entendu le capitalisme – inefficace et injuste, cela va sans dire – sous-tendu qu’il est par cette abominable idéologie qu’est le libéralisme.

Voila qui est pour le moins surprenant pour quelqu’un qui se contente de regarder les faits pour essayer de comprendre… ce qui est après tout le minimum pour un esprit scientifique.

Nous ne sommes en effet pas du tout – mais pas du tout – dans une crise du capitalisme, mais tout simplement dans une crise des États qui ont pratiqué avec beaucoup d’allégresse ce que j’ai appelé le social-clientélisme, qui consiste à acheter les voix des lecteurs en émettant de la dette que nos enfants ou petits enfants devront repayer. Or le principe essentiel de la Démocratie (qui a vu le jour en Angleterre) a toujours été « pas de taxation sans représentation » et pourtant nous taxons allégrement nos descendants alors même qu’ils ne sont pas encore nés et donc bien incapables de voter. En réalité, nous sommes en face non pas d’une crise économique mais bien d’une crise d’un dévoiement de nos systèmes politiques, capturés par une technocratie à la fois triomphante et incompétente, ce que chacun peut constater tous les jours.

Le capitalisme quant à lui se porte comme un charme, non seulement en Asie ou en Amérique Latine mais encore dans nombre de nos pays tels la Suède, le Canada, l’Australie, la Finlande, l’Autriche, le Danemark, tous pays où la population est soignée, éduquée, nourrie et prend sa retraite sans aucun souci, tout simplement parce que le capitalisme y règne et que la classe politique locale, contrôlée par les peuples, y fait son travail convenablement. Ces pays ne connaissent rien des affres que nous traversons et ils ont tous une caractéristique commune: ils ont remis de l’ordre dans leur État depuis un grand moment – citons la Suède en 1992 ou le Canada à partir de 1994 par exemple.

Par contre, dans les pays qui ont refusé de contrôler le Moloch, on constate partout le même phénomène: la part dans le PNB de ce que j’appelle le secteur communiste, représenté par la production de biens et de services où la concurrence n’est pas autorisée, a crû en moyenne de 1% par an de plus que la part du secteur capitaliste, où concurrence et prix libres sont la règle.

Comme ces secteurs non concurrentiels sont par définition toujours en déficit, la dette garantie par l’État qui les contrôle explose, ce qui met en danger la capacité de ces États à emprunter. Nos États, pris en otage par le personnel occupant ces secteurs, sont entrainés dans cette spirale infernale de la dette et la musique s’arrêtera, comme elle est en train de s’arrêter dans l’Europe du Sud, le jour où les étrangers refuseront de continuer à financer ce qui est à l’évidence insoutenable. Il ne s’agit donc en rien de je ne sais quelle « tyrannie des marchés financiers » ou « mur de l’argent » mais tout au plus de l’application à nos économies du vieux « principe de réalité » qui veut que personne ne puisse vivre au dessus de ses moyens indéfiniment. Le reste du monde n’a aucune raison de continuer à subventionner la France ad vitam aeternam et le reste du monde ne le fera pas.

Et donc nous allons nous heurter inévitablement à une réalité inconcevable pour le haut fonctionnaire de base. « Il ne va plus y avoir d’argent », ce qui d’après mes calculs devraient se passer entre 2012 et 2014.

Quand il n’y a plus d’argent, il n’y a plus d’argent et défiler derrière des drapeaux rouges ou noirs ne changera rien à cette dure réalité. Pour faire simple, nos États sont au bord de la faillite exactement comme l’était l’Union Soviétique en 1988 et pour les mêmes raisons, ce que chacun peut comprendre. Ce que nous sommes en train de vivre en 2011 c’est l’acte II de l’effondrement des idées communistes, et c’est bien sûr une bonne nouvelle – à long terme.

Allons plus loin et imaginons que nos hommes politiques décident dans leur grande sagesse qu’il faille taxer plus l’économie capitaliste pour boucher les trous de l’économie communiste. Ils ne feront bien sûr que transférer ce bien rare entre tous qu’est le capital de ceux qui ont une forte rentabilité du capital investi (le secteur privé) vers ceux qui ont une rentabilité négative (le secteur public) et donc le taux de croissance de l’économie continuera sa baisse structurelle, les rentrées fiscales s’effondreront, le chômage montera et avec lui les déficits budgétaires et la dette (voir les exemples Grecs et Italiens récemment ou la politique Laval en 1934).

La réalité est donc toute simple: nous sommes en train d’arriver a la fin des mythes keynésiens qui stipulent que les dépenses de l’État créent de la croissance. Chaque accroissement du poids de l’État dans l’économie s’est en effet toujours traduit par une baisse du taux de croissance structurel de cette même économie dans les années suivantes. Quand, après des années de « politique de soutien de l’activité », le taux de croissance de l’économie tombe en dessous des taux d’intérêts, le pays rentre dans ce que Keynes appelait une « trappe à dettes » et la crise financière est inéluctable.

Nous y sommes.

La grande affaire des 10 ans qui viennent ne va donc pas être la réforme des systèmes bancaires et économiques, mais bien la réforme de nos États. Keynes avait l’habitude de dire à ceux qui lui disaient que ces solutions ne marcheraient pas à long terme: « Monsieur, à long terme nous sommes tous morts ».

Pour en terminer avec celui dont les idées dévoyées sont à l’origine de tant de nos problèmes actuels, la réalité est encore une fois toute simple.

Nous sommes dans le long terme et Keynes est mort.

—-
Sur le web

Voir les commentaires (19)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (19)
  • La phrase de conclusion est géniale.

  • N’importe quoi encore une fois. La chine c’est quoi? Un pays libérale? Capitaliste? Non et pourtant croissance au top, endettement nul…

    A l’inverse les etats unis sont depuis des annees le symbole du libéralisme économique, l’école de chicago y gouverne depuis plus de 30 ans et ce monsieur veut nous faire croire que la croissance faile, le chomage a 10% et l’endettement sont la faute de keynes. En effet il est mort et ne pourra se défendre, votre alibi est parfait pour les simples d’esprit…

    • Deux paragraphes, deux âneries.

      Franchement, Polemicoeur, changez de pseudo. Pour polémiquer, il faut posséder quelques qualités dont vous êtes visiblement dépourvu.

      • J’ai cité 2 exemples ousont les votres? Je ne peux pas polémiquer seul.

      • Au contraire, il possède toutes les qualités requises : ignorance crasse mais croyances fermes, associé à un aplomb d’enfer et une mauvaise foi en béton, le tout armé de poncifs « prêts à penser » tenant lieu de réflexions. Tout l’arsenal du kamikaze terroriste intellectuel, qui vient se jeter sur Contrepoints.
        Mais ne perdons pas espoir : c’est peut-être sa façon (perverse) de nous appeler au secours, désamorcer la bombe qu’on lui a fourrer dans la tête.

    • « l’école de chicago y gouverne depuis plus de 30 ans »

      Il me faut des noms, des dates, des faits précis et le nom et le nombre des victimes.

      • Le nom le plus évocateur: milton friedman conseiller de tous les candidats républicains reagan, nixon… Des dates: a vous de voir les années d’investitures.

        Un autre exemple tatcher. L’angleterre est elle aujourd’hui un modele de gestion budgetaire? Non

        • LOL
          Reagan a quitté le pouvoir en 1989, Thatcher (et pas « Tatcher ») en 1990, ça fait 21 ans… ça commence à faire un peu ancien pour leur imputer la politique actuelle, quoi qu’on en pense.

          Friedman, consiller de Nixon ? Trop comique.
          Tu déblatère sans même avoir le petit effort de taper « nixon Friedman » dans google, dont le premier hit est
          http://www.pbs.org/wgbh/commandingheights/shared/minitext/int_miltonfriedman.html#8
          donnant un petit aperçu de ce que pouvait penser Friedman de Nixon et de sa politique stupide.
          Ce qui prouve que non seulement tu n’y connais rien, mais en plus que tu répètes des conneries (entendus dans un repère de trouducs) sans avoir fait le moindre petit effort de vérification de ce que tu assènes.

  • Endettement nul en Chine , vous vivez ou? Par ailleurs la Chine doit son boom a des reformes…. Libérales « l’économie socialiste de marché ». Il y a de gros pb en Chine a cause de l’état communiste qui favorise un surinvestissement par la dette dans des projets non viable.

    Ensuite depuis la fin de Reagan l’etat US a diminué en taille? Diminué sa dette? La FED n’a pas eu une politique monétaire laxiste.?
    La crise c’est grace a qui déjà?

    • 35% du PIB pour la Chine, ce qui est un endettement normal contre 100% aux US. Le Royaume Uni est à 80%. L’auteur ne peut pas nous faire croire que le libéralisme est la solution alors que ces économies surendettées sont le symbole même du libéralisme depuis 30 ans!

      Prendre la Suède, le Danemark en exemple comme le fait l’auteur est juste une imposture intellectuelle. Ces pays, qui selon l’auteur justifie la bonne santé libéralisme, ont des politiques publiques très fortes. N’importe quoi, je le répète.

      La crise est due à l’absence de régulation du système bancaire et à l’absence d’instances démocratiques capables de réguler la mondialisation. Seul les US ont un droit de véto au FMI, pourquoi?

      • Pour la Chine, ce n’est pas ca, il faut prendre en compte les dettes des gov municipaux, ce qui amène la dette réelle a au moins 80% du PIB. Et encore en prenant les chiffres officiels, qui ont un rapport avec la realité assez
        vague. Ensuite les libéraux ne préconise pas le recours a la dette contrairement au keynésiens.

        Non la crise est du entre autre a : la politique monétaire ultra laxiste de la FED, L’etat US qui a fait le CRA et forcé les banques a prêter, les entreprise « government backed » fannie et freddie mae, l’agenda des politiques, les fraudea comise par les agents immobilers…
        Les banques arrivent en derniers leur comportements a pu être ainsi a cause des trop nombreuses interventions de l’état US… Les banques ne sont pas innocentes mais designer le mauvais coupable nous mènera une
        nouvelle fois dans le mur

  • Polemicoeur : « Le nom le plus évocateur: milton friedman conseiller de tous les candidats républicains reagan, nixon… Des dates: a vous de voir les années d’investitures. »
    —————————-
    Oui donc vous racontez n’importe quoi en prétendant que « les Chicago boys gouvernent les US depuis 30 ans ». Merci d’avoir confirmé que vous êtes un ignare.
    Quant à l’endettement de l’Etat américain, il était en moyenne 35% du PIB pendant les 8 années Bush (il a atteint 40% en 2008), et après à peine 3 ans d’Obama et ses merveilleux « plans de relance » keynésiens, c’est devenu 71% ! Mais bien sûr, l’endettement, ça n’a rien à voir avec Keynes, dixit Polemicoeur , c’est encore ces salauds de chiffres qui mentent…

  • @polemicoeur

    « La crise est due à l’absence de régulation du système bancaire et à l’absence d’instances démocratiques capables de réguler la mondialisation. Seul les US ont un droit de véto au FMI, pourquoi? »

    @thomas

    « Les banques arrivent en derniers leur comportements a pu être ainsi a cause des trop nombreuses interventions de l’état US… Les banques ne sont pas innocentes mais designer le mauvais coupable nous mènera une
    nouvelle fois dans le mur »
    _________________________________

    C’est à dire qu’il conviendrait de s’interroger au sujet du rôle des banques.

    En vertu de quoi un banquier aurait-il le droit de prêter l’argent de ses déposants sans leur demander leur avis ? (Violation de la propriété privé)
    En vertu de quoi les banquier auraient-ils le droit d’émettre la monnaie officielle et de **décider où l’allouer** et pas les autres ?

    Celui qui a lu la TRM ( http://www.creationmonetaire.info/2011/06/theorie-relative-de-la-monnaie-20.html ) comprend qu’il ne devrait y avoir que des comptables. Un comptable peut faire faillite sans conséquence pour la trésorerie de ceux qui utilisent ses services.

  • Polémicoeur: « L’auteur ne peut pas nous faire croire que le libéralisme est la solution alors que ces économies surendettées sont le symbole même du libéralisme depuis 30 ans! »

    Elle est bonne celle là. Une économie dans laquelle un état est surendetté peut-elle seulement être qualifiée de libérale? La réponse est bien évidemment non puisque le libéralisme prône un état minimal et par conséquent des dépenses publiques et un endettement minimal.
    Ce n’est pas parce que les média vous disent tous les jours que c’est le libéralisme qui provoque tous les maux que dans les faits c’est la réalité. Et ce n’est pas parce qu’une personne au pouvoir est qualifiée de libérale que sa politique économique l’est forcément.
    Ce qui compte ce sont les faits, et rien d’autre. Il est temps de relire ce que signifie réellement libéralisme.

    Polémicoeur: « Prendre la Suède, le Danemark en exemple comme le fait l’auteur est juste une imposture intellectuelle. Ces pays, qui selon l’auteur justifie la bonne santé libéralisme, ont des politiques publiques très fortes »

    La Suède pour ne citer qu’elle BAISSE ses dépenses publiques depuis 1995 (source: INSEE). Alors oui l’état a une place importante en Suède, mais c’est bien en libérant le marché de bien des chaines et en régulant…. sa gestion de l’argent publique depuis 1995 que ce pays a pu se développer de la sorte.

  • Alala toujours aussi comique polémicon! « Les USA symbole du libéralisme »… Euh « lol » est le mot le plus approprié je crois.

    « La dette publique symbole du libéralisme », là c’est « triple LOL »…

    Et la plus belle pour la fin: « absence de réglementation du secteur bancaire ». C’est « juste » un des secteurs les plus réglementé au monde et étatisé, et dont la régulation a cru de façon importante ces 20 dernières années… Sans parler du système en lui-même, anti-libéral par nature (banque centrale, monopole légal)…

    Comment peut-on être aussi inculte et oser afficher son inculture de façon aussi péremptoire?

  • @Polemicoeur : On s’en fou pas mal de savoir si tels ou tels pays est capitalistes ou pas ! et on se fou encore plus de savoir si Nixon, Reagan ou même ma sœur font partis de l’école de Chicago. Ce qui compte, c’est d’être libre. Dans les pays cités (l’Australie, la Finlande, l’Autriche…) les gens peuvent devenir riches rapidement, car il moins de barrières, ils ont davantage de liberté pour créer et entreprendre.

    « La crise est due à l’absence de régulation du système bancaire et à l’absence d’instances démocratiques capables de réguler la mondialisation » pas du tout, la crise est due à l’intervention !! Les gens sont assez grands pour être responsable et savoir ce qu’il y a de mieux pour eux : il faut leur fiche la paix. C’est simple à comprendre pourtant comme programme : Just freedom !!

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
Keynes
0
Sauvegarder cet article

 

L’économiste Claude Sicard vient de publier une étude montrant, graphiques à l’appui, que la politique française visant à corriger les inégalités a pour effet de plomber l’industrie et de réduire le PIB par habitant.

La réduction n’est pas l’épaisseur du trait, c’est un facteur de 1 à 2 sur cinquante ans si on observe les parcours relatifs de la France et de la Suisse.

Quand on entend nos ministres proclamer leur volonté de défendre l’industrie, comme Bruno Le Maire vient de le faire cette semaine avec le « pacte produc... Poursuivre la lecture

1
Sauvegarder cet article

Pour comprendre pourquoi les hommes politiques font fausse route face à la crise, il est bon de se rappeler les thèses défendues par Friedrich Hayek. Voici 10 idées-clés de l'auteur autrichien. Par David Azerrad. Un article de l'Institut Coppet.

Inspiré d’un essai de Bruce Caldwell, éditeur de The Collected Works of F. A. Hayek, dans lequel ce dernier identifie les 10 thèmes clés de la pensée de Hayek.

1.  Les récessions sont inévitables

Des alternances de périodes de croissance économique et de périodes de stagnation ou... Poursuivre la lecture

Le 5 mai dernier, nous avons appris le décès de l’économiste Axel Leijonhufvud, né le 6 septembre 1933 à Stockholm. Il est catalogué comme faisant partie du courant néokeynésien, même si sa pensée était plus complexe que cette simple classification.

J'ai appris beaucoup sur la macro-économie ces (quasi) deux dernières années grâce à Axel Leijonhufvud, d'abord par l'intervalle de Steven Horwitz, George Selgin ou Michael Hoffman (et d'autres), puis en le lisant directement. Les travaux de Leijonhufvud restent cependant moins connus qu'il... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles