Gary Johnson, le plus libertarien des gouverneurs

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Il a posé son veto à plus de lois que les 49 autres gouverneurs d’État réunis. Il a par 14 fois diminué les impôts et ne les a jamais augmentés. Résultat? Un excédent budgétaire et un boom économique

Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume-Uni

Gary Johnson, candidat à l’investiture du Parti républicain pour l’élection présidentielle américaine de 2012

Je suis fatigué d’entendre parler de la pénurie supposée de talents au sein du Parti Républicain. Qu’en est-il de Marco Rubio, Paul Ryan, Herman Caïn, Tim Pawlenty, Ron Paul, Mitch McConnell, Jim DeMint, Chris Christie ou Scott Walker ?

Je voudrais vous présenter  quelqu’un que vous ne connaissez probablement pas encore, un incorruptible, propre comme un sou neuf, qui est sûrement le candidat le plus anti-gouvernement à avoir jamais brigué l’investiture présidentielle du Parti Républicain : Gary Johnson, deux fois gouverneur du Nouveau Mexique.

La philosophie de Gary Johnson est facile à résumer. Il pense que l’État est beaucoup trop grand. Il veut équilibrer le budget fédéral – non pas dans 20 ans, mais immédiatement – et a identifié les réductions de dépenses nécessaires. Il a bien compris qu’une politique étrangère interventionniste, en plus d’être coûteuse, diminue les libertés intérieures : c’est-à-dire qu’il y a une contradiction, selon l’expression de Russell Kirk, entre une république américaine et un empire américain. Voilà pourquoi il s’est opposé aux interventions en Irak et en Libye et, s’il a soutenu le renversement du régime taliban, il s’est opposé à l’élaboration et la prolongation de la mission américaine en Afghanistan.

Gary Johnson est un libertarien sur les questions sociales. Il comprend que la constitution américaine repose implicitement sur la tolérance, la confidentialité et l’égalité devant la loi. Il s’érige en exception parmi les républicains, résistant énergiquement aux différentes érosions des libertés civiles menées sous le couvert de la législation anti-terroriste. Il voit la « guerre contre la drogue » comme un détournement du pouvoir de l’État. En résumé, il croit en la liberté individuelle, dans les droits des États et en la Constitution américaine.

Bon, vous pourrez me rétorquer : oui bon alors, il s’agit d’un libertarien comme des milliers d’étudiants-lecteurs d’Ayn Rand dans le monde entier. Mais personne n’ayant de telles idées n’a jamais été élu à un quelconque poste important.

C’est là que vous auriez tort. C’est précisément avec ce type de programme que Gary Johnson a été élu dans cet État pivot qu’est le Nouveau-Mexique, et qu’il a pu rapidement mettre ses convictions en pratique. Il jugeait qu’il devrait y avoir aussi peu de lois que possible, et, pendant son mandat, a posé son veto à plus de lois que les 49 autres gouverneurs d’État réunis. Il a par 14 fois diminué les impôts et ne les a jamais augmentés. Résultat ? Un excédent budgétaire et un boom économique. Lors de son mandat de gouverneur, 1200 emplois publics ont été supprimés, mais 20 000 emplois du secteur privé ont été créés. Et voici le meilleur : il a été réélu triomphalement, et cela malgré une écrasante majorité démocrate

La fragilité de l’économie américaine est peut-être la menace la  plus importante pour la prospérité mondiale. Dieu sait que la Maison Blanche a besoin de quelqu’un qui puisse équilibrer les comptes. Eh bien, mes amis américains, si vous êtes à la recherche d’un président qui a le charisme en plastique d’un Blair ou d’un Clinton, restez attaché au locataire actuel. Mais si vous cherchez quelqu’un qui a déjà montré qu’il peut réduire les dépenses publiques, ecce homo.

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