Au-delà des mots, quel féminisme aujourd’hui en France?

féminisme

La course vers l’égalité statistique homme/femme ne cache-t-elle pas une autre inégalité?

Voici deux articles sur les femmes, très différents. Ils traitent des femmes, à la fois sous le même angle et sous un angle différent. Ils ont la particularité d’être pour l’un écrit par une femme, et l’autre être l’interview d’une femme.

Le premier article est écrit par Cécile Philippe, directrice générale de l’Institut Molinari, un organisme de recherche et d’éducation, de tendance libérale. Un think thank en quelque sorte, même si c’est un peu plus que ça.

Cécile Philippe soutient que les inégalités hommes-femmes en termes de revenus sont plus faibles qu’il n’y paraît. Elles ne résultent pas tant d’une discrimination, mais de choix de vie différents, de priorités différentes, et, surtout, des différences entre l’homme et la femme. Elle souligne également que les hommes sont largement plus souvent victimes d’accidents du travail que les femmes.

Cet article me rappelle un TD de statistiques, à l’Université de Lille 1, durant lequel un statisticien de l’INSEE Lille nous démontait les statistiques salariales, pour conclure que les différences de salaires entre les hommes et les femmes, à postes, travail et responsabilités équivalentes, étaient faibles.

Le deuxième article est une interview d’Isabelle Alonso, écrivain et chroniqueuse, paru dans le web journal Atlantico. Elle commente les réactions à l’arrestation de Strauss Khan aux USA, pour présomption de viol. Elle met en exergue que n’importe quelle explication, comme un complot international, apparaît plus crédible aux yeux de certains que la parole d’une femme. Elle considère que les plaignantes, Nafissatou Diallo et, aujourd’hui, Tristane Banon, sont mises en position d’accusées. Et que les proches de Strauss Khan cherchent à gommer cette affaire.

Elle déclare : 

Il y a dans notre pays une juxtaposition d’un discours général, vague et imprécis affirmant des banalités du style « il y a encore du chemin », « il faudrait plus d’égalité » , « des injustices encore trop criantes », et une position de méfiance, de déni et de dérision dès qu’on aborde des détails précis ou des faits avérés. L’expression féministe est castrée, pas d’autre mot.

Deux visions différentes de l’image de la femme en France, mais pas forcément contradictoires. Aujourd’hui, on réduit la réalité à des statistiques, et on voudrait des égalités statistiques. Ce qui empêche certains débats. L’homme et la femme ont-ils des rôles différents dans la société? Les inégalités viennent-elles de l’éducation, de l’orientation des garçons et des filles dans le système éducatif, de la culture, de choix? Peut-on, doit-on créer une égalité statistique? La course vers l’égalité statistique cache-t-elle une autre inégalité? Pour aborder un thème d’actualité, est-il cohérent de prôner l’égalité homme/femme et de tolérer le foulard islamique (ou dit islamique, car c’est une pratique qui daterait d’avant l’Islam)?

L’objet de ce court article n’est pas d’apporter des réponses. Je n’en ai pas. Simplement de montrer la complexité de tout débat de société. Y a-t-il seulement des réponses, ou doit-on construire ces réponses? Le débat est nécessaire. Sans débat, pas de réflexion.

D’un point de vue libéral, l’égalité c’est l’égalité des droits, le respect d’autrui, permettre à chacun de s’accomplir. Cette égalité est-elle respectée entre l’homme et la femme? Comment l’atteindre?

Un article d’Analyse Libérale