Qui exploite qui ?

Dans une société du besoin, la cigale ne voit aucun intérêt à travailler et n’a aucune reconnaissance envers la fourmi

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
la-cigale-et-la-fourmi

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Qui exploite qui ?

Publié le 29 juin 2011
- A +

Quand la bise fut venue, la cigale se trouva fort dépourvue. Après avoir dansé et chanté tout l’été, elle a maintenant froid et faim ; elle a besoin d’un toit et de vivres pour traverser l’hiver. Pendant ce temps, la fourmi travailleuse et prévoyante qui a passé la belle saison à s’assurer qu’elle ne manquerait de rien, profite des fruits de son travail. On ne peut, bien sûr, pas exclure que la fourmi soit bonne fille et que, sincèrement touchée par les déconvenues de la cigale, elle décide de lui venir charitablement en secours. Il est aussi possible que la cigale, réalisant les conséquences de son insouciance estivale, décide de proposer ses services à la fourmi en échange d’une place au chaud et de quelques nourritures. La cigale et la fourmi feraient alors un marché, un échange de bons procédés mutuellement bénéfique dans lequel – certes – la fourmi dispose d’un pouvoir de négociation non négligeable mais vous conviendrez avec moi qu’elle l’a bien mérité : après tout, les réserves qui permettront à nos deux protagonistes de survivre durant l’hiver, c’est elle et elle seule qui les a patiemment emmagasinées.

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que ce n’est pas comme ça que fonctionne notre société.

Dans notre société, le fait que la fourmi ait éventuellement pu mériter les richesses qu’elle a accumulées durant l’été n’a aucune espèce d’importance ; à vrai dire on la soupçonne même d’avoir constitué ses réserves aux dépens des autres et notamment de la cigale. En revanche, la cigale a des besoins : peu importe qu’elle n’ait rien produit de l’été, ses besoins lui donnent des droits et en l’espèce, des droits sur les réserves de la fourmi. C’est ce que le gouvernement élu par une majorité de cigales appelle de la « solidarité » : la fourmi doit, sous peine de lourdes sanctions, donner aux cigales de quoi traverser l’hiver.

Si la cigale avait dû travailler dur pour échanger le fruit de son travail contre une partie des vivres de la fourmi, il y a fort à parier que dès l’été suivant, elle aurait, elle aussi, mis en œuvre les moyens nécessaires à assurer son avenir. Si, au moins, la cigale avait bénéficié de la charité de la fourmi, elle lui en aurait été reconnaissante et – ne serait-ce que par fierté – aurait fait en sorte de ne pas faire appel à sa bienfaitrice une seconde fois. Mais dans cette société où la redistribution des richesses de ceux qui les produisent vers ceux qui en ont besoin est devenue une norme morale, la cigale ne voit aucun intérêt à se tuer à la tâche et n’éprouve aucune forme de reconnaissance envers la fourmi ; à vrai dire, elle estime même que la fourmi devrait lui reverser une plus grande partie de son stock.

C’est peut-être le travers le plus abject de la société du besoin. La fourmi, qui ne réclame rien à personne mais produit les richesses qui permettent à tous de vivre est coupable : l’énergie qu’elle consacre à améliorer les conditions de son existence est considérée comme la marque de sa cupidité, de son égoïsme et on va même jusqu’à lui reprocher de s’enrichir aux dépens des autres. A l’opposé, la cigale, qui ne produit rien mais réclame parce qu’elle a des besoins, passe pour une victime et fait l’objet de la considération de tous : son détachement des choses bassement matérielles, sa vie consacrée à son art et l’élévation de son âme en font un personnage remarquable. La fourmi est immorale ; la cigale est parée des plus hautes vertus. Il s’en suit qu’une cigale qui se met au travail pour améliorer ses conditions d’existence commet un acte immoral et qu’une fourmi qui décide de devenir cigale en vivant aux dépens des autres se comporte de manière vertueuse.

Ainsi vont les choses : les fourmis triment, les cigales réclament leur dû, le gouvernement qui aime entendre les cigales chanter ses louanges taxe les fourmis et redistribue le produit du butin aux cigales. Les fourmis, pour sauver leur peau ou par découragement, fuient ou cessent de travailler tandis que la population des cigales et son poids électoral grandissent jour après jour. Et ainsi de suite… L’histoire se termine quand toutes les fourmis ont disparu et quand seules restent des cigales affamées et incapables de subvenir à leurs propres besoins qui reprochent au gouvernement de ne plus avoir les moyens de les nourrir.

Qui a besoin de qui ? Qui vit aux dépens de qui ? Qui exploite qui ?

Article repris d’Ordre Spontané avec l’aimable autorisation de Georges Kaplan.

Voir les commentaires (2)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (2)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

En l’absence de publication de statistiques covid prouvant que la pandémie actuelle est encore plus forte que toutes les précédentes mais encore moins dangereuse, les politiques et leurs acolytes du monde médical continuent néanmoins de faire peur, ainsi des très nombreuses quarantaines covid liées aux cas contact qui sont carrément imposées aux entreprises dont les personnels absents provoquent des disfonctionnements quotidiens. Toutes les entreprises souffrent de ce mal et ne savent plus comment combler leurs équipes et par conséquent tourn... Poursuivre la lecture

L’expatriation est un phénomène de plus en plus courant dans un environnement mondialisé. Cette tendance est particulièrement présente chez les jeunes générations. Dans le cas de la France, ce sont plus de 2,5 millions de Français qui vivent à l’étranger.

Quelles sont les raisons de cette expatriation ? Où vont-ils ? Quels sont leurs profils ?

Si les profils des expatriés français sont variés, on constate que certaines tendances se dessinent.

Des expatriés français réputés pour le travail

Selon le site internations : « 56... Poursuivre la lecture

richesses salaire minimum
1
Sauvegarder cet article

Il a été décidé récemment en France d’augmenter le salaire minimum. Après avoir connu une augmentation de 0,9 % début 2022, le Smic est désormais porté à hauteur de 1603,12 euros brut par mois, contre 1589,47 euros brut en 2021. Ce que l’on appelle un salaire minimum est évidemment le montant minimum de salaire imposé par les gouvernants à toutes les entreprises.

On considère en général cette mesure comme souhaitable car on estime que les entrepreneurs auraient tendance à imposer des salaires trop faibles, ce qui génèrerait évidemment ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles