Le gaz polonais grand gagnant

Angela Merkel à Davos (Crédits : World Economic Forum, licence Creative Commons)

Les énergies prétendument renouvelables ne pourront en aucun cas se substituer à la production nucléaire d’ici 2020.

J’avais souligné de façon ironique l’excès coupable de précipitation de la réaction de la chancelière Angela Merkel lorsqu’elle avait annoncé la fermeture des centrales nucléaires allemandes les plus anciennes suite à l’accident de Fukushima.

Le débat politique allemand étant ce qu’il est, la chancelière, cédant aux pressions écologistes, a annoncé la sortie totale du nucléaire allemand pour 2022. Les arguments précédents restent donc parfaitement valides. Quelles conséquences en termes d’investissements ?

Quelles substitutions ?

Ce n’est pas la première fois qu’une telle annonce est faite outre Rhin, et qu’un gouvernement suivant annule cette décision par confrontation avec la réalité énergétique. Mais même s’il n’est pas certain que cette décision ne soit pas inversée entre 2015 et 2020, il parait difficile d’imaginer, d’ici là, que l’Allemagne se lance dans des investissements dans cette filière. Cela explique sans doute, d’ailleurs, l’annonce de Siemens d’arrêter totalement sa filiale nucléaire en quelques années.

Toute personne avec une once de bon sens et de culture technologique sait que les énergies prétendument renouvelables ne pourront en aucun cas se substituer à la production nucléaire d’ici 2020, sauf incroyable rupture technologique par nature imprévisible, telle que la découverte des antibiotiques dans une éprouvette accidentellement salie entre les deux guerres mondiales. Bref, on ne peut guère compter dessus, surtout si, comme cela est probable, les programmes publics de subventions de ces aberrations économiques s’arrêtent, faute d’argent.

L’importation d’électricité nucléaire française ? En cas de forte pointe de consommation en France, en hiver notamment, notre parc sera à saturation. Il est même à craindre que l’obsession gouvernementale des énergies renouvelables conjuguées aux peurs irraisonnées de l’après Fukushima ne nous empêchent de réaliser les investissements les mieux adaptés pour répondre à l’augmentation prévisible de notre demande intérieure.

Compte tenu de la très forte volatilité marginale du prix de l’électricité lors des épisodes de demande élevée, il est probable que l’Allemagne cherche à garantir un approvisionnement suffisant en électricité. Le recours aux importations sera donc, lui aussi, une solution d’ajustement temporaire.

Restent donc les hydrocarbures(*).

Le charbon ? Sa combustion émet du CO2, gaz vital promu au rang d’ennemi public numéro un sous des prétextes politiques habillés d’oripeaux pseudo-scientifiques.

Les gaz naturels russes ? Ils sont soumis à un aléa géopolitique important. Le pétrole ? Idem.

Un boulevard pour les gaz de schistes

Par contre, le sous-sol des ex-pays de l’est, et surtout de la Pologne, regorgent de gaz dits « non conventionnels » ou « gaz de schistes ». Et depuis que la Pologne a intégré l’Union Européenne, l’aléa géopolitique vis-à-vis de ce combustible est devenu faible, sauf, bien sûr, s’il prenait l’envie à quelque eurocrate d’étendre à l’union européenne le moratoire sur l’exploration des gaz de schistes décidé par la France sous la pression politique des verts et de ceux qui en ont peur. Mais le gouvernement polonais, lui, est à 1000 lieues de la frilosité française et supporte sans faiblesse l’extraction de ces gaz. Tout comme la Hongrie, la Bulgarie et la Roumanie. Au royaume des occasions perdues, les français seront souverains !

La combustion des gaz naturels pour fabriquer de l’électricité a en outre pour intérêt de dégager près de trois fois moins de CO2 que le charbon, et de par leur souplesse de variation de charge, les centrales au gaz ont l’immense avantage d’être le complément idéal pour combler les intermittences de production des énergies pseudo-renouvelables.

Bref, la décision d’Angela Merkel contre le nucléaire ouvre un boulevard aux exploitants des gaz de schistes des ex pays de l’est, et notamment polonais.

Pour les lecteurs qui s’intéressent aux perspectives d’investissement que cela ouvre, le site Natural Gaz for Europe délivre toutes les news qui comptent sur le secteur. A vous de faire votre choix parmi les compagnies qui en exploiteront les bassins.

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(*) Je suis surpris que les commentaires, notemment sur BFM, se focalisent sur les alternatives « charbon, éolien et gaz russe », oubliant totalement le potentiel des gaz de schistes, surtout d’ici 2022.

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