Blanc, raciste ?

Faut-il moins d’Africains et de Nord-africains dans le centres de formations de jeunes du football

Faut-il moins d’Africains et de Nord-africains dans le centres de formations de jeunes du football français ? Selon des verbatim de réunions de la FFF, dénoncés d’abord par Médiapart puis publiés par Libération, et s’ils se révèlent exacts et non pas une entourloupe contre un sélectionneur à trop forte personnalité, le sujet aurait été discuté dans les plus hautes instances de notre football.

La question identidaire est chaude dans le pays ces derniers temps, et probablement appelée à le rester jusqu’à un certain week-end de mai 2012, pour des raisons facilement compréhensibles. Et le football étant au cœur même de la millénaire culture française, ça n’a pas manqué : un débat solennel et haut en décibels a explosé dans tous les sens. La grande émission d’info du dimanche qui rassemble tous les Français, au moins les mâles, j’ai nommé Téléfoot, y a consacré une longue page très sérieuse. Le gourou de l’intégration Lilian Thuram, dont les meilleures paroles, pour le reste des temps, resteront ses deux buts contre la Croatie (où il a d’ailleurs un peu sauvé le même Blanc, qui avait mis l’équipe en danger en se prenant un carton rouge – mais c’est une autre histoire) a laissé tomber son jugement le plus intégratoire : Blanc va devoir valdinguer.

Les propos rapportés semblent avoir porté sur un problème particulier : l’investissement du football français et de ses centres de formation dans des jeunes à double nationalité,  se perd en partie quand certains de ces jeunes optent pour l’équipe nationale non française de leur choix. À part cela, il y aurait eu discussion sur le fait que, depuis le triomphe de 1998 et d’un certain catenaccio hyper physique, la France soit restée coincée dans une obsession de défenseurs et milieux défensifs très costauds et musclés, comme à l’époque Desailly et Thuram, puis Viera, et maintenant, par exemple, les Diarra ou Mavuba. Or ce sont souvent des joueurs noirs (quiconque avec un minimum de connaissances géographiques et historiques voit du premier coup dans cette petite liste qu’ils sont d’origines très diverses et éloignées les uns des autres et que les ranger dans une catégorie sur la base de leur pigmentation est légèrement débile, mais passons).

On aurait contrasté ça avec l’Espagne qui joue un football de rêve depuis cinq ans, avec un style magnifique, et des joueurs au toucher de balle à tomber par terre, petits, pas musclés (on ne va pas se lancer dans les questionnements au sujet des pratiques sportives du pays de Contador et Nadal, c’est un autre sujet) et blancs. Soit. Oublions que Puyol et Piqué sont de sacré gaillards, tout dépigmentés qu’ils sont, et que le principal artisan de la victoire à l’Euro 2008, Senna, est un Brésilien noir.

Que faire ?

Des hommes, autour d’une table, se sont dit : et si on faisait quelque chose, pour limiter les Noirs et, parlons peu, parlons bien, les Arabes ?

Mais de quoi s’agit-il, en fait ? De quotas : limiter les Noirs et les Arabes, ici, a pour but une discrimination positive, au bout du compte. Mais en faveur des Blancs. Ah, mais alors, ce n’est pas de la discrimination positive. C’est de la discrimination tout court. Puisque ce sont des Blancs. Ce genre de problème débile est inévitable du moment qu’on se lance dans le système des quotas et des âneries de discrimination positive, qui est de toute évidence raciste, puisqu’elle dicte que Marcel ou Lilian ont besoin de places réservées parce qu’ils sont Noirs. Ou, Zinédine ou Karim parce qu’ils sont Arabes. Ou par exemple Didier et Laurent, parce qu’ils sont Blancs.

Lorsqu’on s’engage dans cette direction, on rend le racisme officiel et bénéfique. Tant qu’il concerne les bonnes catégories.

Mais tôt ou tard on va entrer dans des discussions sans queue ni tête sur la définition de bonnes et mauvaises catégories. La puissance publique a réussi à s’arroger un droit au racisme, sans qu’on puise bien savoir comment et vers quelles catégories elle l’utilisera dans un futur proche ou lointain.

Reste l’autre problème, celui de l’investissement perdu dans les doubles nationalités qui ne choisissent pas les bleus.

On en perd certains, comme Kanoute, ou d’autres, mais jusqu’ici, aucun qui ait gagné de grands titres. Et on a gagné un Desailly, qui je suppose aurait pu opter pour le Ghana de par sa naissance, ou un Zidane, à qui l’Algérie aurait ouvert la porte, non ? Et ces deux-là, par exemple, ils ne nous en auraient pas gagné un ou deux, de titres ? Bref, non ne peut pas gagner à tous les coups, et jusqu’ici le risque pris sur les binationaux a été plutôt bien récompensé.

Beaucoup plus important que le frivole point précédent, cet investissement doit-il être fait par des clubs, c’est-à-dire des groupes privés, ou avec l’argent des impôts ? En tant que fan de foot, je demande : pourquoi diable ceux qui n’aiment pas ce sport, devraient se voir priver des fruits de leur travail pour former des gamins à taper dans un ballon, qu’ils soient noirs, arabes, ou blancs ?

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