« On vous l’avait bien dit ! »

L’Église écologique se nourrit du sang et des larmes de l’Humanité

Le Japon est en train de compter ses morts par milliers, peut-être par dizaines de milliers. À ce stade, ils ne pleurent pas leurs disparus à cause d’un accident nucléaire mais bien à cause de Dame Nature. Avec le poids de son histoire ponctuée de drames similaires, c’est avec beaucoup de dignité que le Japon nous fait une leçon de résilience. Pour le monde, l’urgence doit être à la solidarité et à l’aide humanitaire. Mais manifestement, tout le monde ne partage pas ce sens des priorités au service de la préservation de la vie. Les Verts, eux, ont vu dans cette tragédie une opportunité formidable pour sortir le katana (arme non polluante) et charger l’Humanité sans attendre la fin de la période d’urgence, de deuil et de bilan. Les cantonales qui ont lieu dimanche prochain n’y sont peut-être pas pour rien. Dimanche dernier, en accompagnant un candidat du Parti Libéral Démocrate sur les marchés, j’ai observé la candidate verte. Elle trépignait presque de joie en se servant du drame japonais pour dérouler sa profession de foi auprès de ses fidèles : « Je vous l’avais bien dit. »

(Illustration René Le Honzec)

Le pouvoir de nuisance de cette secte ne s’arrête pas là. Staffan Nilsson, président du « Comité économique et social européen », organe consultatif de l’Union européenne, s’est exprimé dans un communiqué évoquant la nécessaire solidarité avec les victimes du tremblement de terre et du tsunami au Japon – jusque là, rien d’anormal. Il en a profité pour glisser cette perle : « Quelques îles affectées par le changement climatique ont été touchées. Le temps n’est il pas venu de montrer de la solidarité – pas moins de solidarité dans le combat et l’adaptation au changement climatique et au réchauffement global ? Mère Nature nous a, de nouveau, fait signe que c’est cela que nous devons faire. » Aucun scientifique ne voit le rapport entre le réchauffement climatique et ce tremblement de terre et ce tsunami. Il s’agit d’une pique idéologique terrible, qui vise à rappeler la légitimité du dieu nature à punir l’Humanité si celle-ci ne change pas de mode de vie.

Cette église se nourrit du sang et des larmes de l’humanité. Ses adeptes suivent de très près l’échelle de Richter des tragédies humaines pour promouvoir sa vision autoritaire, dogmatique. Anecdote éclairante, Yves Cochet s’est fait promoteur de la « grève des ventres », afin d’inciter les femmes à ne pas avoir plus de deux enfants. Cette mécanique punitive s’inscrit parfaitement dans la logique des Verts. En effet, il n’y a rien de plus polluant que les êtres humains. Depuis, je n’ai jamais entendu un responsable écolo dénoncer sa proposition, mais j’admets ne pas regarder la télévision jour et nuit. En tout cas, la secte verte n’aime pas les êtres humains, elle leur préfère la nature. Lorsque celle-ci se fâche, tremble et noie des centaines de milliers d’êtres humains, peut-être devraient-ils avoir le courage d’admettre que dans leur perspective de décroissance anticapitaliste, « ça fait le ménage ».