Mohamed Bouazizi et nouveau monde arabe

Vu de loin, l’économie ne semble pas au cœur des révolutions arabes

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Mohamed Bouazizi et nouveau monde arabe

Publié le 6 mars 2011
- A +

Vu de loin, l’économie ne semble pas au cœur des révolutions arabes ; vu de près, c’est bien d’économie qu’il s’agit. Rappelons le point de départ : le 17 décembre dernier, un marchand de fruits ambulant, Mohamed Bouazizi, dans la ville de Sidi Bouzid, fut arrêté par la police tunisienne. On lui confisqua sa roulotte ; il s’immola par le feu et les Tunisiens qui se reconnaissent en Bouazizi se soulèvent. Mohamed Bouazizi était l’un de ces nombreux micro-entrepreneurs de l’économie informelle dans un monde arabe où l’esprit d’entreprise est aussi réprimé que la liberté d’expression. En Égypte, il faut cinq cents jours de démarches administratives pour obtenir le droit d’ouvrir une modeste boulangerie : chaque coup de tampon se monnaye avec les bureaucrates. Dans ce même monde arabe, sous couvert de la privatisation, les proches des présidents déchus ou à déchoir et leur garde prétorienne se sont constitués des empires industriels. Ces prébendes sont protégés de la concurrence interne et externe  par un arsenal réglementaire et tarifaire. En Égypte, un tiers de l’économie est étatisé, un relief du socialisme arabe des années 60, un tiers aux mains des militaires et du capitalisme des copains, et le solde privé est généralement informel : pour échapper aux gendarmes et au fisc, les micro-entrepreneurs bricolent et survivent.

Dans le même temps et même lieu, des vastes universités du Caire, de Tunis ou d’Alger, sortent chaque année des dizaines de milliers de diplômés. Dans ces économies fermées, ils n’ont guère de perspectives, hormis la servilité envers les puissants, le sous-emploi ou l’exil. Tous ensemble, ces jeunes diplômés du monde arabe constituent ce que l’on appelle une lumpen intelligentsia, des intellectuels prolétarisés. L’islamisation de la société n’est pas du tout leur priorité et Israël est le cadet de leurs soucis. Comme le marchand ambulant de Tunisie, ils aspirent à la dignité et à la prospérité. Pour que l’on ne se méprenne pas sur leurs aspirations, ils nous le disent par Internet et souvent en anglais.

On voulait croire en Europe et en Amérique du Nord que les Arabes rêvaient de califat : c’est plutôt à la mondialisation qu’ils aspirent, lassés d’être abandonnés depuis cinquante ans sur les bas côtés de l’Histoire. Comment passe-t-on de la révolution à la démocratie libérale ? Les militaires seraient peut-être disposés à lâcher du pouvoir politique, mais ils s’attacheront à leurs privilèges économiques. La démocratie libérale n’est pas cependant hors d’atteinte, car elle a déjà existé : jusque dans les années 50, le monde arabe était entreprenant avant que Nasser en Égypte, puis ses émules n’exterminent les entrepreneurs et se convertissent au modèle soviétique, à la mode en ce temps-là. Le monde arabe ayant connu l’économie de marché pourrait y retourner, à la manière de l’Europe centrale après les révolutions de 1989. Et la Turquie est un exemple, pas arabe mais musulman, d’une croissance possible de l’ordre de 7 %. Un taux de croissance indispensable pour intégrer dans une vie décente la jeunesse nombreuse, éduquée ou non. Les républiques arabes n’auront pas de futur sans un marché libre. C’est seulement quand un Égyptien sera libre de créer une boulangerie que l’on pourra parier sur la république d’Égypte. Ce qui est vrai pour l’Égypte, le phare de cette civilisation, vaut pour toute la région.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
logo anarchie
0
Sauvegarder cet article

On associe régulièrement le libertarianisme, l’aile la plus radicale de la philosophie libérale, aux idéologies de droite ou encore au mouvement conservateur américain. Historiquement et politiquement, l’association n’est pas dépourvue de fondements. Comme l’a très bien rappelé Sébastien Caré dans son essai de 2010 intitulé Les libertariens aux États-Unis : Sociologie d'un mouvement asocial, si le mouvement libertarien aux États-Unis s’est construit en s’autonomisant du conservatisme moderne à partir de la fin des années 1960, il s’enracine d... Poursuivre la lecture

Un article de Human Progress

 

Notre vingt-et-unième Centre de progrès est Bologne, où est situé la première université (telle qu'elle est communément reconnue) qui se trouve être aussi la plus ancienne en activité dans le monde aujourd'hui. L'université de Bologne, dont on dit traditionnellement qu'elle a été fondée en 1088, a été la première institution à décerner des diplômes et à promouvoir l'enseignement supérieur à la manière d'un collège ou d'une université moderne.

Aujourd'hui, Bologne est la septième ville l... Poursuivre la lecture

Par Connor Vasile.

 

Si vous cherchez « le capitalisme combat le racisme » dans Google, les premiers résultats de recherche seront des articles comme : « Le capitalisme est-il raciste ? » ;  « Le capitalisme sans racisme : Science ou fiction » ; « L'essor du capitalisme et l'émergence du racisme ».

À la lecture de ces titres, on pourrait croire que le modèle économique le plus triomphant que le monde ait jamais connu est enraciné dans un environnement raciste et hégémonique destiné à profiter aux seigneurs de la soci... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles