Al Qaïda l’a dans le baba

Après 23 ans de lutte acharnée, les résultats de la nébuleuse Al Qaïda sont maigres

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Al Qaïda l’a dans le baba

Publié le 26 février 2011
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Après 23 ans de lutte acharnée contre les dictatures corrompues du monde arabe, et contre ce qu’elle jugeait  premier responsable de leur maintien en place, les Etats-Unis, les résultats de la nébuleuse Al Qaïda sont maigres. Certes, elle inspire la terreur dans le monde entier, toutes religions confondues. Elle donne une image terrible de l’islam dont elle se revendique. Pour autant, un grand nombre d’intellectuels musulmans et d’hommes de foi ont exprimé leur condamnation la plus totale de ces barbares et de leurs pratiques. Les Frères Musulmans leur vouent une haine tenace en Egypte. Les chiites qu’Al Qaïda traite de chiens et de porcs ne leur sont pas particulièrement favorables, ce qui n’empêche pas ponctuellement une coopération opportuniste avec des mouvements comme le hezbolah. Dans l’ensemble, la politique  terroriste n’a pas porté ses fruits. Les régimes ont tenu bon, ils se sont mêmes appuyés sur la peur d’Al Qaïda pour durer en bénéficiant du soutien de l’occident.

Et voilà que sous leur nez, une jeunesse intrépide et laïque fait tomber ces régimes haïssables en quelques semaines. L’immolation du petit vendeur ambulant Bouazizi et de ceux qu’il a inspiré, aussi tragique que respectueuse d’autrui, l’a remporté sur  la monstrueuse politique des kamikazes. Aujourd’hui, les porte parole de Ben Laden sont KO. La réaction officielle, 3 jours après la chute de Moubarak, était totalement déconnectée des attentes de la jeunesse arabe et même de la plupart des  musulmans égyptiens conservateurs : « Attention aux pièges des idéologies non islamiques, telles que le sécularisme pervers et mauvais, la démocratie porteuse d’indifélité,  et les idoles putrides du nationalisme et du patriotisme ». Le numéro 2 d’AQ, Zawahiri, a insisté sans rire sur les périls de la démocratie, ou ce « désir de la majorité qui ne repose sur aucune valeur ni idéologie. » Il n’a pas tort, on va leur envoyer la CGT et une pelletée d’ENArques pour lui montrer les risques bien réels, le tout acompagné d’un code du travail, le coran de nos socialistes. Ils savent qu’avant d’en arriver là, ils ont de la marge. En attendant, le discours insignifiant d’AQ  a bien révélé dans quel désarroi la nébuleuse se trouvait.

En passe d’être marginalisés dans le monde arabe, il semble bien que ses dirigeants l’aient mauvaise. Car demain, les populations de ces pays libérés ne manqueront pas d’afficher une hostilité toute aussi forte à leur égard, cette fois sans la pression des dictateurs disparus. Ces mêmes Arabes commencent à demander des droits pour les femmes en Arabie Saoudite, la liberté d’expression et des droits qui prometent de faire enrager les fous d’AQ. Ces derniers ne pourront alors plus justifier leurs actes meurtriers sous le seul prétexte d’une occupation occidentale par le biais de « pantins de l’occident ». Tout ne me semble pas rose pour autant. Ce vent de liberté n’est pas exempt de dangers. Comment les dirigeants à venir se comporteront-ils à l’égard d’Israël, et comment Israël se comportera-t-il à leur égard ? Jusqu’à quel point l’armée cèdera-t-elle le pouvoir aux civils ? Quels seront les rapports entre l’Europe, les Etats-Unis et ces pays neufs ?

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Trou de mémoire de l’UE sur Khadafi

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